Conflit israélo-palestinien

Combats dans le nord de Gaza, pourparlers pour la libération d'otages

  • PubliĂ© le 21 novembre 2023 Ă  06:40
  • ActualisĂ© le 21 novembre 2023 Ă  07:05
Combats dans le nord de Gaza, pourparlers pour la libération d'otages

La situation reste tendue mardi dans l'hĂŽpital indonĂ©sien du nord de la bande de Gaza, secteur au coeur d'affrontements sanglants entre l'armĂ©e israĂ©lienne et le Hamas, sur fond de nĂ©gociations pour la libĂ©ration d'otages en Ă©change d'une "trĂȘve humanitaire".

L'armée a indiqué dans la nuit que ses soldats "continuaient de combattre" dans le nord de la bande de Gaza alors que des sources palestiniennes faisaient état de tensions à l'hÎpital indonésien, cible la veille de frappes israéliennes ayant tué 12 patients et leurs proches" et fait "des dizaines de blessés" selon le Hamas.

La cheffe de la diplomatie indonésienne Retno Marsudi a condamné cette "attaque israélienne (...) qui a tué de nombreux civils et est une violation claire du droit humanitaire international".

D'aprÚs des sources hospitaliÚres locales, plus d'une centaine de blessés ont été transférés dans la soirée et la nuit de cet hÎpital vers le complexe Nasser de Khan YounÚs, dans le sud de la bande de Gaza.

"Nous nous en sommes sortis miraculeusement. Une frappe a touchĂ© l'Ă©cole (oĂč les personnes dĂ©placĂ©es se sont rĂ©fugiĂ©es, ndlr)", a tĂ©moignĂ© Ă  l'AFP un jeune homme transfĂ©rĂ©. "Nous Ă©tions Ă  l'Ă©cole Zeitoune dans la ville de Gaza, et de l'Ă©cole nous sommes allĂ©s Ă  l'hĂŽpital indonĂ©sien. Je n'arrive tout simplement pas (Ă  parler, ndlr)", a-t-il racontĂ©.

Lundi, 28 bébés prématurés évacués au cours du week-end de l'hÎpital al-Chifa, le plus grand de Gaza et pris d'assaut le 15 novembre par l'armée israélienne, ont été transférés en "toute sécurité" en Egypte, a annoncé l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Le mouvement islamiste ne cesse de répéter qu'Israël mÚne "une guerre contre les hÎpitaux" de Gaza, dont la quasi-totalité dans le nord du territoire ne fonctionnent plus.

Israël accuse de son cÎté le Hamas de se servir des hÎpitaux à des fins militaires et d'utiliser les civils qui s'y trouvent comme des "boucliers humains", ce que le mouvement palestinien dément.

- Discussions au Qatar -

En parallÚle, la présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Mirjana Spoljaric, a rencontré lundi soir des dirigeants du Qatar et le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, basé dans l'émirat du Golfe, afin d'"avancer sur les questions humanitaires liées au conflit armé en Israël et à Gaza".

Le Qatar, l'Egypte et les Etats-Unis oeuvrent actuellement Ă  un accord pour tenter de libĂ©rer des otages enlevĂ©s en IsraĂ«l par le Hamas en Ă©change notamment d'une trĂȘve dans la bande de Gaza.

Si le CICR a assurĂ© ne pas participer Ă  ces pourparlers, il a insistĂ© pour que ses "Ă©quipes soient autorisĂ©es Ă  rendre visite aux otages afin de s'assurer de leur bien-ĂȘtre et pour leur administrer des mĂ©dicaments, et afin que les otages soient en mesure de communiquer avec leurs familles", selon un communiquĂ©.

"Nous n'avons jamais été aussi proches, nous sommes confiants. Mais il reste du travail. Rien n'est fait tant que tout n'est pas fait", a déclaré le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche, John Kirby.

Deux sources proches du dossier ont indiqué mardi à l'AFP que les pourparlers portaient sur un accord portant sur la libération de "50 à 100" otages en échange de la libération de 300 prisonniers palestiniens en Israël, dont des enfants et des femmes.

Le transfert se ferait par Ă©tape Ă  raison de "dix" otages israĂ©liens contre "trente" prisonniers palestiniens pas jour et comprendrait l'entrĂ©e de nourriture, d'aide mĂ©dicale et de carburant et surtout une "trĂȘve humanitaire de cinq jours renouvelable".

Mais IsraĂ«l insiste sur le "regroupement familial" -- ce qui signifie que si un civil Ă©tait libĂ©rĂ©, son partenaire le serait Ă©galement, mĂȘme s'il Ă©tait soldat -- ce que le Hamas, opposĂ© Ă  la libĂ©ration de militaires, refuse pour le moment, selon ces deux sources.

- "Tùche sacrée" -

Des proches des otages ont rencontré lundi soir le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et son "cabinet de guerre", sous pression pour ramener les quelque 240 otages en Israël.

"RĂ©cupĂ©rer nos otages est une tĂąche sacrĂ©e et suprĂȘme et je m'y engage", a dĂ©clarĂ© Benjamin Netanyahu sur le rĂ©seau social X (anciennement Twitter) aprĂšs cette rencontre sans lever le voile sur les pourparlers et disant avoir Ă©changĂ© "Ă  coeur ouvert" avec les familles.

"Nous n'arrĂȘterons pas les combats tant que nous n'aurons pas ramenĂ© nos otages chez eux, dĂ©truit le Hamas et veillĂ© Ă  ce qu'il n'y ait plus de menaces venant de Gaza", a-t-il ajoutĂ©.

La récupération des otages est l'un des objectifs de l'opération israélienne en cours dans la bande de Gaza et lancée dans la foulée de l'attaque sanglante du 7 octobre par le mouvement islamiste palestinien.

En Israël, 1.200 personnes, en grande majorité des civils, ont été tuées, selon les autorités, dans l'attaque lancée le 7 octobre par des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza, d'une ampleur et d'une violence inédites dans l'histoire du pays.

En reprĂ©sailles, IsraĂ«l a jurĂ© d'"anĂ©antir" le Hamas, classĂ© organisation terroriste par les Etats-Unis, l'Union europĂ©enne et IsraĂ«l, et pilonne sans relĂąche le territoire palestinien, oĂč son armĂ©e mĂšne Ă©galement depuis le 27 octobre une offensive terrestre.

Dans la bande de Gaza, plus de 13.300 personnes ont été tuées dans les bombardements israéliens, dont plus de 5.600 enfants, selon le gouvernement du Hamas.

D'aprÚs l'ONU, prÚs de 1,7 million des 2,4 millions d'habitants ont été déplacés par la guerre dans la bande de Gaza, soumise depuis le 9 octobre à un "siÚge complet" par Israël, qui bloque les livraisons de nourriture, d'eau, d'électricité et de médicaments.

- Situation "intenable" -

Dans la ville de Khan YounÚs (sud), certains s'abritent de la pluie sous des tentes de fortune alignées sur un parking boueux proche de l'hÎpital Nasser, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Dans le sud du territoire, qui n'est pas non plus épargné par les frappes, des habitants de Rafah fouillaient lundi les décombres de leur quartier dévasté aprÚs un bombardement sur un immeuble.

"Nous dormions à la maison et nous sommes venus voir ce qui s'était passé aprÚs avoir entendu un grand boum", a témoigné un habitant, Shehda Mosallem. "Nous avons trouvé des bùtiments réduits à l'état de ruines"

AFP

guest
0 Commentaires