Politique

Au tour de Jean Castex de descendre dans l'arĂšne

  • PubliĂ© le 15 juillet 2020 Ă  10:04
  • ActualisĂ© le 15 juillet 2020 Ă  11:48
Le Premier ministre Jean Castex, le 14 juillet 2020 Ă  Paris

Au lendemain de l'intervention d'Emmanuel Macron, le Premier ministre décline mercredi aprÚs-midi devant l'Assemblée nationale la feuille de route du gouvernement pour les prochains mois qui s'annoncent particuliÚrement compliqués sur fond de crise sanitaire et économique.

Masque obligatoire dans les lieux clos à partir du 1er août, plan de relance industriel et écologique, priorité aux jeunes: en renouant mardi avec l'interview télévisée du 14-Juillet, Emmanuel Macron a évoqué plusieurs mesures, mais souvent sans rentrer dans le détail.

Place Ă  Jean Castex pour prĂ©ciser les intentions de l'exĂ©cutif lors de sa dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale qui dĂ©marre Ă  15h00 Ă  l'AssemblĂ©e nationale, suivie d'un dĂ©bat durant deux heures trente, puis d'un vote. "C'est un rendez-vous avec soi-mĂȘme, il faut sentir le pays, Ă  la fois s'inscrire dans les orientations du chef de l'État et puis avoir conscience qu'il faut faire des choses prĂ©cises et concrĂštes parce qu'on a 600 jours" d'ici la fin du quinquennat, dit-il au Figaro.

Le texte sera lu au mĂȘme moment par un ministre devant le SĂ©nat. Jean Castex viendra lui-mĂȘme jeudi Ă  10h00 devant la chambre haute. Au Palais du Luxembourg aussi, la dĂ©claration, exercice qui marque traditionnellement l'entrĂ©e en fonction d'un nouveau gouvernement, sera suivie d'un dĂ©bat, mais sans vote. Le Premier ministre pourrait y prĂ©ciser ses annonces concernant les territoires, auxquels il prĂȘte une grande attention.

DĂ©putĂ©s et sĂ©nateurs attendent avec impatience cet exercice qui, espĂšrent-ils, rĂ©vĂšlera le Premier ministre, issu de la droite, sa mĂ©thode avec le Parlement et ses axes privilĂ©giĂ©s. MĂȘme du cĂŽtĂ© de la majoritĂ©, les dĂ©putĂ©s demandent Ă  ĂȘtre convaincus. Beaucoup pensaient pour les deux derniĂšres annĂ©es du quinquennat Ă  une "rĂ©ponse de centre gauche" aprĂšs le dĂ©part d'Edouard Philippe de Matignon.

En outre, la fĂ©brilitĂ© a gagnĂ© les rangs LREM et MoDem, oĂč devraient ĂȘtre nommĂ©s quelques secrĂ©taires d'Etat, sans doute d'ici la fin de la semaine.
Au sein de l'exécutif, ils les "tiennent tous pour le vote de confiance", observe le député Matthieu Orphelin, ex-"marcheur". Edouard Philippe avait recueilli 370 votes favorables en juillet 2017 pour sa premiÚre déclaration de politique générale, puis 363 en juin 2019 pour la seconde. Les votes contre avaient fortement progressé: de 67 à 163.

- "Aucun calendrier" -

Pour Jean Castex, ce grand oral intervient 24 heures aprÚs l'intervention d'Emmanuel Macron qui a laissé l'opposition sur sa faim. "Ambigu, flou", pour le patron du groupe LR à l'Assemblée, Damien Abad; un "bavardage" selon Jean-Luc Mélenchon, ou "rien de précis, aucun calendrier", a déploré l'eurodéputé EELV Yannick Jadot.

Si le souhait du chef de l'Etat d'imposer le port du masque dans les lieux publics clos à partir du 1er août a monopolisé l'attention, il a également annoncé un plan de relance "massif" de 100 milliards d'euros au total, à la fois "industriel, écologique, local, culturel et éducatif". En particulier, Emmanuel Macron a proposé un dispositif d'exonération des charges pour les jeunes, destiné à favoriser l'embauche de salariés à "faibles qualifications, jusqu'à 1,6 Smic".

Le plan de relance, qui doit comprendre un volet écologique important avec notamment un plan massif de rénovation des écoles et Ehpad, sera financé par des aides européennes, dans le cadre du plan de relance que la France espÚre voir adopter par les 27 pays de l'UE, et par un endettement. Mais sans augmentation d'impÎt, a-t-il dit, y compris en écartant un rétablissement "absurde" de l'ISF qui "ne rÚglerait rien".

Jean Castex pourrait par ailleurs revenir sur l'explosive réforme des retraites, suspendue "sine die" mi-mars aprÚs son vote en premiÚre lecture à l'Assemblée nationale, via la procédure du 49-3.

Mardi, Emmanuel Macron a considĂ©rĂ© que la France ne pourrait pas faire "l'Ă©conomie d'une rĂ©forme" de son systĂšme de retraites, tout en reconnaissant que le projet du gouvernement ne pourrait pas ĂȘtre maintenu tel qu'il Ă©tait prĂ©vu avant la crise sanitaire.

AFP

guest
0 Commentaires