Relations internationales

Canada et Chine au menu jeudi de la politique commerciale de Trump

  • PubliĂ© le 6 septembre 2018 Ă  10:31
  • ActualisĂ© le 6 septembre 2018 Ă  11:36
Le président américain Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, le 5 septembre 2018

L'administration Trump va poursuivre jeudi ses tractations avec le Canada pour tenter de trouver un compromis sur l?accord de libre-échange nord-américain (Aléna), mais elle pourrait parallÚlement décider de lancer une nouvelle offensive contre la Chine.

La ministre canadienne des Affaires Ă©trangĂšres Chrystia Freeland a fait Ă©tat mercredi soir de "progrĂšs" dans les discussions Ă  Washington, dans un climat apaisĂ© malgrĂ© les invectives rĂ©centes du prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump. "Nous avons eu un nouvel entretien productif et substantiel avec l'ambassadeur (Robert) Lighthizer et son Ă©quipe. L'atmosphĂšre continue d'ĂȘtre cordiale", a-t-elle dĂ©clarĂ© Ă  l'issue d'une sĂ©rie de rĂ©unions non loin de la Maison Blanche.

Evoquant "la bonne volontĂ© et la bonne foi" des nĂ©gociateurs canadiens et amĂ©ricains, elle a mĂȘme estimĂ© qu'un accord "bon pour le Canada, bon pour les Etats-Unis et bon pour le Mexique Ă©tait tout Ă  fait possible". Les fonctionnaires des deux pays, qui ont poursuivi dans la soirĂ©e leurs nĂ©gociations, devaient faire Ă©tat sĂ©parĂ©ment de l'avancĂ©e des discussions jeudi matin avant de nouvelles rĂ©unions entre Chrystia Freeland et Robert Lighthizer.

La modernisation de l'Aléna, qui lie Washington à Ottawa et Mexico depuis 1994, a été imposée par le président américain qui le juge responsable de la destruction de milliers d'emplois aux Etats-Unis. Si Washington a annoncé la semaine derniÚre un compromis avec le Mexique, dont le texte a été soumis au CongrÚs vendredi, l'administration Trump n'est pas encore parvenue à s'entendre avec le gouvernement de Justin Trudeau.

- Différends -

La principale pomme de discorde concerne le mécanisme de rÚglement des litiges (chapitre 19) du texte initial de l'Aléna, qui prévoit, en cas de différend, la constitution de panels supranationaux, indépendants de la justice américaine. "Nous avons besoin de conserver le chapitre 19 sur le rÚglement des litiges car il garantit le respect des rÚgles", a insisté mercredi le Premier ministre canadien. "Ce que je veux dire, c'est que nous avons un président qui ne suit pas toujours les rÚgles telles qu'elles sont établies", a affirmé le dirigeant libéral, notant que le Canada "n'acceptera pas un mauvais accord, juste parce que c'est ce que veut le président" Trump.

"Nous allons voir ce qui va se passer demain ou au cours des deux prochains jours. Je pense qu'ils vont nous traiter de maniÚre juste", a déclaré de son cÎté le président américain, en référence à des régimes d'exception canadiens qu'il souhaite voir supprimés. Ottawa bénéficie d'un mécanisme de protection de son secteur laitier, actuellement en grande partie exclu de l'Aléna. Selon un systÚme dit de "gestion de l'offre", la production et le prix du lait, des oeufs et de la volaille canadiens sont contrÎlés et assurent aux fermiers canadiens des revenus stables et prévisibles.

Les Etats-Unis, dont la production de lait est excédentaire, souhaitent un plus grand accÚs à ce marché. Ottawa et Washington doivent aussi trouver un compromis pour le secteur culturel canadien aujourd'hui trÚs subventionné. Le locataire de la Maison Blanche ne cesse d'accuser son partenaire commercial canadien de ne pas ouvrir suffisamment son marché. Une critique qu'il adresse aussi constamment à ses autres partenaires commerciaux, dont la Chine.

- Nouvelles taxes? -

Pour punir Pékin qu'il accuse de pratiques commerciales "déloyales" et de "vol de propriété intellectuelle", Washington impose depuis mars des taxes douaniÚres de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium. Il a en outre infligé des tarifs douaniers supplémentaires de 25% sur 50 milliards de dollars de marchandises chinoises cet été.

Le géant asiatique a rétorqué à l'identique. Mais l'administration américaine a déjà prévenu qu'une nouvelle vague de taxes de 25% portant sur 200 milliards de dollars d'importations chinoises pourrait intervenir en septembre.

Selon l'agence Bloomberg, qui se base sur plusieurs sources proches du dossier, Donald Trump pourrait le faire Ă  l'issue de la pĂ©riode de consultations publiques, Ă  savoir ce jeudi Ă  minuit (04H00 GMT). Le prĂ©sident rĂ©publicain exige de PĂ©kin qu'il rĂ©duise son excĂ©dent commercial avec les Etats-Unis (plus de 375 milliards de dollars en 2017). Il a mĂȘme menacĂ© de cibler la totalitĂ© des quelque 505 milliards de dollars de marchandises que les Etats-Unis importent de Chine.

Washington se sent en position de force alors que la deuxiÚme puissance mondiale n'a importé que 129,89 milliards de marchandises américaines en 2017. "Nous avons beaucoup plus de munitions qu'eux. Ils le savent", a maintes fois argué le ministre américain du Commerce, Wilbur Ross.

AFP

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