Challenger de la primaire à droite, l'ancien ministre Bruno Le Maire présente samedi à SÚte un "contrat présidentiel" trÚs détaillé pour entrer de plain-pied dans la compétition, dominée jusqu'ici par un duel médiatique opposant Alain Juppé à Nicolas Sarkozy.
Fervent partisan du "renouveau" en politique, cet ancien directeur de cabinet de Dominique de Villepin sait qu'il s'est lancé dans une aventure ambitieuse. Il "reste la marche la plus difficile à franchir", disait-il aprÚs l'annonce de sa candidature en février, qui avait un peu amélioré sa notoriété.
Selon les enquĂȘtes d'opinion, il pointe en troisiĂšme position, parfois rattrapĂ© par l'ex-Premier ministre François Fillon.
"Le débat ne peut pas se restreindre à ceux qui promettent tout et son contraire et ceux qui ne proposent de ne toucher à rien", résume-t-il dans le Figaro samedi, maniÚre d'essayer de se glisser entre Juppé et Sarkozy.
Il avait choisi avant l'Ă©tĂ© de faire sa rentrĂ©e aprĂšs celle de tous les autres candidats, qui devraient au final ĂȘtre huit sur la ligne de dĂ©part pour la primaire des 20 et 27 novembre. Il fait le pari d'une Ă©lection Ă©clair : "un pĂ©tard Ă courte mĂšche" avec "une cristallisation tardive" comme dans une prĂ©sidentielle, explique-t-il.
ManiÚre aussi pour lui de dire que rien n'est joué et qu'à la derniÚre minute, il pourra encore bousculer le jeu. Alors, il vient à SÚte présenter une somme: plus de 1.000 pages de programme! Des propositions chiffrées et détaillées qui valent "engagement" auprÚs des Français.
"Parce que les Français en ont assez de ces politiques qui développent leurs grandes idées pour la France la main sur le coeur et ne font rien une fois au pouvoir", écrit-il en préambule de ce pavé. "Il faut vous convaincre que cette fois nous tiendrons nos engagements".
- "Il n'y a qu'une figure du renouveau" -
Dans un contexte gĂ©nĂ©ral de dĂ©fiance vis-Ă -vis des hommes et femmes politiques et dans une Ă©lection oĂč concourent de vieux routiers (un ancien chef de l'Etat et deux ex-Premier ministre), Bruno Le Maire a choisi de se prĂ©senter en homme du "renouveau", et veut Ă©crire noir sur blanc ce qu'il ferait une fois arrivĂ© au pouvoir pour ne "pas tromper les Ă©lecteurs".
Il détaille ainsi dans son programme le référendum qu'il souhaiterait organiser le jour de deuxiÚme tour des législatives. Diminution du nombre de parlementaires, non cumul des mandats dans le temps, démission de la haute fonction publique pour les élus...
CÎté renouveau, pas question de laisser la place à Emmanuel Macron. "Il n'y a qu'une figure du renouveau", tranchait-il il y a quelques mois.
Rédigé avec l'appui de 400 personnes, son contrat présente le contenu des "huit ordonnances" qu'il voudrait faire adopter à l'été 2017, et reprend des propositions égrenées ces derniers mois, mais présente aussi "douze chantiers de long terme".
Il souhaite une baisse de la CSG, ramenée à 6%, abroger la réforme du collÚge, mettre fin au monopole syndical au premier tour des élections professionnelles, supprimer 500.000 fonctionnaires en cinq ans, créer des "emplois rebond" pour un an payés en deçà du SMIC, augmenter les heures d'enseignement du français, supprimer la fonction publique territoriale et privatiser pÎle emploi.
Il préconise aussi de supprimer pendant un an les cotisations patronales pour les embauches dans les entreprises de moins de dix salariés.
Un catalogue de mesures qui fait aussi office de réponse à ses détracteurs s'interrogeant sur le contenu du renouveau qu'il met en avant.
Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, taxait Bruno Le Maire il y a quelques mois de "dangereux", avec des "positions trÚs trÚs à droite" et se présentant comme "un centriste bon teint".
Il n'est pas en reste sur les questions d'immigration avec au programme une ordonnance pour "contrÎler les flux migratoires" dÚs l'été 2017 (durcir les conditions du regroupement familial notamment), et une autre sur la "lutte contre le terrorisme" avec une "justice d'exception pour le terrorisme".
Il profitera aussi de sa rentrĂ©e, oĂč sont attendus plusieurs centaines de cadres et d'Ă©lus, pour officialiser son Ă©quipe, avec notamment le dĂ©putĂ© LR Damien Abad comme porte-parole.
Par Franck IOVENE - © 2016 AFP
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