Football

Bordeaux: Ricardo, acte II, treize ans aprĂšs

  • PubliĂ© le 5 septembre 2018 Ă  19:57
  • ActualisĂ© le 5 septembre 2018 Ă  21:09
Ricardo, Ă  Bordeaux, le 24 juin 2005

A défaut de Thierry Henry, c'est finalement le Brésilien Ricardo, vieille connaissance des Girondins, qui a été choisi pour prendre en main Bordeaux aprÚs un été trÚs animé avec une vente aux Américains de GACP encore à officialiser.

SpontanĂ©ment, son nom Ă©tait sorti comme une douzaine d'autres le jour de la mise Ă  pied de l'Uruguayen Gustavo Poyet, annonciatrice d'un licenciement dix jours plus tard. Mais les regards s'Ă©taient alors surtout focalisĂ©s vers Henry, l'ancien +Gunner+ en quĂȘte d'un premier poste d'entraĂźneur principal aprĂšs son expĂ©rience de deuxiĂšme adjoint auprĂšs de la sĂ©lection belge. Car Bordeaux aime donner sa chance Ă  des novices mĂ©diatiques.

AprÚs plusieurs jours de discussions, d'accords oraux trouvés, puis de nouvelles réflexions, la surprise a été totale quand Henry a dit non.

Les explications ont été diverses pour comprendre ce refus et la polémique a enflé sur le rÎle joué par le fonds d'investissements américain de GACP, ses soutiens financiers et ses intermédiaires, nébuleuse dénoncée par les supporters inquiets de la fiabilité du projet de reprise à venir.

- Socle du titre de 2009 -

Du coup, la piste Ricardo, en sommeil, a ressurgi, tel un plan A' conservé bien au chaud par l'actionnaire actuel M6, présenté à GACP qui l'a validé, Ricardo et son entourage semblant plus américano-compatible que le meilleur buteur des Bleus. L'ancien défenseur de la Seleçao, de Benfica et du Paris SG, qui occupait le poste de directeur sportif de Santos depuis deux mois, n'a laissé que de trÚs bons souvenirs de son premier passage à Bordeaux de 2005 à 2007.

Pas au niveau du jeu proposé, surtout solide et défensif mais au niveau du pragmatisme: 2e et qualifié pour la Ligue des Champions en 2006 aprÚs un exercice précédent terminé péniblement à la 15e place, une victoire en Coupe de la Ligue en 2007 face au grand Lyon.
Son réseau avec les arrivées des trois Brésiliens Henrique, Fernando et Wendel, les fondations qu'il a bùties, ont été le socle du titre de champion de France obtenu en 2009 par son successeur Laurent Blanc.

Pour en faire leur nouveau manager - malgrĂ© les 278 matches qu'il a dĂ©jĂ  dirigĂ©s Ă  la tĂȘte d'Ă©quipes de L1 de 1996 Ă  2009, Ricardo ne dispose pas des diplĂŽmes requis par la Ligue de football professionnel (LFP) pour ĂȘtre entraĂźneur en France - les Girondins ont dĂ» convaincre le prĂ©sident de Santos, JosĂ© Carlos Peres de le libĂ©rer de son contrat qui courait jusqu'en juin prochain.

- Lieutenants fidĂšles -

Les pourparlers ont durĂ©, le dirigeant de Santos a tentĂ© jusqu'au bout de nĂ©gocier une indemnitĂ© de dĂ©part (entre 150.000 et 300.000 euros selon les mĂ©dias brĂ©siliens) pour sauver la face et sa tĂȘte rĂ©clamĂ©e par son conseil administration. En vain.

Ricardo est attendu jeudi au Haillan, oĂč il sera prĂ©sentĂ© Ă  16 heures. Pour cette nouvelle aventure - dont la durĂ©e sera seulement prĂ©cisĂ©e jeudi - il sera assistĂ© par deux fidĂšles lieutenants dĂ©jĂ  prĂ©sents il y a 13 ans.

Éric Bedouet, qui a assurĂ© l'intĂ©rim depuis l'Ă©viction de Poyet, occupera le poste d'entraĂźneur principal et sera chargĂ© de donner les consignes en match. Son ancien coĂ©quipier Ă  Paris, Patrick Colleter, sera entraĂźneur adjoint, rĂŽle qu'il a tenu auprĂšs de lui Ă  Bordeaux puis dans la foulĂ©e Ă  Monaco.

Depuis son départ du Rocher en 2009, Ricardo, 53 ans, était retourné dans son pays pour poursuivre sa carriÚre de coach. Celle-ci a été marquée par deux accidents vasculaires cérébraux (AVC) prévisibles car héréditaires - son pÚre est décédé de la sorte à 43 ans - l'un en 2010, l'autre plus grave fin août 2011 en plein match alors qu'il s'occupait de Vasco de Gama, attaque qui l'avait plongé dix jours dans le coma.

AprĂšs des mois de convalescence - il a encore une gĂȘne Ă  la main droite - il avait repris des activitĂ©s Ă  peu prĂšs normales en 2015 du cĂŽtĂ© de Botafogo, avant d'enchaĂźner des cycles courts Ă  Sao Paulo puis Santos, entrecoupĂ©s d'une expĂ©rience Ă  Al-Nasr (Ă  Riyad, en Arabie Saoudite).

AFP

guest
0 Commentaires