Pour défendre le référendum d'autodétermination

Catalogne - Les étudiants dans la rue

  • PubliĂ© le 28 septembre 2017 Ă  19:30
  • ActualisĂ© le 28 septembre 2017 Ă  22:05
Des étudiants manifestent pour défendre le référendum d'autodétermination, le 28 septembre 2017 à Barcelone

Au moins dix mille lycéens et étudiants en grÚve ont manifesté jeudi dans le centre de Barcelone pour défendre le référendum d'autodétermination que les dirigeants séparatistes de la Catalogne veulent organiser dimanche, en dépit de son interdiction.


Les jeunes se sont donné rendez-vous devant l'Université de Barcelone, un bùtiment historique du centre de la ville de Gaudi, alors que la tension s'exacerbe entre Madrid et les autorités régionales à trois jours du scrutin.
"Nous voterons! Indépendance", ont scandé les manifestants à la mi-journée.
L'Espagne, historiquement exposée à l'indépendantisme d'une partie de la société au Pays basque (nord), vit depuis le début du mois de septembre sa pire crise politique depuis presque 40 ans, selon l'avis de tous ses dirigeants.
Le 6 septembre, le Parlement catalan a adopté une loi pour organiser ce référendum malgré son interdiction par la Cour constitutionnelle, arguant du fait que les indépendantistes le réclament depuis 2012.
Le gouvernement régional catalan dirigé par Carles Puigdemont va de l'avant, malgré les nombreux avertissements des autorités.
Depuis des semaines, il joue au chat et Ă  la souris avec les autoritĂ©s pour cacher les urnes, les bulletins ou encore ouvrir des sites internet oĂč les Ă©lecteurs peuvent consulter l'adresse de leur bureau de vote.


- "Nous voterons" -


Les autorités ont de leur cÎté multiplié les perquisitions et les menaces de sanctions.
Les dirigeants catalans "insultent l'Etat de droit", s'est plaint jeudi Inés Arrimadas, la dirigeante de Ciutadans, principal parti d'opposition aux indépendantistes dans la région.
MĂȘme si elle divisĂ©e sur l'indĂ©pendance, une majoritĂ© d'habitants de Catalogne souhaite un rĂ©fĂ©rendum lĂ©gal. A l'instar du dĂ©fenseur du FC Barcelone Gerard PiquĂ©, qui a appelĂ© Ă  s'exprimer "pacifiquement". "Ne leur donnons aucune excuse. C'est ce qu'ils veulent. Et chantons haut et fort. Nous voterons", a tweetĂ© le footballeur.
Mais le gouvernement du conservateur Mariano Rajoy et la justice sont décidés à l'interdire, quitte à faire bloquer l'accÚs aux bureaux de vote par les forces de l'ordre déployées massivement dans la région, avec plus de 10.000 policiers et gardes civils en renfort.
DĂ©nonçant "la trĂšs grave irresponsabilitĂ© de Carles Puigdemont", le ministre de la Justice Rafael Catala, a une fois de plus demandĂ© aux sĂ©paratistes "d'arrĂȘter ce processus".
"Il n'y aura pas de référendum dimanche", a également déclaré le porte-parole du gouvernement conservateur Iñigo Méndez de Vigo.
Une réunion surréaliste de "coordination en termes de sécurité" s'est tenue jeudi à la mi-journée entre des représentants des gouvernements central et régional, et conclue sur un dialogue de sourds.
Le secrĂ©taire d'Etat Ă  la sĂ©curitĂ©, JosĂ© Antonio Nieto, qui y participait, a expliquĂ© ensuite Ă  la presse qu'il avait rĂ©itĂ©rĂ© que le scrutin ne pouvait se tenir et espĂ©rĂ© "que la cohabitation (entre Catalans) ne soit pas altĂ©rĂ©e, de mĂȘme que l'Etat de droit".


- "Majorité silencieuse" -


"Tout le monde a souhaité une cohabitation pacifique", a-t-il ajouté.
Sur ce point, Joaquin Forn, chargé des affaires intérieures au sein de l'exécutif catalan, a abondé. "Ce qui compte le plus, c'est que le vivre-ensemble soit préservé", a-t-il dit.
"Mais il est Ă©vident que nous n'arrĂȘterons pas la convocation du rĂ©fĂ©rendum", a-t-il expliquĂ© en ajoutant que les dirigeants de la police rĂ©gionale, tenue de respecter les ordres de la hiĂ©rarchie, "se casseraient la tĂȘte pour trouver une solution".
"La majorité des jeunes est indépendantiste, et si elle ne l'est pas, elle l'est devenue aprÚs avoir vu ce qu'a fait l'Espagne ces derniÚres semaines", déclarait de son cÎté une jeune manifestante, Aina Gonzalez, 16 ans, en évoquant les perquisitions et arrestations des derniÚres semaines.
Dans le camp des opposants au référendum, la Société civile catalane, a de sont cÎté appelé au "bon sens teinté de sagesse" trÚs catalan, le "Seny".
Son vice-président Alex Ramos a annoncé que la "majorité silencieuse" des Catalans qui refusent ce scrutin ne manifestera pas, pour éviter d'accroßtre la tension.
Reporters sans frontiÚres a dénoncé de son cÎté les pressions sur les journalistes dans les deux camps.
Et la Banque d'Espagne a estimé que les tensions en Catalogne, qui représente prÚs de 20% du PIB espagnol, pouvaient faire peser des "risques" pour la croissance.

Par Anne-Laure MONDESERT - © 2017 AFP

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