Ceuta : la situation des mineurs est "intenable", alerte le prĂ©sident de l'enclave espagnole

  • PubliĂ© le 5 aoĂ»t 2026 Ă  17:43
  • ActualisĂ© le 5 aoĂ»t 2026 Ă  17:55
Des migrants arrivent dans l'enclave espagnole de Ceuta, le 31 juillet 2026, aprĂšs l'avoir rejointe Ă  la nage

La situation des mineurs qui sont restĂ©s Ă  Ceuta dans la foulĂ©e de l'entrĂ©e illĂ©gale de plus de 70.000 migrants la semaine derniĂšre est "intenable", a alertĂ© mercredi le dirigeant de l'enclave espagnole situĂ©e sur la cĂŽte nord-africaine, Juan JesĂșs Vivas, demandant de l'aide au reste de l'Espagne.

"Le taux d'occupation des centres d'accueil pour mineurs de Ceuta est de 2.600% au-dessus de sa capacité critique", a déclaré M. Vivas lors d'une interview à la télévision publique espagnole, estimant à environ 1.100 le nombre de mineurs présents dans la ville autonome, dans des conditions trÚs précaires.

"La situation est absolument intenable", a mis en garde ce membre du Parti populaire (PP, droite), la principale formation d'opposition au gouvernement de gauche de Pedro SĂĄnchez.

Des groupes de jeunes migrants continuaient à errer dans les rues de Ceuta mercredi, se rassemblant dans les parcs et sur les plages tandis que les autorités s'efforçaient de les identifier et de les prendre en charge, a constaté un journaliste de l'AFP.

Ceuta "ne dispose d'aucun espace supplémentaire" pour prendre en charge ces mineurs, "une priorité", a averti de son cÎté le préfet de la ville, Miguel Ángel Pérez Triano.

Selon lui, la police espagnole a déjà procédé à l'enregistrement de 528 enfants, redirigés ensuite vers des centres d'accueil.

L'ONG Save the Children avait alerté dÚs lundi sur la saturation de ces centres, rappelant que "le systÚme de protection de la ville prend actuellement en charge environ un millier d'enfants, un chiffre bien supérieur à sa capacité d'accueil, qui ne compte qu'une centaine de places".

Juan JesĂșs Vivas a, lui, demandĂ© l'aide du reste de l'Espagne pour faire face Ă  la situation des mineurs:

"Nous appelons au secours", a-t-il lancé.

ConformĂ©ment Ă  la lĂ©gislation espagnole, le reste des rĂ©gions doit contribuer Ă  l'accueil de mineurs venant de zones en situation de tension. Mais cette loi se heurte dans les faits Ă  la rĂ©ticence dans plusieurs rĂ©gions du PP et de Vox (extrĂȘme droite).

Le PP et les gouvernements rĂ©gionaux qu'il dirige "doivent respecter la loi au mĂȘme titre que les autres", a rappelĂ© Ă  la tĂ©lĂ©vision le premier vice-prĂ©sident du gouvernement espagnol, Carlos Cuerpo.

De son cĂŽtĂ©, Juan JesĂșs Vivas a affirmĂ© avoir contactĂ© le 27 juillet les services de Pedro Sanchez pour "avertir" que des centaines de migrants Ă©taient entrĂ©s Ă  Ceuta et que "nous allions au-devant de graves problĂšmes".

L'exécutif maintient pour sa part n'avoir reçu aucun avertissement des autorités locales, ni du Maroc, sur l'ampleur de la crise à venir.

Environ 72.000 personnes sont entrées en force la semaine derniÚre à Ceuta, la grande majorité à la nage ou à pied, lors d'une crise migratoire inédite. Parmi elles, environ 70.000 sont déjà retournés au Maroc voisin, selon les derniers chiffres du ministÚre espagnol de l'Intérieur.

Au moins 79 migrants sont morts, principalement par noyade, selon un dernier bilan de la préfecture de Ceuta. Sur le versant marocain de la frontiÚre, les autorités à Rabat ont indiqué que 11 personnes avaient perdu la vie, s'ajoutant au bilan des autorités espagnoles.

AFP

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