Sous le feu des critiques pour avoir embrassé de force une joueuse espagnole aprÚs leur victoire lors de la Coupe du monde féminine de football, Luis Rubiales, président de la fédération espagnole, a été suspendu provisoirement par la Fifa
La situation de Luis Rubiales se complique sĂ©rieusement aprĂšs la dĂ©cision de la Fifa, ce samedi 26 aoĂ»t, de suspendre provisoirement le prĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration espagnole, qui fait lâobjet dâune vague dâindignation internationale causĂ©e par son baiser forcĂ© sur la joueuse Jenni Hermoso.
AprĂšs le baiser forcĂ© de Luis Rubiales Ă la N.10 Jenni Hermoso dimanche soir lors de la remise des mĂ©dailles Ă Sydney et le refus de ce dernier de dĂ©missionner, les joueuses de la sĂ©lection ont annoncĂ© quâelles refusaient de rejouer avec la Roja sous cette direction
Le patron de la fĂ©dĂ©ration de football espagnol a dĂ©noncĂ© une "tentative dâassassinat social" aprĂšs lâaffaire du baiser forcĂ© sur une joueuse espagnole
"Nous avons dĂ©cidĂ© aujourdâhui de suspendre provisoirement M. Luis Rubiales de toute activitĂ© liĂ©e au football au niveau national et international", a dĂ©clarĂ© lâinstance dirigeante du football mondial dans un communiquĂ©, ajoutant que la suspension durerait au moins 90 jours, dans lâattente de lâavancĂ©e des procĂ©dures ouvertes contre lâEspagnol.
La Fifa prĂ©cise que Rubiales et les membres de la fĂ©dĂ©ration ont interdiction dâentrer en contact avec Jenni Hermoso et ses proches.
Lâinternationale espagnole de 33 ans avait assurĂ© vendredi soir sâĂȘtre sentie "vulnĂ©rable et victime dâune agression" lorsquâelle a Ă©tĂ© embrassĂ©e par Luis Rubiales, 46 ans, dimanche lors de la cĂ©rĂ©monie de remise des mĂ©dailles du Mondial, aprĂšs avoir affirmĂ© que ce baiser "nâĂ©tait pas consenti".
- Autres procédures -
Cette affaire, déjà surnommée le "#MeToo du football espagnol", a suscité une avalanche de critiques et de pressions envers Luis Rubiales dans le monde sportif et politique, en Espagne et au-delà , et fait la une de médias du monde entier.
Dans une interview Ă "El Pais", le ministre espagnol des Sports, Miquel Iceta, dĂ©plore "un Ă©pisode qui nous a amenĂ© lâimage dâune Espagne machiste", alors que le pays est souvent prĂ©sentĂ© comme en pointe en matiĂšre de luttes contre les violences faites aux femmes.
Il sâen remet au Tribunal administratif du sport (TAD), Ă mĂȘme de juger si les faits reprochĂ©s Ă Luis Rubiales violent les lois du sport. "Si le TAD accepte la plainte du gouvernement, nous procĂ©derons immĂ©diatement Ă la suspension des fonctions de prĂ©sident de la fĂ©dĂ©ration", a-t-il averti.
Dâautant que le Conseil supĂ©rieur des sports, organe gouvernemental compĂ©tent, a aussi demandĂ© la "suspension provisoire" de Rubiales au TAD pour infraction "trĂšs grave".
Sur le plan pĂ©nal, le patron du foot espagnol fait lâobjet de quatre plaintes pour agression sexuelle reçues vendredi par le parquet espagnol, mais aucune ne provient de la joueuse pour lâinstant.
Dans la nuit de vendredi Ă samedi, la FĂ©dĂ©ration espagnole de football (RFEF) a qualifiĂ© de "mensonges" les accusations portĂ©es contre lui. Lâinstance a annoncĂ© engager des actions en justice pour dĂ©fendre son dirigeant.
"La RFEF et le prĂ©sident (Luis Rubiales) vont prouver chaque mensonge publiĂ© par qui que ce soit au nom de la joueuse ou, si câest le cas, par la joueuse elle-mĂȘme", a indiquĂ© lâinstance dans un communiquĂ©.
- Vague mondiale -
Quelques heures plus tĂŽt, Hermoso avait assurĂ©, dans un premier communiquĂ© du syndicat des joueuses professionnelles espagnoles (Futpro), quâelle nâavait "Ă aucun moment consenti Ă ce baiser", dĂ©montant la dĂ©fense de Luis Rubiales.
Dans son communiquĂ©, la fĂ©dĂ©ration cite celui de Futpro dans lequel la joueuse affirme : "je nâai en aucun cas cherchĂ© Ă soulever le prĂ©sident".
La RFEF accompagne ainsi sa publication de quatre photos pour montrer que, selon elle, "les pieds du prĂ©sident sont ostensiblement soulevĂ©s du sol par lâaction de la joueuse" qui prĂ©cĂšde le baiser. Ce qui prouverait, selon lâinstance, la bonne foi de M. Rubiales, et les "mensonges" dâHermoso.
La fĂ©dĂ©ration a aussi rĂ©pondu aux 23 joueuses de lâĂ©quipe nationale, qui ont annoncĂ© vendredi quâelles refusaient de rejouer en sĂ©lection sous la direction actuelle de la fĂ©dĂ©ration.
La RFEF rappelle que "la participation à la sélection est une obligation pour toutes les personnes (membres de la fédération) si elles sont appelées par elle".
En poste depuis 2018, Luis Rubiales avait contre-attaquĂ© vendredi, en refusant de dĂ©missionner. Le baiser aprĂšs la finale du 20 aoĂ»t Ă©tait selon lui "rĂ©ciproque" et "consenti", a expliquĂ© lâancien dĂ©fenseur, qui dĂ©nonce "le faux fĂ©minisme" et une "tentative dâassassinat social".
Un comportement et des propos "inacceptables" dĂ©noncĂ©s par de nombreux sportifs espagnols et internationaux, des joueuses espagnoles Alexia Putellas et Aitana Bonmati Ă la lĂ©gende du basket espagnol Pau Gasol, en passant par lâancien gardien du Real Madrid Iker Casillas.
Samedi, plusieurs joueuses de lâĂ©quipe nationale dâAngleterre, finalistes contre lâEspagne, ont mĂȘme publiĂ© un communiquĂ© fustigeant « les actions inacceptables permises par une organisation sexiste et patriarcale ».
Plusieurs clubs, joueurs et entraĂźneurs de la Liga masculine, dont lâentraĂźneur du FC Barcelone Xavi Hernandez, ont Ă©galement condamnĂ© le comportement du patron du foot espagnol et apportĂ© leur soutien Ă Jenni Hermoso.
Lâaffaire continue dâĂ©clabousser lâimage du sport espagnol, alors que le pays est candidat Ă lâorganisation du Mondial masculin de 2030 avec le Portugal et le Maroc, dont lâattribution est prĂ©vue Ă la fin de lâannĂ©e prochaine.
AFP
