CAN 2025 : le Sénégal saisit le Tribunal arbitral du sport après avoir été déchu de son titre

  • Publié le 20 mars 2026 à 06:07
  • Actualisé le 20 mars 2026 à 08:24
Des supporters de l'équipe de football du Sénégal accueillent le 20 janvier 2026 le bus des joueurs de retour du Maroc, après leur victoire en finale de la CAN-2025 face au Maroc

Ce jeudi, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a annoncé avoir donné mandat à ses avocats de "saisir le Tribunal arbitral du sport" après avoir été déchue de son titre continental par la Confédération africaine, au profit du Maroc. "Le Sénégal est l'unique et véritable vainqueur de la Coupe d'Afrique des nations 2025, un titre acquis de droit sur le terrain", martèle l'instance.

La Fédération sénégalaise de football (FSF) a annoncé avoir donné mandat à ses avocats de "saisir le Tribunal arbitral du sport", plus haute juridiction sportive basée à Lausanne, après avoir été déchue de son titre continental par la Confédération africaine, au profit du Maroc.

Un jury d'appel de la CAF a décidé mardi soir de "déclarer l'équipe nationale du Sénégal forfait lors de la finale", pourtant remportée 1-0 (après prolongation) par les Lions de la Teranga, "le résultat étant homologué sur le score de 3-0" en faveur du pays hôte de l'épreuve. Dans une résolution de son comité exécutif, lue jeudi lors d'une conférence de presse tenue à Dakar, la FSF a annoncé avoir donné mandat à ses avocats de "saisir le TAS à Lausanne, juridiction neutre et indépendante".

- "Rétablir l'équité sportive" -

"La FSF usera de tous les moyens légaux, institutionnels et juridictionnels possibles pour faire valoir ses droits et rétablir l'équité sportive", indique cette résolution. Par ailleurs, la FSF "réaffirme sans équivoque que l'équipe nationale du Sénégal est l'unique et véritable vainqueur de la Coupe d'Afrique des nations 2025, un titre acquis de droit sur le terrain".

La décision de la CAF a suscité de vives réactions dans le pays ouest-africain deux mois après le retour triomphal de son équipe, qui avait été sacrée au terme d'une finale rocambolesque, émaillée d'incidents, le 18 janvier à Rabat. L'affaire a pris un tour diplomatique, quand le gouvernement sénégalais a réclamé mercredi l'ouverture d'une enquête internationale "pour soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF", où l'influence marocaine est souvent montrée du doigt.

Le président de la Confédération africaine de football, Patrice Motsepe, s'est défendu dans la foulée en assurant qu'aucun pays d'Afrique n'était traité de manière "préférentielle", louant "l'indépendance" de ses instances disciplinaires. Dans une publication sur les réseaux sociaux, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, s'est lui affiché à son bureau, devant la coupe de la CAN et signifiant son "indignation" face à la décision de la CAF.

Le 18 janvier, plusieurs joueurs sénégalais avaient quitté temporairement la pelouse lors de la finale pour contester une décision de l'arbitre qui, après avoir refusé un but au Sénégal, avait accordé un penalty au Maroc dans le temps additionnel de la seconde période.

Au bout de 15 minutes de confusion et dans un chaos qui avait gagné les tribunes - avec des supporters sénégalais lançant des projectiles et tentant d'envahir le terrain -, les joueurs sénégalais partis étaient finalement revenus sur le terrain et l'ailier marocain Brahim Diaz avait totalement manqué son penalty. Durant la prolongation, c'est le Sénégal qui s'était imposé grâce à un but de Pape Gueye.

Fin janvier, le jury disciplinaire de la Confédération africaine de football (CAF), sans alors remettre en cause le résultat final, avait infligé une série de sanctions disciplinaires, dont des amendes s'élevant à plusieurs centaines de milliers d'euros, aux fédérations des deux pays, pour comportements antisportifs.

AFP

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