Etoile filante de l'athlétisme mondial

Au Kenya, hommage à Kelvin Kiptum, à la veille des funérailles nationales

  • Publié le 22 février 2024 à 16:34
  • Actualisé le 22 février 2024 à 16:57

Des centaines de personnes ont rendu jeudi hommage à Kelvin Kiptum, recordman du monde kényan du marathon mort dans un accident de voiture il y a onze jours, à l'occasion d'une procession dans les rues d'Eldoret.

Accompagné de chants, ou en silence, le cercueil, entouré de fleurs, du grand espoir de l'athlétisme kényan a circulé à bord d'un corbillard lors d'une procession dans les rues d'Eldoret, haut lieu de la course à pied.

Le père et la mère de l'athlète, Samson Cheruiyot et Mary Kangongo, sont arrivés en pleurs près du cercueil, avant le début de la procession.

Le cercueil de Kiptum a pris la direction d'Iten, célèbre centre d'entraînement pour les coureurs de fond et demi-fond. Une messe a ensuite été célébrée à Chepkorio, à une quarantaine de kilomètres d'Eldoret.

- Etoile filante -

Etoile filante de l'athlétisme mondial, mort à 24 ans, Kelvin Kiptum, marié et père de deux enfants, sera enterré vendredi lors de "funérailles nationales", en présence notamment du président William Ruto, qui auront lieu à Naiberi.

"Il s'agit d'un grand vide dans l'athlétisme kényan et il faudra du temps pour le combler", déclare à l'AFP le responsable du programme jeunesse à la fédération kényane d'athlétisme, Barnaba Korir.

Paul Ouma, cireur de chausseurs qui ne travaille pas pour assister à la procession sur deux kilomètres, confie à l'AFP que cette disparition est "très douloureuse". "Nous attendions beaucoup de lui", assure-t-il.

Favori des Jeux olympiques de Paris, Kelvin Kiptum s'est tué dans la nuit du dimanche 11 février au lundi 12 après une sortie de route dans la localité de Kaptagat, dans la vallée du Rift, non loin de son lieu de résidence et d'entraînement. Son entraîneur Gervais Hakizimana, également à bord, a aussi été tué sur le coup.

- Deux heures et 35 secondes -

Selon un médecin légiste, Kelvin Kiptum, dont les analyses toxicologiques sont toujours en cours, est mort à la suite de graves blessures à la tête.

Considéré comme l'étoile montante de l'athlétisme kényan et mondial, Kelvin Kiptum avait fait une entrée tonitruante dans le monde du marathon en battant lors de sa troisième course officielle, à Chicago en octobre dernier, le record du monde (2 h 00 min 35 sec) détenu par la légende de la discipline, son compatriote Eliud Kipchoge.

Il avait annoncé qu'il allait tenter de devenir le premier homme à courir un marathon officiel sous la barre symbolique des deux heures à Rotterdam le 14 avril.

Kiptum avait commencé à courir régulièrement en 2016. En 2019, il avait réussi deux semi-marathons très rapides en deux semaines (60:48 à Copenhague puis 59:53 à Belfort, France), lorsque Gervais Hakizimana lui avait proposé de le coacher pour le marathon, leur collaboration décollant pendant la pandémie de Covid-19 en 2020.

Forçat de l'entraînement, Kiptum courait régulièrement plus de 250 kilomètres par semaine, et parfois plus de 300, des chiffres rares même au très haut niveau, assurait son entraîneur, le Rwandais Gervais Hakizimana, résident français, coureur de niveau national qui avait rencontré Kiptum pendant ses séjours d'entraînement au Kenya. Hakizimana a été enterré mercredi au Rwanda.

AFP

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