Brésil

Des milliers de partisans de Bolsonaro dans la rue en pleine tempĂȘte judiciaire

  • PubliĂ© le 25 fĂ©vrier 2024 Ă  23:10
  • ActualisĂ© le 26 fĂ©vrier 2024 Ă  05:10
Vue aérienne montrant l'ancien président brésilien Jair Bolsonaro (2019-2022) saluant ses partisans lors d'un rassemblement à Sao Paulo, au Brésil, le 25 février 2024.

Des milliers de personnes ont commencĂ© a se rassembler dimanche Ă  Sao Paulo en soutien Ă  l'ancien prĂ©sident d'extrĂȘme droite Jair Bolsonaro, de quoi tester sa popularitĂ© en plein scandale sur des soupçons de "tentative de coup d'Etat".

VĂȘtus de vert et de jaune, les couleurs du BrĂ©sil, les manifestants affluent vers l'avenue Paulista, artĂšre emblĂ©matique de la plus grande mĂ©tropole d'AmĂ©rique Latine.

L'ancien prĂ©sident devrait prendre la parole lors de ce rassemblement, oĂč les organisateurs attendent au moins 500.000 personnes.

Dans plusieurs vidéos publiées ces derniers jours sur les réseaux sociaux, l'ex-président (2019-2022) a appelé ses partisans à un "rassemblement pacifique en défense de l'Etat de droit démocratique".

Or il est justement visĂ© par une enquĂȘte sur une supposĂ©e "tentative de coup d'Etat" pour conjurer sa dĂ©faire Ă©lectorale en 2022, face au prĂ©sident actuel de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.

Dans la foule, Wilson Aseka, qui a parcouru quelque 700 kilomĂštres depuis l'Etat voisin du Minas Gerais est certain que "Bolsonaro est une personne honnĂȘte, une victime de la persĂ©cution". L'homme de 63 ans, drapeau brĂ©silien autour du cou, estime qu'il est "important de le soutenir, car il reprĂ©sente Dieu, la patrie et la famille", le slogan de l'ancien prĂ©sident.

Le 8 février, Bolsonaro s'est vu interdire de quitter le territoire brésilien à l'issue d'une opération policiÚre de grande ampleur qui a visé plusieurs anciens proches collaborateurs, dont des ex-ministres et des militaires haut gradés, avec des dizaines de perquisitions et des arrestations.

Jair Bolsonaro, qui se dit victime de "persĂ©cution", a gardĂ© le silence jeudi face aux enquĂȘteurs de la Police fĂ©dĂ©rale qui l'avaient convoquĂ© dans le cadre de cette affaire. Il a suivi le conseil de ses avocats, qui disent ne pas avoir eu accĂšs Ă  certaines piĂšces du dossier.

Mais l'ancien capitaine de l'armée a affirmé haut et fort qu'il comptait "se défendre des accusations" dont il fait l'objet lors de la manifestation à Sao Paulo.

Il est Ă©galement visĂ© par d'autres enquĂȘtes, notamment pour des soupçons de falsification de certificats de vaccination contre le Covid-19 ou le dĂ©tournement prĂ©sumĂ© de cadeaux reçus de pays Ă©trangers, dont des bijoux offerts par l'Arabie saoudite.

- Pasteur et parlementaires -

Malgré ces scandales, Jair Bolsonaro est toujours considéré comme le leader de l'opposition, et reste adulé par ses partisans.

MĂȘme s'il a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ© inĂ©ligible jusqu'en 2030 l'an dernier pour dĂ©sinformation, l'ex-prĂ©sident compte jouer de son influence pour faire Ă©lire des alliĂ©s lors du scrutin municipal d'octobre, dans un pays encore trĂšs polarisĂ©.

Sur l'avenue Paulista, au delà de l'affluence de ses partisans, la présence de personnalités politiques de l'opposition devrait permettre de jauger l'ampleur de ses soutiens.

"S'il y a une grande adhésion, il pourra dire que le peuple est avec lui. Dans le cas contraire, il perdra toute légitimité", estime André Rosa, politologue de l'Université de Brasilia (UDF).

"Le 25, j'y vais, pour le Brésil. Ce sera gigantesque!" a publié sur X (ex-Twitter) la députée Bia Kicis, du Parti Libéral de Bolsonaro.

La manifestation est organisée entre autres par le pasteur Silas Malafaia, trÚs influent parmi les millions de Brésiliens évangéliques, une des bases de l'électoral bolsonariste.

- "En jaune et vert" -

Jair Bolsonaro a demandé à ses partisans de venir "en jaune et vert", mais "sans apporter de pancartes ni banderoles contre quiconque".

Durant son mandat, de nombreuses manifestations de soutien Ă©taient marquĂ©es par des slogans contre les institutions brĂ©siliennes, notamment la Cour suprĂȘme.

C'est un juge de cette haute cour, Alexandre de Moraes, qui a autorisĂ© l'opĂ©ration policiĂšre dans le cadre de l'enquĂȘte sur la "tentative de coup d'Etat".

Le 8 janvier 2023, une semaine aprĂšs l'investiture de Lula, des milliers de ses partisans avaient saccagĂ© les lieux de pouvoir Ă  Brasilia, dont la Cour suprĂȘme.

Des drapeaux israéliens flottent également sur l'avenue Paulista, en signe de désaccord avec les propos de Lula qui a comparé dimanche dernier l'offensive israélienne à Gaza à la Shoah, provoquant une crise diplomatique avec Israël.

 AFP

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