Birmanie

Cinq dates-clés de la crise des Rohingyas

  • PubliĂ© le 19 septembre 2017 Ă  15:39
  • ActualisĂ© le 19 septembre 2017 Ă  16:02
Aung San Suu Kyi fait un discours Ă  la Nation Ă  Naypyidaw le 19 septembre 2017

Les dates-clés de la crise humanitaire des Rohingyas, dont plus de 410.000 ont trouvé refuge au Bangladesh pour fuir les violences dans l'ouest de la Birmanie bouddhiste, qui a amené Aung San Suu Kyi à prononcer mardi un discours solennel sur le dossier.


- 25 août: attaques de la rébellion rohingya -

Le 25 août, au petit matin, des partisans de la jeune rébellion rohingya, l'Armée du Salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA), lancent une trentaine d'attaques contre des postes de police dans l'Etat Rakhine. Au moins douze policiers sont tués. La réponse de l'armée birmane est immédiate. Des villages rohingyas sont ciblés par des raids présentés comme des opérations antiterroristes. Mais des témoins ont fait état de tirs d'obus et de mitrailleuses sur des civils fuyant vers le Bangladesh.
L'armée dit avoir tué 400 rebelles. Ses détracteurs soutiennent que la majorité des victimes sont des civils. L'ONU a fait état d'un bilan d'au moins 1.000 tués.

- 5 septembre: marée de réfugiés au Bangladesh -

Onze jours aprÚs les attaques, plus de 120.000 réfugiés rohingyas ont passé la frontiÚre du Bangladesh, pris de court par cet afflux. Au moins 300.000 Rohingyas se trouvaient déjà dans ce pays, l'un des plus pauvres de la planÚte, legs des vagues de violences précédentes.
AprĂšs avoir pour certains marchĂ© plus d'une semaine Ă  travers collines et forĂȘts, sous la pluie et dans la boue, les nouveaux arrivants dĂ©couvrent des camps de rĂ©fugiĂ©s dĂ©jĂ  surpeuplĂ©s.

Selon les autorités birmanes, 10.000 hindous et bouddhistes avaient également été déplacés à cette date en Birmanie à cause des combats. Un chiffre monté par la suite monté à 30.000.

- 6 septembre: Suu Kyi dénonce un "iceberg de désinformation" -

Dans son premier commentaire officiel sur la crise au Rakhine, la dirigeante birmane avait dénoncé un "iceberg de désinformation" qui ne reflÚte pas selon elle la réalité du terrain. La prix Nobel de la paix est sous le feu des critiques à l'international pour sa position ambiguë sur le sort des Rohingyas, vus par la société birmane comme des étrangers posant une menace à l'identité nationale.

L'ex-dissidente, arrivée au pouvoir en avril 2016 aprÚs des élections historiques, doit maintenir un fragile équilibre avec la trÚs influente armée, toute puissante dans la zone de conflit et qui a régné sans partage sur la Birmanie pendant prÚs d'un demi-siÚcle.

- 11 septembre: l'ONU dénonce une "épuration ethnique" -

L'ONU hausse le ton contre l'armĂ©e birmane et les milices bouddhistes en qualifiant les exactions contre les Rohingyas d'"exemple classique d'Ă©puration ethnique". La communautĂ© internationale, des États-Unis Ă  l'Union europĂ©enne en passant par le Conseil de sĂ©curitĂ© de l'ONU, fait pression sur Naypyidaw pour que cessent les violences.
Dans un rapport, Amnesty International dénonce une "politique de la terre brûlée" visant la minorité musulmane. Se basant sur des images satellites, l'ONG estime que les attaques ont un "caractÚre planifié, délibéré et systématique". Les observateurs et médias internationaux n'ont pas accÚs à l'Etat Rakhine, verrouillé par les forces de sécurité.

- 16 septembre: 400.000 réfugiés rohingyas au Bangladesh -

Jour aprÚs jour, la situation se dégrade au Bangladesh. Le 16 septembre, la barre des 400.000 réfugiés rohingyas est franchie, ce qui en fait l'une des plus graves crises humanitaires de ce début de XXIe siÚcle en Asie. En trois semaines, le sud du pays, frontalier de la Birmanie, s'est transformé en un des plus grands camps de réfugiés du monde et les autorités locales et les ONG peinent à venir en aide aux nouveaux venus.

La communautĂ© internationale doit se prĂ©parer au "scĂ©nario du pire", a prĂ©venu responsable onusien, Ă  savoir le dĂ©placement de tous les Rohingyas vers le Bangladesh. Cette minoritĂ© musulmane est estimĂ©e Ă  environ 1 million en Birmanie, dont prĂšs de 800.000 dans la partie nord de l'État Rakhine, Ă©picentre des troubles.

AFP

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