Football (enfin presque)

Blatter entendu dans le cadre d'une enquĂȘte en France sur les Mondiaux de foot en Russie et au Qatar

  • PubliĂ© le 27 avril 2017 Ă  22:00
L'ancien prĂ©sident de la Fifa Sepp Blatter lors d'un interview, le 21 avril Ă  ZĂŒrich

L'ancien prĂ©sident de la Fifa, Sepp Blatter, a Ă©tĂ© entendu comme tĂ©moin dans le cadre d'une enquĂȘte française sur les conditions d'attribution des Coupes du monde de football 2018 en Russie et 2022 au Qatar, a-t-on appris jeudi de source proche de l'enquĂȘte.

Sepp Blatter, contraint au départ aprÚs le vaste scandale de corruption qui a déstabilisé l'instance, a été entendu en Suisse le 20 avril dans le cadre d'une demande d'entraide pénale internationale des autorités judiciaires françaises, a précisé cette source, confirmant une information du Monde.

Le parquet national financier avait ouvert en 2016 une enquĂȘte prĂ©liminaire pour "corruption privĂ©e", "association de malfaiteurs", "trafic d'influence et recel de trafic d'influence" sur des soupçons de corruption Ă  la FĂ©dĂ©ration internationale de football (FIFA), en lien avec l'attribution de ces deux Coupes du monde, selon une source judiciaire. Des enquĂȘtes ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© lancĂ©es par les justices suisse et amĂ©ricaine.

La dĂ©signation du Qatar, richissime Ă©mirat gazier, le 2 dĂ©cembre 2010, par les membres du comitĂ© exĂ©cutif de la FIFA, avait Ă©tĂ© l'un des dĂ©clencheurs de la grave crise qui secoue l'instance. La victoire du petit Etat du Golfe, oĂč les tempĂ©ratures caniculaires en Ă©tĂ© rendent la pratique du football difficile voire impossible, avait immĂ©diatement dĂ©clenchĂ© des soupçons de corruption.

En octobre 2015, Sepp Blatter avait ajouté à la polémique en mettant en cause la France. Selon lui, "un arrangement diplomatique" existait pour que les Mondiaux 2018 et 2022 aient lieu en Russie puis aux Etats-Unis, un plan qui aurait échoué à cause de "l'interférence gouvernementale de M. Sarkozy".

"VoilĂ  encore un autre qui me prĂȘte beaucoup de pouvoir", avait ironisĂ© l'ancien prĂ©sident de la RĂ©publique. France Football avait aussi Ă©voquĂ© "une rĂ©union secrĂšte" Ă  l'ElysĂ©e le 23 novembre 2010, Ă  laquelle participaient Nicolas Sarkozy, le prince du Qatar, Tamim bin Hamad al-Thani, et l'ancien patron de l'UEFA Michel Platini. Son but supposĂ©: s'assurer que Platini voterait pour l'Ă©mirat.

Un "tissu de mensonges", s'Ă©tait indignĂ© l'ancien numĂ©ro 10 des Bleus, qui n'a pas Ă  ce stade Ă©tĂ© entendu dans le cadre des investigations menĂ©es par le PNF, d'aprĂšs la source proche de l'enquĂȘte.

Joseph Blatter et Michel Platini sont visĂ©s par une enquĂȘte distincte de la justice suisse. Elle porte sur le paiement suspect en 2011 de 1,8 million d'euros de l'ancien patron du football mondial Ă  l'ex-prĂ©sident de l'UEFA, des soupçons qui valent aux deux hommes d'ĂȘtre suspendus de toute activitĂ© liĂ©e au football. "Il faut que Platini revienne" pour reprendre "l'UEFA ou la Fifa", a estimĂ© la semaine derniĂšre Sepp Blatter auprĂšs de l'AFP, assurant qu'il disposait "d'Ă©lĂ©ments" pour tenter d'obtenir l'annulation de la suspension qui frappe les deux anciens patrons du football mondial et europĂ©en.

AFP

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