Union européenne

Brexit: guérilla attendue au Parlement britannique

  • PubliĂ© le 21 octobre 2019 Ă  12:51
  • ActualisĂ© le 21 octobre 2019 Ă  13:31
Le Premier ministre britannique Boris Johnson s'exprime à la Chambre des communes durant un débat sur le Brexit, à Londres le 19 octobre 2019.

Le gouvernement britannique va tenter lundi d'obtenir le soutien du Parlement sur l'accord de Brexit conclu avec l'Union européenne, aprÚs un premier échec, et de faire en sorte que le pays quitte l'UE fin octobre, l'opposition comptant bien faire dérailler ses plans.

Londres a dĂ©crochĂ© un nouvel accord de divorce avec l'UE la semaine derniĂšre mais a Ă©chouĂ© Ă  obtenir le soutien du Parlement britannique samedi. Le Premier ministre Boris Johnson a du coup Ă©tĂ© contraint de demander un report de la date de sortie de l'UE, une requĂȘte en cours d'examen Ă  Bruxelles.

Mais le dirigeant conservateur, farouchement opposé à tout nouveau report du Brexit, initialement prévu le 29 mars et déjà repoussé deux fois, a accompagné cette demande d'une lettre expliquant pourquoi il ne veut pas de nouveau délai.

Lundi aprĂšs-midi, il va essayer de nouveau d'obtenir le soutien du Parlement Ă  son accord de Brexit, si le prĂ©sident de la Chambre des Communes, John Bercow, l'y autorise. Ce dernier, accusĂ© par certains conservateurs d'ĂȘtre anti-Brexit, pourrait bien en effet refuser la tenue de ce vote, au motif que le gouvernement a dĂ©jĂ  tentĂ© samedi de rallier les parlementaires sur ce texte - et Ă©chouĂ©.

Plus de trois ans aprĂšs le rĂ©fĂ©rendum de 2016 qui a vu 52% des Britanniques soutenir le camp du "Leave", l'opinion et les parlementaires restent trĂšs divisĂ©s, mĂȘme au sein du Parti conservateur de Boris Johnson. Le gouvernement estime cependant avoir une majoritĂ© pour soutenir son accord.

Il essaiera aussi de faire passer au Parlement le plus rapidement possible les textes de loi nécessaires à l'entrée en vigueur de l'accord, Londres étant déterminé à un départ le 31 octobre, quitte à faire siéger les parlementaires le soir ou le week-end. Mais l'opposition compte bien lui mettre des bùtons dans les roues, en votant des amendements.

- "Anéantir le Brexit" -

Keir Starmer, chargĂ© du Brexit au sein du Labour, a dĂ©clarĂ© dimanche Ă  la BBC que l'accord de Brexit devait ĂȘtre soumis au vote des Britanniques lors d'un rĂ©fĂ©rendum, un scrutin en faveur duquel des centaines de milliers de personnes ont manifestĂ© Ă  Londres samedi.
Le Labour va aussi pousser en faveur d'un amendement contraignant Londres à demander à l'UE de rester dans une union douaniÚre, un amendement qui "nous ramÚnerait à la case départ", a mis en garde la ministre du Commerce Liz Truss dans les colonnes du Daily Telegraph. Cette option avait en effet été examinée puis rejetée par le Parlement il y a quelques mois.

Le quotidien conservateur faisait sa Une lundi sur la "guĂ©rilla" parlementaire attendue, tandis que le tabloĂŻd The Daily Mail Ă©voquait la "furie face au complot travailliste pour ruiner le Brexit". Ces Ă©ventuels amendements ont le pouvoir d' "anĂ©antir" l'accord de Brexit, a dit au Times un ministre. "Si nous ne partons pas (de l'UE) ce sera parce que le Parlement a empĂȘchĂ© le gouvernement de faire ce Ă  quoi il s'Ă©tait engagĂ©", a dĂ©clarĂ© ce ministre, estimant que la seule façon de sortir de l'impasse Ă©tait d'organiser des Ă©lections anticipĂ©es afin de redonner une majoritĂ© au chef du gouvernement.

"Nous n'essayons pas de l'anĂ©antir, nous essayons de prĂ©server l'Ă©conomie britannique, l'emploi et les services publics", a rĂ©torquĂ© une figure du Labour, Jonathan Ashworth, lundi sur la BBC. "La maniĂšre responsable de quitter l'Union europĂ©enne rĂ©side dans un accord d'union douaniĂšre et cela devrait ĂȘtre prĂ©sentĂ© au peuple britannique pour qu'il ait son mot Ă  dire".

L'accord de retrait rĂšgle les conditions du divorce aprĂšs 46 ans de vie commune, permettant une sortie en douceur assortie d'une pĂ©riode de transition courant au moins jusqu'Ă  fin 2020. Outre l'approbation du Parlement britannique, il doit aussi ĂȘtre adoptĂ© par le Parlement europĂ©en.

AFP

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