[VIDÉO] Une plainte déposée (actualisé)

La vidéo d'une enfant de trois ans violentée par son institutrice suscite une vague d'indignation

  • Publié le 10 septembre 2024 à 15:44
Nicole Belloubet lors de la conférence de presse de rentrée scolaire, à Paris, le 27 août 2024

Les images d'une institutrice de maternelle violentant en classe l'une de ses élèves de trois ans à Paris ont provoqué mardi une vague d'indignation et la suspension de l'enseignante, dans une affaire qualifiée de "honte pour notre école" par la ministre de l’Éducation nationale.

"Ces images sont terriblement choquantes et inacceptables dans notre École. J'ai demandé sans délai le lancement d'une procédure disciplinaire, avec une suspension immédiate de la professeure. J'adresse tout mon soutien à la victime et sa famille, qui sont prises en charge", a écrit Mme Belloubet, sur le réseau social X (ex-Twitter).

Lundi, une vidéo enregistrée par une parent d'élève présente dans la classe et montrant une enseignante asséner un violent coup au niveau du dos à une élève en larmes, dans une école maternelle du XVe arrondissement de Paris, a circulé sur les réseaux sociaux.
Les faits se seraient produits le 3 septembre.

Me Vanessa Edberg, avocate de la famille, a confirmé à l'AFP avoir déposé plainte le 5 septembre dans un commissariat des Hauts-de-Seine pour dénoncer des violences aggravées par trois circonstances : sur personne vulnérable, dans un établissement scolaire et perpétrées par une personne qui réalise une mission de service public.

Selon elle, la fillette de trois ans effectuait sa première rentrée scolaire en petite section et "avait déjà reçu des coups les jours précédents, ce qu'elle avait dit à sa maman".

"La vidéo a été tournée alors qu'il y avait une autre maman, on sent que l'institutrice se contient", s'est désolée l'avocate.

"La fillette a déjà vu un médecin, va en revoir pour évaluer son ITT. Le premier médecin a évalué son préjudice psychologique à +sévère+, car la fillette ne regarde pas les autres dans les yeux ou en face et refuse de parler de la maîtresse", d'après Me Edberg.
Sollicité, le parquet de Paris a indiqué qu'il n'avait pas encore reçu la plainte.

- "Pas un geste professionnel" -

Le recteur de l'académie de Paris, Bernard Beignier, s'est rendu mardi une partie de la matinée dans l'école des Frères-Voisin située au sud-ouest de Paris, afin d'échanger avec les enseignants.

Il a assuré lors d'un point de presse prendre "les choses très au sérieux" dans cette affaire qu'il juge "inadmissible".

"J'ai signé ce (mardi) matin l'arrêté de suspension de cette enseignante, ce qui n'est pas une sanction mais une mesure de protection et ensuite il y aura à la fois une enquête pénale puisqu'une plainte a été déposée et une enquête administrative qui pourra conduire très certainement à un conseil de discipline, voire des sanctions qui vont du blâme à la révocation", a précisé le recteur.

Interrogé par l'AFP, Bernard Beignier a indiqué que depuis les faits, cette enseignante "est en arrêt et a été remplacée dans sa classe.

Elle sera "convoquée dans les prochains jours pour être entendue".

L'enseignante, "a reconnu les faits et a présenté ses excuses à la famille de la fillette", selon le recteur.

Pour Guislaine David, secrétaire générale de la FSU-Snuipp, principal syndicat du premier degré (maternelle et élémentaire), "les images montrent une situation choquante, ce n’est pas un geste professionnel". "En tant qu'enseignant, nous devons assurer la sécurité physique et affective des élèves", a-t-elle martelé auprès de l'AFP.

"C'est tout à fait insoutenable, ce comportement est inqualifiable, venant d'une enseignante confirmée, qui était dans cette école depuis déjà une dizaine d'années", a estimé Philippe Goujon, maire LR du XVe arrondissement de Paris, interrogé sur BFMTV.

Cette professeure "connaît bien l'école, les parents, les élèves, et c'est une enseignante qui a une cinquantaine d'années", "qui (ne) se laisse pas emporter normalement par ses émotions", a-t-il poursuivi.

Le 4 juillet, un professeur de collège de Moselle a été condamné à trois mois de sursis pour violences contre un élève, peine assortie d'une interdiction d'exercer une activité en contact avec des mineurs pendant deux ans.

AFP

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1 Commentaires
HULK
HULK
1 an

J'ai écouté le recteur et le maire de l'arrondissement. À mourir de rire. A part le GIGN,je ne vois pas ce qui n'a pas été mobilisé dans cette affaire.