Clap de fin pour les trains de nuit Paris-Berlin et Paris-Vienne

  • PubliĂ© le 29 septembre 2025 Ă  18:22
  • ActualisĂ© le 29 septembre 2025 Ă  19:53
Les trains de nuit Vienne-Paris et Berlin-Paris ne circuleront plus dĂšs le 14 dĂ©cembre, aprĂšs le retrait des partenaires français, a annoncĂ© la compagnie ferroviaire autrichienne ÖBB

Elles devaient ĂȘtre le symbole de la renaissance des trains de nuit en Europe lorsqu'elles ont Ă©tĂ© relancĂ©es en 2021 et 2023, mais les lignes Vienne-Paris et Berlin-Paris ne circuleront plus dĂšs le 14 dĂ©cembre, ont annoncĂ© les compagnies ferroviaires françaises SNCF et autrichienne ÖBB lundi.

En cause, expliquent ÖBB et SNCF, qui exploitent la ligne aux cĂŽtĂ©s de l'allemand Deutsche Bahn: l'arrĂȘt par le gouvernement français d'une subvention "indispensable pour assurer sa viabilitĂ© Ă©conomique," d'environ 10 millions d'euros.

Si ces lignes connaissaient un certain succÚs, avec un taux d'occupation de 70% en moyenne sur 2024 selon la SNCF, elles ne sont pas "viables économiquement sans subvention de l'Etat", a avancé la compagnie dans un communiqué lundi.

"L'exploitation des trains de nuit est en effet un énorme défi économique", avance-t-elle.

D'abord, les recettes sont limitĂ©es: contrairement au siĂšge d'une ligne de jour qui peut ĂȘtre occupĂ©e par jusqu'Ă  quatre passagers diffĂ©rents par jour, une place dans un train de nuit n'est occupĂ© que par un seul passager par jour, explique la SNCF.

S'ajoute un coĂ»t du personnel plus Ă©levĂ©, car il y a "besoin de plus de personnel de service" et "plus de personnel de bord en raison du passage des frontiĂšres", oĂč il est Ă©galement nĂ©cessaire de changer de locomotive et d'Ă©quipage.

Selon le collectif d'usagers "Oui au train de nuit", qui alertait dÚs la semaine derniÚre sur l'avenir de ces lignes de nuit, le gouvernement français a décidé de plus verser à la SNCF sa subvention car les opérateurs n'auraient pas respecté "leur promesse de créer une desserte quotidienne", le train ne circulant que 3 jours par semaine.

Joint par l'AFP, le ministÚre des Transports n'avait pas encore réagi lundi en milieu d'aprÚs-midi.

L'eurodéputée centriste Fabienne Keller a regretté lundi une "terrible nouvelle", déplorant une annonce "d'autant plus difficile à comprendre qu'elle arrive à l'heure d'un engouement réel des usagers pour les trains de nuit".

L'élue affirme avoir écrit à Philippe Tabarot, ministre des Transports démissionnaire, et Benjamin Haddad, ministre de l'Europe démissionnaire, "pour leur demander de soutenir le maintien de ces lignes"

Pour la SNCF, "le passage en circulations quotidiennes à compter de 2026, comme c'était l'objectif initial, n'était plus envisageable compte tenu des travaux trÚs importants sur le réseau en France et en Allemagne", se justifie-t-elle.

La ligne Paris-Berlin avait notamment été suspendue pendant plus de deux mois à l'été 2024, quelques mois aprÚs son lancement, en raison de travaux nécessaires sur plusieurs tronçons du parcours.

Malgré la réalisation ces travaux, elle continuait de cultiver la réputation de ligne chaotique, accumulant les annulations de derniÚres minutes et les retards conséquents.

- Huit lignes en France -

En 2022, le président de la République Emmanuel Macron avait promis "une dizaine" de lignes de train de nuit d'ici 2030, alors que celles-ci avaient quasiment disparu en France pendant les années 2010.

Ces lignes étaient souvent vus comme une alternative pour voyager sur de longue distance à l'avion, plus polluant et contraignant.

Depuis la relance du Paris-Nice en 2021, huit lignes à l'intérieur des frontiÚres sont opérationnelles, toutes au départ de Paris.

Elles desservent notamment Tarbes, Toulouse ou encore Aurillac.

Malgré leur bonne fréquentation, toutes ces lignes de nuit "reposent sur une subvention de l'Etat", assure la SNCF.

Les habitués de la ligne de nuit Paris-Berlin pourront toujours rejoindre la capitale allemande depuis Paris en 8 heures grùce à une ligne à grande vitesse inaugurée fin 2024.

La compagnie ÖBB, pionniĂšre dans les trains de nuit, a prĂ©cisĂ© qu'elle maintenait la liaison Vienne-Bruxelles et continuerait d'investir avec "davantage de capacitĂ© et de confort sur les lignes existantes".
 

AFP

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