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Brésil: coup d'envoi du Carnaval de Rio, la samba contre le Zika et la crise

  • PubliĂ© le 5 fĂ©vrier 2016 Ă  14:47
Un char d'une école de samba sur le sambadrome de Rio, lors du Carnaval le 21 février 2015

Danser jour et nuit Ă  moitiĂ© nus: grĂące au carnaval de Rio qui dĂ©bute vendredi, les BrĂ©siliens oublieront un temps leurs inquiĂ©tudes sur la crise Ă©conomique et le virus Zika, un Ă©chauffement avant la grande fĂȘte des jeux Olympiques d'aoĂ»t.


Quand le gros roi Momo, symbole de tous les excÚs et figure tutélaire du carnaval, recevra vendredi midi les clés de la ville des mains du maire, il décrÚtera "ouvert" le plus grand spectacle à ciel ouvert du monde dont l'apogée sont les deux nuits (dimanche et lundi) de défilés des écoles de samba sur le sambodrome.
Momo ordonnera d'emblée à ses sujets de "s'amuser" pendant les cinq jours de festivités frénétiques dans tous les recoins de la "ville merveilleuse".
Les autorités estiment que cinq millions de personnes - dont plus d'un million de touristes brésiliens et étrangers - danseront la samba, jour et nuit pour certains, et consommeront des milliers de litres de biÚre glacée pour combattre la chaleur de l'été austral.
Boudé pendant des années en raison de la violence, le carnaval de rue connaßt un regain depuis la "pacification" de centaines de favelas en vue de la Coupe du monde de football 2014 et des JO de cette année du 5 au 21 août.
Au total, 505 "blocos", ces groupes carnavalesques oĂč l'on dĂ©file dĂ©guisĂ© ou pas au son des percussions et de la samba, prendront d'assaut les rues dans le seul but de danser, s'amuser et draguer.
Le plus traditionnel "Cordao de Bola Preta" devrait drainer deux millions de personnes samedi matin au centre de Rio.
- 'Oublier tout ça' -
Les fĂȘtards laisseront derriĂšre eux crise et chĂŽmage. PremiĂšre ville d'AmĂ©rique du Sud Ă  accueillir les JO, Rio et son industrie pĂ©troliĂšre souffrent de la chute des prix du brut, d'une crise dans la santĂ© publique et de la crainte du virus Zika transmis par un moustique et associĂ© Ă  une explosion de cas de microcĂ©phalies dĂ©clarĂ©e comme "urgence de santĂ© publique de portĂ©e mondiale" par l'Organisation mondiale de la SantĂ© (OMS).
"Le carnaval c'est pour oublier tout ça et faire tout ce qu'on veut, comme beaucoup d'hommes qui se déguisent en femmes", déclare à l'AFP Teresa Curi, vendeuse de déguisements de 61 ans, dans la traditionnelle zone commerciale judéo-arabe du centre ville.
Les 40 degrĂ©s ambiants, dans ces ruelles pavĂ©es oĂč retentissent des sambas de carnaval Ă  plein volume et des promesses de remĂšdes miracles contre l'impuissance, ne dĂ©couragent pas les retardataires en quĂȘte d'un costume pour faire la fĂȘte.
Mais "la boutique est presque vide alors que les années précédentes elle était bondée à cette époque", déplore une autre vendeuse de la boutique, Souad Modas, qui vit des 5% de commission sur ses ventes.
"Je vendais pour 60.000 réais en déguisements la semaine du carnaval, si j'arrive à 15.000 cette semaine, je serai contente", dit-elle.
- Olympiades et hommage au Santos -
Non loin de là, dans les ateliers de la Cité de la samba, artisans et couturiÚres peaufinent chars et costumes des 12 grandes écoles de samba qui défileront sur le sambodrome devant 70.000 spectateurs dans l'espoir de décrocher le titre de "championne du carnaval".
Des stars du football comme Neymar, 23 ans, du FC Barcelone, actuellement en dĂ©mĂȘlĂ©s avec la justice pour Ă©vasion fiscale, et le roi "PelĂ©", 75 ans, seront cĂ©lĂ©brĂ©s par l'Ă©cole Grande Rio, qui consacre son dĂ©filĂ© Ă  la ville de Santos et son club de football, oĂč sont nĂ©es ces deux vedettes.
L'école Uniao da Ilha a pris pour thÚme les jeux Olympiques, mais son directeur, Marcio André Mehry de Souza, ne cache pas son dépit à l'AFP de n'avoir obtenu aucun parrainage de la mairie ni du Comité Rio-2016 malgré ce choix.
"La situation est difficile depuis quatre ou cinq ans. Mais cette année, ça a été pire parce que tout le monde est en crise et que le prix du matériel a augmenté", déplore-t-il.

Par Laura BONILLA CAL - © 2016 AFP
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