La pandémie de coronavirus, qui a paralysé le sport mondial, vient d'avoir un effet inattendu: le Board, garant des lois du football, a autorisé vendredi le passage de trois à cinq remplacements par match pour ménager les joueurs, mesure provisoire applicable dÚs la reprise des compétitions.
Cet amendement Ă la Loi 3 du jeu, qui entre "immĂ©diatement en vigueur", s'appliquera aux compĂ©titions qui s'achĂšveront fin dĂ©cembre, sous rĂ©serve que les organisateurs l'adoptent. L'International Board (Ifab) et la Fifa "dĂ©termineront ultĂ©rieurement" si cette option peut ĂȘtre prolongĂ©e jusqu'Ă la fin 2021, et donc s'appliquer durant l'Euro, repoussĂ© de 2020 Ă 2021. De plus, un 6e remplacement sera possible durant la prolongation.
Ce passage Ă cinq remplacements devrait s'appliquer immĂ©diatement en Allemagne, oĂč la Bundesliga va reprendre Ă huis clos dĂšs le 16 mai, a affirmĂ© dĂšs jeudi la Ligue allemande de football (DFL), afin de permettre de limiter les risques de blessures aprĂšs deux mois d'arrĂȘt complet de la compĂ©tition.
En Espagne, la fédération (RFEF) n'a pas attendu le feu vert pour lancer l'initiative. La RFEF a annoncé jeudi qu'elle allait proposer "de maniÚre exceptionnelle" la possibilité d'effectuer cinq changements par équipe" dans "toutes les catégories nationales".
Cette initiative a été communiquée à LaLiga, qui a "montré son soutien à cette mesure" par la voix de son président, Javier Tebas, a ajouté la fédération espagnole. D'aprÚs la RFEF, c'est elle qui avait soufflé l'idée à la FIFA "il y a plus d'un mois, de pouvoir effectuer plus de remplacements que de coutume en un match".
- "Le bien-ĂȘtre des joueurs" -
Les remplacements pourront s'effectuer en trois interruptions de jeu, ainsi qu'Ă la mi-temps, afin d'Ă©viter de "trop perturber le cours du match", a par ailleurs prĂ©cisĂ© le Board. Cet amendement aux rĂšgles du jeu a pour but d'aider les Ă©quipes Ă "faire face Ă un calendrier condensĂ© et des conditions mĂ©tĂ©orologiques diffĂ©rentes, deux Ă©lĂ©ments pouvant avoir un impact sur le bien-ĂȘtre des joueurs", ont ajoutĂ© la Fifa et le Board.
Mais l'idée n'est pas totalement nouvelle non plus: le recours à cinq remplacements était déjà en vigueur dans certaines compétitions de jeunes, comme les matches de qualification à l'Euro-2021 Espoirs, reporté en 2022. AprÚs l'autorisation d'un quatriÚme remplacement, mais seulement durant la prolongation, en vigueur depuis le Mondial-2018 en Russie, cette nouvelle mesure risque de révolutionner la gestion des équipes, rapprochant le football d'autres sports à remplacements multiples comme le rugby.
"Ca donne plus d'options à l'entraßneur, clairement!", a déclaré dans la semaine à l'AFP Rudi Garcia, l'entraßneur de Lyon. Et si la mesure devenait définitive ? "Une période d'essai serait une bonne idée", fait valoir Garcia.
- Premier remplacement en...1958 -
Faut-il donc voir en cette mesure temporaire une "période d'essai" pour une adoption définitive future ? En constante évolution depuis les premiers rebonds du ballon rond, les rÚgles du football ont en tout cas été beaucoup modifiées ces 60 derniÚres années, mais trÚs rarement de façon provisoire.
La premier remplacement a Ă©tĂ© autorisĂ© en 1958, mĂȘme si initialement, le gardien ainsi qu'un joueur de champ ne pouvaient ĂȘtre remplacĂ©s qu'en cas de blessure. Il faut attendre la Coupe du monde 1970 au Mexique pour voir deux remplacements autorisĂ©s pendant le Mondial.
Le premier remplacement tactique, c'est à dire à la convenance de l'entraßneur, est introduit en 1967 et plus seulement en cas de blessure. Le troisiÚme remplacement est autorisé en 1992.
Si des mesures semblent aujourd'hui avoir toujours appartenu au football comme les cartons jaune et rouge pourtant apparus seulement en 1970 ou les tirs au but introduits en 1974, le but en or est l'une des rares mesures ayant été utilisées durant une période limitée, introduit en 1992 et supprimé en 2004.
Enfin, la Fifa et l'Ifab ont également laissé la liberté aux organisateurs de ne pas utiliser l'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR) lors de la reprise des compétitions.
AFP



J'espĂ©rais que le covid allait mettre le foot professionnel dans le coma ! Il se pourrait quand mĂȘme que cette pandĂ©mie rĂ©gule fortement les aberrations monstrueuses de ce spectacle business