Mardi prochain, plus de 12 millions d'élÚves feront leur rentrée dans des conditions peu ordinaires: avec un masque dans le second degré, et sous la menace de nouveaux durcissements des rÚgles sanitaires si la situation épidémique se dégrade.
+ Une rentrée pour tous le 1er septembre
"L'éducation n'est pas une variable d'ajustement, ni de nos sociétés ni d'une crise sanitaire", a déclaré le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer la semaine derniÚre, rejetant un report de la rentrée réclamé par certains syndicats enseignants, inquiets de la résurgence de l'épidémie.
Tous les élÚves feront donc leur rentrée mardi, aprÚs celle des profs lundi. Certains d'entre eux, notamment au lycée, ne sont revenus en cours que quelques jours en juin depuis la fermeture des écoles le 16 mars dernier.
Ce retour Ă l'Ă©cole sera "obligatoire", sauf rares exceptions qui devront ĂȘtre justifiĂ©es par un mĂ©decin. Les cantines seront Ă©galement rouvertes.
+ Masques obligatoires au collÚge et au lycée
Pour les élÚves de 11 ans, le port du masque sera systématique, "pas seulement quand il n'y a pas de distance physique". Ce durcissement des rÚgles, annoncé la semaine derniÚre, a quelque peu rassuré parents et personnels inquiets par cette rentrée incertaine.
En extĂ©rieur et Ă la cantine, le ministĂšre s'en remet aux Ă©tablissements pour adapter leur propre rĂšglement. Les professeurs seront Ă©galement tenus de porter un masque, mĂȘme si le ministre a estimĂ© que cette obligation pourrait ĂȘtre levĂ©e lorsqu'il y a une distance de 2 mĂštres avec les Ă©lĂšves pendant les cours. En maternelle, il sera seulement "recommandĂ©" pour les enseignants.
En primaire, le port du masque pour les enfants ne s'impose pas, a souligné M. Blanquer, s'appuyant sur des "avis scientifiques". Il n'a cependant pas exclu de l'étendre à l'avenir aux élÚves de CM1 et CM2.
+ Une "fourniture comme une autre"
Les personnels de l'Ă©ducation nationale seront fournis en masques par le ministĂšre. CollĂ©giens et lycĂ©ens devront, eux, se munir des leurs. Au mĂȘme titre que la trousse, il s'agit dĂ©sormais d'une "fourniture comme une autre", a dit le ministre.
De nombreuses voix se sont élevées ces derniers jours pour demander leur gratuité. L'exécutif, malgré les appels pressants des oppositions, a confirmé mardi la décision de ne pas fournir de masques gratuits aux élÚves, sauf pour les plus précaires.
Plusieurs collectivités ont promis qu'elles en distribueraient à tous les élÚves concernés.
+ Gestes barriĂšres mais brassage possible
Publié fin juillet, avant une nouvelle poussée de l'épidémie, le protocole sanitaire qui régit la rentrée met l'accent sur le respect des gestes barriÚres mais allÚge les rÚgles de distanciation sociale. Celle-ci n'est plus obligatoire lorsqu?elle n'est "pas matériellement possible" ou qu'elle "ne permet pas d'accueillir la totalité des élÚves".
De mĂȘme, la limitation du brassage entre classes et groupes d?Ă©lĂšves n'est plus obligatoire.
+ En cas de suspicions de Covid
Si un enfant ou un personnel est symptomatique, des tests seront rĂ©alisĂ©s. Ceci afin de "remonter la chaĂźne de contamination pour prendre des mesures d'isolement". Cela pourra conduire Ă la fermeture d'une classe, voire d'une Ă©cole, aprĂšs dĂ©cision prise avec les autoritĂ©s de santĂ©. "Notre objectif est d'ĂȘtre capable de rĂ©agir dans les 48 heures Ă chaque fois que des symptĂŽmes sont signalĂ©s", affirme le ministre.
Le ministĂšre compte sur les "capacitĂ©s d'adaptation" de chaque territoire. En cas d'activation de la circulation du virus dans une zone gĂ©ographique donnĂ©e, comme actuellement en Ile-de-France ou dans les Bouches-du-RhĂŽne, des mesures plus strictes pourraient ĂȘtre dĂ©cidĂ©es.
S'il faut mettre de nouveau en place un enseignement hybride, mi-prĂ©sentiel, mi-distanciel, comme aprĂšs le confinement, "nous y sommes prĂȘts", dit le ministre. Il n'a pas exclu des "Ă©volutions" dans les semaines suivant la rentrĂ©e.
 AFP




