Il résiste

Au Venezuela, le jeune Wuilly Arteaga manifeste avec son violon

  • PubliĂ© le 23 juillet 2017 Ă  23:01
Le violoniste Wuilly Arteaga, devenu une icÎne des manifestations contre le président Nicolas Maduro, le 24 mai 2017 à Caracas

En prenant son violon au milieu des gaz lacrymogÚnes, Wuilly Arteaga est devenu une icÎne des manifestations contre le président Nicolas Maduro, qui secouent le Venezuela depuis prÚs de quatre mois. Samedi, sa musique s'est tue pour un temps lorsqu'il a été blessé.


Avec son allure svelte, le violoniste de 23 ans paraßt fragile, mais il promet toutefois de rester fort pour résister au président Maduro et à son projet contesté d'Assemblée constituante. Durant un rassemblement samedi à Caracas, il a été atteint au visage par des plombs de chasse, qui l'ont fait saigner abondamment, selon ses déclarations, .

"Je ne vais pas me laisser intimider (...). Nous allons continuer la lutte", a-t-il dĂ©clarĂ© dans une vidĂ©o diffusĂ©e sur Twitter, oĂč on peut le voir sur un brancard, le visage bandĂ© et tumĂ©fiĂ©. Juste aprĂšs avoir Ă©tĂ© soignĂ©, il s'est emparĂ© de son violon sur son lit et a repris la mĂ©lodie, suscitant l'admiration de ses fans sur les rĂ©seaux sociaux.

- Le pouvoir de la musique -

Né à Valencia (Etat de Carabobo, au nord), le jeune homme a appris le violon dans le cadre d'El Sistema, un programme national d'orchestres pour la jeunesse du Venezuela, fondé en 1975 et destiné aux enfants des quartiers populaires. L'un de ses plus célÚbres élÚves, Gustavo Dudamel, est d'ailleurs devenu directeur de l'orchestre philharmonique de Los Angeles.

Les tout premiers contacts de Wuilly Arteaga avec la musique ont néanmoins eu lieu avec le piano, au sein d'une église protestante dont son pÚre était concierge.

Le violoniste a gagnĂ© en notoriĂ©tĂ© aux funĂ©railles d'Armando Cañizales, formĂ© comme lui dans un orchestre junior et abattu le 3 mai au cours d'une manifestation Ă  Caracas. "J'ai eu trĂšs peur, car j'ai pensĂ© que mĂȘme la musique n'avait pas le pouvoir de faire rĂ©flĂ©chir, mais je suis sorti du cimetiĂšre et je suis allĂ© manifester avec plus de force", avait alors racontĂ© Ă  l'AFP Wuilly Arteaga. Depuis, sa mĂ©lodie rĂ©sonne pendant les manifestations, au cours desquelles il envoie un "message de paix" au milieu de violences qui ont fait 103 morts depuis dĂ©but avril.

- Violon brisé -

Le 24 mai, Wuilly Arteaga, a pleuré, amer, lorsqu'un militaire a détruit son instrument au cours d'un rassemblement.

Des photos et vidĂ©os de cette journĂ©e ont dĂ©clenchĂ© une vague de solidaritĂ© sur les rĂ©seaux sociaux, oĂč des dizaines de personnes ont rĂ©clamĂ© son contact pour lui offrir un nouvel instrument.

Des artistes internationaux se sont joints au mouvement de solidarité, comme la chanteuse colombienne Shakira, l'Espagnol Alejandro Sanz, l'Américain d'origine portoricaine Marc Anthony, et des Vénézuéliens comme Ricardo Montaner, Franco De Vita et Oscarcito.

La vie de Wuilly Arteaga a changé. Invité par des organisations non gouvernementales, il a voyagé aux Etats-Unis et fait briller son talent jusque dans l'enceinte de l'ONU. "Je sais que je ne suis personne, mais (...) je dois le faire pour que les Vénézuéliens comme moi puissent vivre en paix dans notre pays", a expliqué le jeune musicien.

AFP

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