Royaume-Uni

Brexit : des Britanniques se mobilisent contre le "coup d'Etat" de Boris Johnson

  • PubliĂ© le 31 aoĂ»t 2019 Ă  17:44
  • ActualisĂ© le 31 aoĂ»t 2019 Ă  19:18
Manifestation anti-Brexit devant le Parlement britannique, le 29 août 2019

Plusieurs milliers de personnes ont pris part samedi à des dizaines de manifestations pour dénoncer le "coup d'Etat" du Premier ministre Boris Johnson, aprÚs sa décision de suspendre le Parlement dans la derniÚre ligne droite avant le Brexit.

Des manifestants se sont rassemblĂ©s Ă  Manchester (nord-ouest de l'Angleterre), mais aussi Ă  Edimbourg (Ecosse) et Ă  Belfast (Irlande du Nord) sous le mot d'ordre "ArrĂȘtez le coup d'Etat", Ă  l'appel d'une organisation opposĂ©e au Brexit lancĂ© dans une trentaine de villes.

Le plus gros rassemblement a dĂ©marrĂ© Ă  la mi-journĂ©e Ă  Londres, la capitale britannique, devant la rĂ©sidence du Premier ministre au 10, Downing Street, oĂč une foule compacte scandait "Boris Johnson, honte Ă  toi!" tout en arborant des drapeaux europĂ©ens.

Sur les pancartes s'affichaient des slogans comme "Les démocrates ne bùillonnent pas la démocratie" ou "Réveille-toi, Royaume-Uni! Ou bienvenue dans l'Allemagne de 1933".
"Ce qu'il advient du Brexit ne doit pas dépendre d'une décision de Boris Johnson. Il a privé le Parlement du pouvoir de décision, ce qui n'est pas démocratique", a dénoncé Bernard Hurley, un anti-Brexit de 71 ans interrogé par l'AFP.

Le rassemblement a été quelque peu perturbé quand une dizaine d'hommes au crùne rasé, drapé dans l'Union Jack, ont fendu la foule, sous escorte de la police, en criant: "Que voulons-nous? Le Brexit! Quand le voulons-nous? Maintenant!".

- Une décision "juste" -

Le mouvement Momentum, l'aile gauche du parti travailliste, la principale formation d'opposition, a aussi appelé à "occuper les ponts et bloquer les routes". Les organisateurs ont dit s'attendre à "des centaines de milliers" de participants. La police britannique n'a pas communiqué de chiffre.
Le conservateur Boris Johnson a annoncé mercredi la suspension du Parlement à partir de la deuxiÚme semaine de septembre et jusqu'au 14 octobre, deux semaines avant le Brexit le 31 octobre, suscitant une vague d'indignation au Royaume-Uni.

Le Premier ministre a le droit de le faire, et il le fait traditionnellement pendant la saison des congrÚs des partis politiques en septembre. Mais c'est le moment choisi et la durée de la suspension (cinq semaines) qui sont contestés par les adversaires d'un Brexit dur.

Le dirigeant est en effet soupçonnĂ© de vouloir empĂȘcher les dĂ©putĂ©s de bloquer un Brexit sans accord, qu'il souhaite mettre en oeuvre s'il ne trouve pas de compromis avec l'UE sur les conditions de la sortie britannique. Il s'en est dĂ©fendu, affirmant vouloir bĂ©nĂ©ficier de ce temps pour prĂ©parer puis prĂ©senter son programme de politique nationale aprĂšs son arrivĂ©e au pouvoir fin juillet.

Pour le ministre des Finances Sajid Javid, interrogé samedi sur la BBC, c'est une décision "juste" qui permet à l'exécutif de se concentrer "sur les priorités des gens". Il présentera mercredi ses priorités budgétaires.

- Semaine politique intense -

Ces rassemblements annoncent une semaine politique intense, oĂč la bataille contre la suspension du Parlement se dĂ©roulera aussi sur les fronts judiciaire et politique.
Le Parlement fait sa rentrĂ©e mardi pour une session qui s'annonce des plus houleuses. Les dĂ©putĂ©s essaieront de lĂ©gifĂ©rer pour empĂȘcher un "no deal" et une motion de censure est Ă©galement envisagĂ©e Ă  l'encontre du gouvernement, dont la majoritĂ© Ă  la Chambre des Communes ne tient qu'Ă  une voix.

Boris Johnson les a mis en garde vendredi contre toute tentative de bloquer le Brexit, estimant que cela "compromettrait gravement la confiance du peuple dans la politique".
Il avait toutefois aussi annoncé la veille une accélération des rencontres entre négociateurs britanniques et européens, qui se réuniront deux fois par semaine à Bruxelles en septembre pour tenter de trouver une solution à l'épineuse question de la frontiÚre entre les deux Irlande aprÚs le Brexit.

Mardi, une nouvelle manifestation est programmée à Londres tandis que la plus haute instance civile d'Ecosse examinera sur le fond une demande de députés pro-européens de contrer la suspension, aprÚs avoir refusé de le faire dans l'urgence vendredi.
L'ex-Premier ministre conservateur John Major s'est par ailleurs joint à une autre action en justice, intentée par la militante anti-Brexit Gina Miller. L'audience est prévue le 5 septembre à Londres.

AFP

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