Etats-Unis

Biden et Trump en visites rivales au chevet des grévistes de l'automobile

  • PubliĂ© le 26 septembre 2023 Ă  07:18
  • ActualisĂ© le 26 septembre 2023 Ă  07:24
Un membre du syndicat de l'automobile (UAW)  sur un piquet de grĂšve le 22 septembre 2023 Ă  Naperville, Illinois

Joe Biden effectue mardi une visite historique auprÚs d'ouvriers grévistes de l'automobile, un électorat auquel Donald Trump prévoit de s'adresser le lendemain en se déplaçant lui aussi dans la région berceau de cette industrie.

Le démocrate en campagne va devenir le premier président en exercice à se rendre à un piquet de grÚve, dans le Michigan, Etat épicentre d'un mouvement de grÚve sans précédent qui touche trois géants du secteur: General Motors, Ford et Stellantis.

Il grille ainsi la vedette Ă  son rival rĂ©publicain qui a prĂ©vu d'aller mercredi dans le mĂȘme Etat courtiser les cols bleus, sur lesquels il compte notamment fonder sa reconquĂȘte de la Maison Blanche.

De quoi faire de cette grÚve déjà historique un sujet de bataille politique.

Donald Trump, qui avait annoncé son déplacement avant celui de Joe Biden, a d'ailleurs accusé le président démocrate de le copier. Et son porte-parole Jason Miller a qualifié la visite de Joe Biden de "rien de plus qu'une pauvre séance photo".

Mais selon la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, le déplacement du président américain n'est "absolument pas" influencé par celui du républicain.

- "Pro-syndicat" -

Pour Joe Biden, l'enjeu est de prouver que c'est lui au contraire le président des classes laborieuses, défenseur des syndicats et artisan du renouveau industriel des Etats-Unis.

"Son dĂ©placement va ĂȘtre historique. Il soulignera Ă  quel point le prĂ©sident est le plus pro-syndicat de l'histoire" des Etats-Unis, a dĂ©clarĂ© Karine Jean-Pierre lundi.

Mais l'octogénaire, à la peine dans les sondages et désormais jaugé à chaque déplacement sur son état physique, marche sur des oeufs: le conflit social en cours pourrait se révéler trÚs dommageable pour l'économie américaine.

Et la grĂšve s'est Ă©tendue chez les constructeurs automobiles General Motors et Stellantis, faute d'avancĂ©es dans les nĂ©gociations syndicales, contrairement Ă  Ford oĂč de "rĂ©els progrĂšs" ont Ă©tĂ© effectuĂ©s.

Joe Biden a plusieurs fois estimé publiquement que les constructeurs devaient faire profiter les salariés de leurs "bénéfices record".

Interrogée pour savoir si le président prenait parti dans le conflit social, la porte-parole de la Maison Blanche a préféré contourner les questions, insistant que Joe Biden voulait avant tout un accord "gagnant-gagnant".

"Nous ne nous impliquons pas dans les négociations", a-t-elle ajouté.

- "Prendre vos emplois" -

Joe Biden a fait de son soutien aux syndicats une marque de fabrique de son mandat, et l'appui apporté par le syndicat des ouvriers de l'automobile UAW à sa candidature en 2020 l'a aidé à faire basculer le Michigan en sa faveur, alors que l'Etat avait voté pour Donald Trump en 2016.

Cependant, le gouvernement du démocrate est l'un des moteurs du bouleversement historique que vit l'industrie automobile, vers davantage de véhicules plus écologiques.

"Quand il marchera lentement pour prĂ©tendre ĂȘtre sur un +piquet+, souvenez-vous qu'il veut vous prendre vos emplois et les envoyer en Chine", a ainsi accusĂ© Donald Trump sur Truth Social, en ne lĂ©sinant pas sur les lettres majuscules dont il aime faire usage.

Les espoirs d'un retour Ă  la Maison Blanche pour le rĂ©publicain reposent largement sur les mĂȘmes votes des cols bleus qu'il avait remportĂ©s en 2016 dans des Etats clĂ©s comme le Michigan, la Pennsylvanie, et le Wisconsin.

CÎté démocrate, on remet cependant en question l'engagement pro-syndicat du milliardaire magnat de l'immobilier.

Mercredi, Donald Trump s'exprimera devant une usine qui fabrique des piĂšces dĂ©tachĂ©es Ă  Clinton Township dans le Michigan, selon son Ă©quipe de campagne, Ă  un peu plus de 60 km de l'endroit oĂč Joe Biden se sera rendu la veille.

AFP

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