Grande-Bretagne

Brexit: nouvelle épreuve de force pour Boris Johnson au Parlement britannique

  • PubliĂ© le 4 septembre 2019 Ă  06:02
  • ActualisĂ© le 4 septembre 2019 Ă  06:57
Le Premier ministre britannique Boris Johnson quitte le Parlement, le 3 septembre 2019 Ă  Londres

Un nouveau bras de fer est attendu mercredi au Parlement britannique entre Boris Johnson et les dĂ©putĂ©s qui veulent empĂȘcher un Brexit sans accord, Ă©preuve de force qui pourrait dĂ©boucher sur des Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es.

Mardi, le chef du gouvernement conservateur a essuyé un cinglant revers à la Chambre des communes, désavoué par une majorité de députés qui ont approuvé une motion leur permettant de prendre le contrÎle de l'agenda parlementaire, normalement détenu par le gouvernement.

GrĂące Ă  cette motion, les opposants Ă  Boris Johnson pourront prĂ©senter mercredi un texte de loi contraignant le Premier ministre Ă  demander Ă  l'Union europĂ©enne un nouveau report du Brexit au 31 janvier 2020 au cas oĂč aucun accord de retrait ne serait conclu avec Bruxelles dans les prochaines semaines. La Chambre des communes doit voter en dĂ©but de soirĂ©e.

L'humiliation est d'autant plus cuisante pour le Premier ministre que 21 députés de son propre Parti conservateur l'ont défié et ont voté avec les élus de l'opposition. Ces rebelles -- dont Nicholas Soames, le petit-fils de Winston Churchill, ou l'ex-ministre des Finances Philip Hammond --, ont été expulsés dans la foulée du parti.

- "Vote historique" -

"Le Premier ministre a perdu un vote historique", titrait mercredi matin le Times tandis que le Daily Express (pro-Brexit) déplorait que le Parlement ait "capitulé face à l'UE".
La plupart des éditorialistes soulignaient que Boris Johnson a "perdu le contrÎle". Mais ce dernier, déterminé à ce que le Royaume-Uni quitte l'Union européenne le 31 octobre -- avec ou sans accord de divorce, a préparé sa contre-attaque.

Si les dĂ©putĂ©s anti-"no deal" parviennent Ă  imposer un report du Brexit, son gouvernement soumettra alors au vote de la Chambre une motion pour convoquer des Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es. Ce texte devra recueillir deux tiers des voix pour ĂȘtre adoptĂ©. "Je ne veux pas d'une Ă©lection, mais si les dĂ©putĂ©s votent demain pour arrĂȘter les nĂ©gociations et appeler Ă  un autre report inutile du Brexit, qui pourrait durer des annĂ©es, dans ce cas (une Ă©lection) sera le seul moyen de rĂ©soudre" la situation, a d'ores et dĂ©jĂ  averti le Premier ministre.

Le gouvernement a dit souhaiter qu'un tel scrutin ait lieu à la mi-octobre, en tout cas avant le sommet européen prévu les 17 et 18 octobre à Bruxelles. Mais certains députés redoutent qu'il ne change la date au dernier moment et ne repousse l'élection aprÚs le 31 octobre, la date prévue du Brexit, obligeant ainsi à une sortie sans accord. La bataille féroce entre députés opposés à un retrait brutal de l'UE et le gouvernement se poursuit aussi devant les tribunaux.

La plus haute instance civile d'Ecosse doit se prononcer mercredi sur une action en justice intentée par 75 parlementaires pro-européens visant à bloquer la suspension du Parlement décidée par Boris Johnson.

Ce dernier s'est attiré les foudres de nombreux députés en suspendant pendant cinq semaines le Parlement, jusqu'au 14 octobre, leur laissant trÚs peu de temps pour s'opposer à un "Brexit dur" avant la date fatidique du 31 octobre.

Selon l'ONU, un "no deal" ferait perdre aux Britanniques 14,6 milliards d'euros d'exportations vers l'UE. Ce scénario est le cauchemar des milieux économiques, qui redoutent aussi une envolée de l'inflation, une chute de la livre voire une récession.

AFP

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