France - Justice

Attentats du 13 novembre: remise en liberté sous conditions d'un convoyeur d'Abdeslam

  • PubliĂ© le 19 juin 2018 Ă  14:32
  • ActualisĂ© le 19 juin 2018 Ă  14:42
Le 14 janvier 2016, une voiture de police quitte le tribunal Ă  Bruxelles aprĂšs l'audition de trois suspects, dont Ali Oulkadi, dans l'enquĂȘte sur les attentats du 13 novembre

Ali Oulkadi, un des convoyeurs de Salah Abdeslam au lendemain des attentats parisiens du 13 novembre 2015, a été remis en liberté lundi et placé sous contrÎle judiciaire en Belgique, ont indiqué mardi à l'AFP le parquet fédéral belge et le parquet de Paris.


Ce Français de 33 ans, qui était incarcéré en France, avait briÚvement pris en charge Salah Abdeslam au retour de ce dernier à Bruxelles le 14 novembre, au lendemain des attentats qui avaient fait 130 morts. Mais ses avocats plaidaient son innocence et, lors d'une confrontation en mars avec Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos du 13 novembre, ce dernier était sorti de son silence pour le mettre hors de cause.

Les Ă©lĂ©ments du dossier ont conduit les juges Ă  considĂ©rer que le maintien en dĂ©tention n'Ă©tait plus indispensable et Oulkadi a donc Ă©tĂ© autorisĂ© par la justice française Ă  regagner la capitale belge, oĂč il rĂ©sidait avant son arrestation le 22 novembre 2015. Il est par ailleurs inculpĂ© dans le volet belge de l'enquĂȘte.

Dans le cadre de son contrÎle judiciaire, il a "interdiction de quitter la Belgique, interdiction de s'absenter de son domicile entre certaines heures, interdiction de fréquenter certains lieux et obligation de pointer à la police de son lieu de domicile", a précisé le parquet de Paris.
Il doit aussi "justifier d'une activitĂ©" et ne peut "entrer en contact avec un certain nombre d'individus", ni "dĂ©tenir une arme", a-t-on ajoutĂ© de mĂȘme source.

AprÚs la confrontation début mars au cours de laquelle Oulkadi avait été "innocenté" par Abdeslam, d'aprÚs ses défenseurs, son avocate française Me Marie Dosé avait annoncé le dépÎt "dans les meilleurs délais" d'une demande de remise en liberté. Celle-ci a donc été entérinée par la justice française aprÚs que le parquet fédéral belge eut "établi les conditions" du contrÎle judiciaire à Bruxelles, ont expliqué mardi le parquet fédéral et l'avocat belge d'Oulkadi, Me Didier De Quévy. "Il n'a pas le profil de ce qu'on lui reproche", a déclaré à l'AFP l'avocat.

Au lendemain des attentats, déposé à Bruxelles par deux amis, Mohamed Amri et Hamza Attou, venus de Belgique le récupérer en région parisienne, Salah Abdeslam avait retrouvé Ali Oulkadi, un proche de son frÚre Brahim, dans un café de la capitale belge.
Les enquĂȘteurs cherchaient Ă  savoir si Ali Oulkadi pouvait ignorer la prĂ©paration des attaques, son ADN mĂȘlĂ© Ă  celui de Salah Abdeslam ayant Ă©tĂ© retrouvĂ© sur une fourchette dans l'un des caches de la cellule franco-belge, Ă  Schaerbeek, utilisĂ©e pour la confection des ceintures explosives des commandos.

Mais lors de la confrontation, Salah Abdeslam avait affirmé qu'Ali Oulkadi n'était jamais entré dans cet appartement, d'aprÚs une source proche du dossier. Le 14 novembre 2015, "il ne pouvait pas savoir que j'étais l'ennemi numéro un", a-t-il ajouté, selon cette source.
Dans l'enquĂȘte en cours, il s'agit de la deuxiĂšme remise en libertĂ© prononcĂ©e par la justice aprĂšs celle de Hamza Attou, le 14 mai. Au total, douze hommes sont poursuivis dans le dossier instruit Ă  Paris et au moins trois autres font l'objet d'un mandat d'arrĂȘt.

AFP

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