Etats-Unis

Avec la pandémie, les scooters envahissent New York

  • PubliĂ© le 2 aoĂ»t 2020 Ă  09:47
  • ActualisĂ© le 2 aoĂ»t 2020 Ă  20:18
Des scooters dans le magasin Unik Moto Ă  Long Island City, Ă  New York, le 30 juillet 2020

Le boom des livraisons de nourriture et la crainte des transports publics ont enflammĂ© le marchĂ© des scooters Ă  New York avec la pandĂ©mie, mĂȘme si la suspension du service de partage Revel, pour des raisons de sĂ©curitĂ©, a jetĂ© un froid.

La demande a triplĂ© par rapport Ă  juillet 2019 chez Unik Moto, Ă  Long Island City, assure le directeur gĂ©nĂ©ral Chris Benson, qui Ă©coule certaines semaines quelque 20 scooters. AprĂšs un coup d'arrĂȘt initial liĂ© au confinement, le magasin, qui vend essentiellement des modĂšles des TaĂŻwanais SYM et Kymco, ne dĂ©semplit plus, au point que le stock est Ă  peine suffisant.

A Brooklyn, le concessionnaire officiel Vespa est Ă  peu prĂšs sur le mĂȘme rythme et a vendu plus de 200 engins ces trois derniers mois, assure Andrew Hadjimas, son prĂ©sident. La premiĂšre vague est venue des employĂ©s de la restauration, explique Chris Benson, en premier lieu les livreurs, trĂšs demandĂ©s pour faire face Ă  l'afflux des commandes Ă  distance.

Avec les beaux jours est arrivée la seconde, celle des "gens qui voient ça comme un moyen de s'échapper, tout en restant seul", coronavirus oblige, dit celui qui a lancé l'affaire il y a trois ans avec des amis. "J'ai décidé de me mettre au scooter il y a quelques mois pendant cette période de folie", se souvient Alan Taledia, qui a acheté une Vespa 150 cc.

Conduire un scooter Ă  New York, ville encore archi-dominĂ©e par la voiture, "c'est chaud, mais si tu es New-Yorkais, tu t'y fais", dit cet employĂ© d'une sociĂ©tĂ© d'assurance. "Je prĂ©fĂšre ĂȘtre sur un scooter que dans un bus avec un paquet de gens."

"Une partie importante de la flambée est liée à la pandémie", estime Chris Benson, dont quelques clients lui ont confié que leur appréhension des transports en commun leur avait fait franchir le pas.

- "Une occasion manquée" -

Le mouvement va au-delà de New York, affirme Andrew Hadjimas, "et l'activité accélÚre partout, particuliÚrement dans les grandes villes". "Vous allez en Europe, en Asie, tout le monde conduit ça", souligne-t-il. "Je pense que cette culture pourrait se transmettre aux métropoles américaines, juste parce que c'est vraiment pratique."

Populariser un nouveau mode de transport, c'était l'idée de Revel, réseau de scooters électriques en partage lancé à Brooklyn en 2018 par deux entrepreneurs américains. Sa flotte, qui atteint désormais 3.000 deux-roues bleu clair, a été largement mise à contribution par les New-Yorkais depuis la réouverture progressive de la ville.

D'un peu plus de 4.000 trajets quotidiens juste avant le confinement, Revel est passĂ© Ă  prĂšs de 18.000 durant les deux derniĂšres semaines de juin. Mais des voix se sont Ă©levĂ©es rĂ©cemment pour s'inquiĂ©ter des libertĂ©s que prenaient nombre d'utilisateurs avec le code de la route et les rĂšgles de sĂ©curitĂ©, mĂȘme s'il faut avoir son permis voiture pour louer un engin.

Revel a réagi en suspendant plus de 2.000 utilisateurs, sur les prÚs de 300.000 que compte à New York le service, qui fonctionne également à Washington, Austin et Oakland, en attendant le rétablissement à Miami (suspendu pour cause de pandémie) et le lancement à San Francisco. Mais deux accidents mortels en dix jours l'ont poussé, sous la pression de la mairie de New York, à suspendre son activité dans la ville jusqu'à nouvel ordre.

Revel dit préparer de nouvelles mesures pour "inciter à la prudence", notamment la confirmation du port du casque ou examen de sécurité intégré à l'application sur smartphone, a indiqué un porte-parole.

"J'ai vu des gens nous faire une sale rĂ©putation, rouler sans casque, sur le trottoir", explique Emma Rogers, humoriste et fidĂšle de Revel depuis les dĂ©buts. "C'est quand mĂȘme dommage qu'il y ait toujours des gens pour ruiner le truc pour tout le monde."

"Revel offre une solution Ă  beaucoup de gens", s'agace Dan Miller, utilisateur qui regrette "le fait de le bannir sans offrir d'alternative" et y voit "une occasion manquĂ©e". "Peut-ĂȘtre qu'il faut quelque chose de plus petit, plus lĂ©ger, comme des Citi Bikes Ă©lectriques", dit-il en Ă©voquant le rĂ©seau de vĂ©los en partage de New York, "mais la ville pourrait faire tellement plus et sous (le maire Bill) De Blasio, elle a choisi de ne pas bouger."


AFP

guest
0 Commentaires