Elles ont été tuées à Managua

Au moins 8 morts dans des violences au Nicaragua

  • PubliĂ© le 17 juin 2018 Ă  01:14
  • ActualisĂ© le 17 juin 2018 Ă  06:31
A l'intérieur de la maison incendiée d'une famille dont six membres ont péri à Managua, le 16 juin 2018

Au moins huit personnes ont été tuées samedi à Managua, selon la police, portant à plus de 178 le nombre de morts depuis le début des protestations antigouvernementales il y a deux mois au Nicaragua.


Six des nouvelles victimes sont des membres de la mĂȘme famille dont le domicile a Ă©tĂ© incendiĂ© par un groupe d'hommes cagoulĂ©s qui ont lancĂ© un cocktail molotov, et deux autres ont Ă©tĂ© attaquĂ©es alors qu'elles dĂ©gageaient une barricade dressĂ©e sur une route, a indiquĂ© la police dans un communiquĂ©. L'opposition exige depuis deux mois le dĂ©part du prĂ©sident Ortega, 72 ans, "hĂ©ros" de la rĂ©volution sandiniste qui a dirigĂ© le pays de 1979 Ă  1990 aprĂšs avoir Ă©vincĂ© le dictateur Anastasio Somoza et qui est revenu au pouvoir depuis 2007.

Vendredi, le gouvernement et l'opposition ont trouvĂ© un accord autorisant des observateurs des droits de l'homme Ă  venir enquĂȘter sur les violences.
Les reprĂ©sentants de l'opposition ont de leur cĂŽtĂ© acceptĂ© une demande clef du pouvoir du prĂ©sident Daniel Ortega : un plan visant Ă  lever les blocages qui entravent les routes pour empĂȘcher les forces anti-Ă©meutes de passer, selon la confĂ©rence Ă©piscopale, mĂ©diateur dans le conflit.

Son président, le cardinal Leopoldo Brenes, a indiqué que l'Eglise catholique avait demandé à Daniel Ortega d'avancer les prochaines élections générales à 2019, deux ans avant l'échéance prévue. Le président n'a pas accédé à la demande, se contentant de répondre: "Nous réitérons notre volonté totale d'écouter toutes les propositions entrant dans un cadre institutionnel et constitutionnel".

Le Nicaragua a basculĂ© dans le chaos aprĂšs la rĂ©pression le 18 avril des manifestations contre l'insĂ©curitĂ© sociale. Des opposants ont dressĂ© des barricades sur plus des deux tiers des routes du pays afin d'empĂȘcher les forces anti-Ă©meutes de passer. Ces barrages routiers perturbent la livraison de marchandises et minent la commerce rĂ©gional.

Si la crise se prolonge, l'ardoise pour le pays pourrait dépasser les 900 millions de dollars, selon la Fondation nicaraguayenne pour le développement social et économique (Funides), qui calcule que le Nicaragua pourrait perdre jusqu'à 150.000 emplois d'ici la fin de l'année.

AFP

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