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Ce qu'il voulait, ce qu'il a obtenu: les points de l'accord de Cameron avec l'UE

  • PubliĂ© le 20 fĂ©vrier 2016 Ă  05:05
Le Premier ministre britannique David Cameron au sommet de l'UE à Bruxelles, le 19 février 2016

Les 28 dirigeants de l'UE se sont accordé vendredi sur un compromis "renouvelant le pacte" du Royaume-Uni avec l'Europe.

Un accord que le Premier ministre David Cameron juge suffisant pour recommander le maintien de son pays dans l'Union européenne lors d'un prochain référendum.
Voici les principaux points résumant les revendications de M. Cameron, telles que présentées dans une lettre datant de novembre 2015 au président du Conseil européen Donald Tusk, et ce qu'il a obtenu dans une série de compromis souvent tournés dans un langage diplomatique ambigu.
- Immigration -
Sous l'immense pression de ses concitoyens et du parti conservateur contre la hausse de l'immigration, M. Cameron voulait un moratoire de quatre ans pour les ressortissants de l'UE au Royaume-Uni candidats aux aides et logements sociaux. Il souhaitait Ă©galement empĂȘcher ces migrants de bĂ©nĂ©ficier des allocations familiales en faveur de leurs enfants restĂ©s Ă  l'Ă©tranger.
Face Ă  l'opposition des pays d'Europe de l'est, Cameron a obtenu une clause de sauvegarde de sept ans sur certaines aides sociales pour les nouveaux migrants, qui permet de limiter les versements selon une Ă©chelle graduelle. Un systĂšme sera Ă©galement mis en place pour indexer les allocations familiales au niveau de vie du pays oĂč vivent les enfants. Cela s'applique aux nouveaux demandeurs mais peut ĂȘtre Ă©tendu aux bĂ©nĂ©ficiaires actuels Ă  partir de 2020.
- Souveraineté -
M. Cameron, pour répondre à ceux qui s'inquiÚtent du joug de Bruxelles sur les institutions britanniques, réclamait de pouvoir échapper à l'engagement vers une "Union toujours plus étroite", l'un des piliers de la construction européenne, de façon "légalement contraignante et irréversible". ConcrÚtement, il appelait à un systÚme de "carton rouge" qui permettrait à un groupement de parlements nationaux d'opposer un veto à toute législation européenne.
M. Cameron s'est assurĂ© d'une exemption pour le Royaume-Uni sur "l'Union toujours plus Ă©troite", qui doit ĂȘtre inscrite dans les traitĂ©s si l'opportunitĂ© de leur remaniement se prĂ©sentait. Le "carton rouge" est prĂ©sent sous condition d'une alliance de 55% des votes allouĂ©s aux parlements nationaux, ce qui le rend compliquĂ© en pratique. Sur le principe de subsidiaritĂ©, Cameron a indiquĂ© qu'il prĂ©voyait de prendre de nouvelles mesures pour protĂ©ger la souverainetĂ© britannique.
- Gouvernance économique -
M. Cameron ne voulait pas voir le statut du Royaume-Uni handicapĂ© par le fait que le pays n'utilise pas l'euro. C'est un domaine particuliĂšrement sensible pour le pays, dont la capitale est l'un des principaux centres financiers au monde. Il demandait une sĂ©rie de "principes lĂ©galement contraignants", comme la reconnaissance que l'UE possĂšde plusieurs monnaies, que les pays non membres de la zone euro ne doivent pas ĂȘtre victimes de discrimination et que les contribuables britanniques ne doivent pas payer pour les crises de la zone euro.
M. Cameron revendique avoir obtenu des protections pour la City contre toute discrimination des pays utilisant la monnaie unique, estimant que l'UE reconnaissait "pour la premiÚre fois" qu'elle avait plusieurs monnaies. Mais le vocabulaire du texte reste vague: les institutions de l'Union "faciliteront la coexistence entre plusieurs perspectives". Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a insisté que l'accord n'accordait aucun veto à Londres en matiÚre de décision.
- Compétitivité -
Moins de charges administratives, libre-circulation du capital, des biens et des services: telles étaient les demande de Cameron dans ce domaine.
Cette partie n'a jamais été vraiment problématique, la compétitivité étant une priorité de la Commission Juncker. Le bloc s'est accordé pour "améliorer la compétitivité" et prendre "des mesures concrÚtes" pour avancer.

Par Brigitte DUSSEAU - © 2016 AFP
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