Protection des espĂšces

Au Honduras, un zoo de narco-trafiquants transformé en refuge de tapirs

  • PubliĂ© le 31 aoĂ»t 2019 Ă  08:51
  • ActualisĂ© le 31 aoĂ»t 2019 Ă  11:33
Un jeune tapir est alimenté par un gardien du zoo Joya Grande à Santa Cruz de Yojoa, au Honduras

"Almendra", un bébé tapir reçoit le biberon dans un parc zoologique de la Joya Grande. Ce vaste domaine du nord du Honduras, confisqué il y a cinq ans à des narco-trafiquants, est désormais intégré à un programme de protection de cette espÚce menacée.

Situé les montagnes, à 150 km de Tegucigalpa, le parc abrite 500 animaux de 48 espÚces différentes sur quelque 220 hectares. Franck et Francis, les parents d'Almendra (Amande en français), ainsi que sept autres tapirs se partagent 12 hectares.
Les mammifÚres -- Tapirus bairdii -- sortes de porc à la démarche lente et à l'épaisse peau sombre, dont quatre espÚces sont originaires d'Amérique latine, y bénéficient d'un programme de reproduction.

Le parc a été confisqué en 2013 aux cartel "Los Cachiros", dont les membres se faisaient passer pour des hommes d'affaires et se sont finalement livrés à la justice des Etats-Unis aprÚs avoir été démasqués par l'agence fédérale antidrogue américaine (DEA).
Le domaine, qui se voulait une copie de l'hacienda de Pablo Escobar (1949-1993), est situé dans une zone difficile d'accÚs prÚs de la ville de Santa Cruz de Yojoa. Comme le trafiquant colombien, le cartel y recevait ses invités.

AprÚs la saisie, le gouvernement l'a cédé en concession en avril 2014 à la société Arca de Noé, chargée de promouvoir le lieu comme destination touristique. Son administratrice, Maria Diaz, une vétérinaire, a décidé d'en faire un lieu de reproduction du tapir d'Amérique centrale.

Le programme peut déjà se réjouir de la naissance de six petits tapirs, tous inscrits dans un registre mondial. Almendra est le dernier né, ayant vu le jour en décembre.
"L'idĂ©e est de faire se reproduire les animaux pour aider Ă  la conservation de l'espĂšce", explique Maria Diaz, qui espĂšre faire un lĂącher "sous contrĂŽle", dans une grande zone oĂč il serait possible de prĂ©venir la prĂ©dation humaine.

Le tapir, plus grand mammifÚre d'Amérique centrale pouvant peser jusqu'à 600 kilos, est classé par le Honduras comme espÚces en danger d'extinction depuis 2008.

Il a déjà été déclaré éteint au Salvador, selon la liste rouge des espÚces menacées de l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).
Outre la destruction de leur habitat, les tapirs pùtissent d'un taux de reproduction trÚs bas : les femelles ne sont pas mùtures sexuellement avant l'ùge de deux ans et la période de gestation s'étend sur 14 mois. TrÚs sociable, le tapir a été aussi beaucoup chassé pour sa viande.

AFP

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