Ursula von der Leyen est l'invitĂ©e d'honneur du "campus europĂ©en" de Renaissance, rentrĂ©e politique du parti d'Emmanuel Macron samedi Ă Bordeaux, oĂč la prĂ©sidente de la Commission europĂ©enne est particuliĂšrement attendue sur le conflit entre l'ArmĂ©nie et l'AzerbaĂŻdjan.
Arrivée en début d'aprÚs-midi au raout macroniste, la patronne de la Commission s'est d'abord entretenue avec plusieurs députés signataires d'une lettre ouverte parue vendredi dans le journal Le Figaro qui dénonçait la "faiblesse" du soutien de l'UE a l'Arménie, notamment la présidente du groupe d'amitié France-Arménie a l'Assemblée nationale, Anne-Laurence Petel, et le président du groupe Renaissance au Palais-Bourbon, Sylvain Maillard.
Ursula von der Leyen doit intervenir à partir de 17H00 aux cÎtés du numéro un de Renaissance, Stéphane Séjourné, et du commissaire européen Thierry Breton, lors d'une séance pléniÚre consacrée aux "six ans d'action pour l'Europe" de la majorité présidentielle, qui a fait de l'UE un marqueur politique essentiel.
La présidente de la Commission doit également s'entretenir samedi avec Elisabeth Borne. La PremiÚre ministre interviendra dimanche lors de la session de clÎture du campus.
Si l'Europe est à l'honneur de cet événement de rentrée, la situation au Haut-Karabakh s'est déjà largement invitée dans les débats.
Mme von der Leyen est particuliÚrement critiquée pour avoir qualifié l'Azerbaïdjan de "partenaire fiable" lors d'une visite à Bakou en juillet 2022, malgré les accusations de violations des droits humains visant le régime d'Ilham Aliev.
L'Union européenne cherchait alors des sources alternatives d'approvisionnement en gaz pour remplacer les livraisons russes.
AprÚs une offensive-éclair des forces azerbaïdjanaises en septembre, la quasi-totalité de la population arménienne a fui la république autoproclamée du Haut-Karabakh, qui a annoncé sa dissolution au 1er janvier 2024.
Dans leur lettre ouverte publiée dans Le Figaro, des parlementaires de la majorité déplorent que la "réaction sans ambiguïté, puissante et coordonnée" de l'UE en soutien à l'Ukraine "contraste amÚrement avec la faiblesse de la réponse aux exactions azéries au Haut-Karabakh depuis plusieurs mois et ces derniÚres semaines en particulier."
"Le pouvoir énergétique ou militaire n'exonÚre impunément aucun pays du respect du droit international et des droits de l'Homme", insistent les signataires, qui plaident pour "un soutien humanitaire et économique d'ampleur" pour l'Arménie et des sanctions contre les dirigeants azerbaïdjanais.
- "Ăpuration ethnique" -
Stéphane Séjourné avait pour sa part fait valoir jeudi qu'"à notre initiative, le Parlement européen a adopté une résolution pour dénoncer l'épuration ethnique au Haut-Karabakh et appelé à des sanctions contre l'Azerbaïdjan".
"Nous nous tenons aux cĂŽtĂ©s du peuple armĂ©nien. La France ne peut pas ĂȘtre seule Ă agir. L'Europe doit jouer son rĂŽle", avait-il ajoutĂ© dans un message publiĂ© sur le rĂ©seau X (ex-Twitter).
"La France s'est sentie assez seule mais on voit aujourd'hui que l'Union européenne est en train de s'engager et de se mobiliser pour les Arméniens", insiste-t-on dans son entourage.
A Bordeaux, les militants Renaissance ont salué la venue d'Ursula von der Leyen, sans dissimuler la difficulté du dossier arménien.
"On se doit de continuer à soutenir ce peuple, d'avoir une réponse forte. S'il n'y a pas de position forte, ce peuple pourrait disparaßtre de la carte", souligne Franck Le Beller, du comité local de Vannes.
Les Arméniens de France ont vu une "grave faute" dans la présence de Mme von der Leyen à Bordeaux, en jugeant que la présidente de la Commission européenne a une "complicité active" dans les événements en cours au Haut-Karabakh.
HÎte de ce campus de rentrée, la ville de Bordeaux est par ailleurs jumelée avec Bakou, la capitale azerbaïdjanaise, depuis 1979.
Le président du Conseil européen, Charles Michel, a indiqué jeudi qu'il avait invité le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, et le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, à Bruxelles d'ici à fin octobre.
Depuis Grenade, oĂč il participait au sommet de la CommunautĂ© politique europĂ©enne, le prĂ©sident de la RĂ©publique, Emmanuel Macron, a jugĂ© que le temps n'Ă©tait "pas aux sanctions" contre l'AzerbaĂŻdjan et qu'il fallait continuer de discuter avec ce pays pour "protĂ©ger au mieux" l'ArmĂ©nie.
AFP


