E-commerce

Concurrence: Amazon dans la ligne de mire de Bruxelles

  • PubliĂ© le 17 juillet 2019 Ă  14:43
  • ActualisĂ© le 17 juillet 2019 Ă  15:41
L'entrée d'un centre logistique d'Amazon à Lauwin-Planque en France

Bruxelles a ouvert mercredi un nouveau front contre un gĂ©ant amĂ©ricain du numĂ©rique en annonçant une "enquĂȘte approfondie" sur Amazon, soupçonnĂ© d'enfreindre les rĂšgles europĂ©ennes de concurrence en utilisant les donnĂ©es issues des dĂ©taillants indĂ©pendants qui vendent sur son site.

"J'ai décidé d'examiner trÚs attentivement les pratiques commerciales d'Amazon et son double rÎle en tant que place de marché et détaillant, afin de vérifier si l'entreprise respecte les rÚgles de concurrence de l'UE", a expliqué la commissaire européenne à la Concurrence, Margrethe Vestager, dans un communiqué.

La Danoise, dont les services ont enquĂȘtĂ© sur Apple, Facebook, Google et dĂ©jĂ  Amazon dans le passĂ©, a Ă©tĂ© critiquĂ©e par le prĂ©sident amĂ©ricain Donald Trump, qui l'accuse de dĂ©tester les Etats-Unis, pour avoir Ă  plusieurs reprises infligĂ© des amendes aux entreprises amĂ©ricaines.
"Nous allons coopérer pleinement avec la Commission européenne et nous continuerons à travailler dur pour soutenir les entreprises de toutes tailles et les aider à se développer", a réagi Amazon dans un communiqué.

L'entreprise américaine vend directement des produits sur son site internet, mais met également à disposition de vendeurs indépendants une place de marché appelée "Marketplace", sur laquelle ils peuvent vendre aux consommateurs.

"En fournissant une place de marché aux vendeurs indépendants, Amazon collecte en permanence des informations sur les activités exercées sur sa plateforme", explique la Commission.

- Lourdes amendes -

L'ouverture de cette "enquĂȘte approfondie" fait suite Ă  une enquĂȘte prĂ©liminaire dĂ©butĂ©e il y a plusieurs mois, qui a laissĂ© apparaĂźtre que le gĂ©ant amĂ©ricain du commerce en ligne utilisait "des informations sensibles sous l'angle de la concurrence" sur "les vendeurs, leurs produits et leurs transactions".

"L'ouverture d'une procédure formelle d'examen ne préjuge pas de son issue", précise la Commission. Les sanctions infligées par Bruxelles dans ce type de cas peuvent atteindre jusqu'à 10% du chiffre d'affaires.
"Toute la question tourne autour des donnĂ©es" recueillies grĂące aux petits dĂ©taillants qu'Amazon hĂ©berge, avait expliquĂ© Mme Vestager en septembre dernier, lorsqu'elle avait annoncĂ© l'existence d'une enquĂȘte prĂ©liminaire "sur un Ă©ventuel abus de position dominante".

Selon elle, Amazon pourrait ensuite exploiter ces données pour "faire ses propres calculs", "voir ce que les gens veulent comme offre, et ce qui les fait acheter tel ou tel produit".
"L'enjeu pour le monde numérique est important, car toute action de la Commission peut avoir un impact sur le +business model+ des géants du web, qui est fondé sur l'accumulation de données", a commenté Andrea Collart, de la société de conseil Avisa à Bruxelles.

Amazon a dĂ©jĂ  fait l'objet d'une enquĂȘte de la Commission, qui lui avait demandĂ© en 2017 de rembourser au Luxembourg 250 millions d'euros d'avantages fiscaux indus.

La Commission a notamment infligé trois lourdes amendes au géant d'internet Google pour abus de position dominante sur son systÚme d'exploitation pour smartphone Android (4,34 milliards d'euros), son comparateur de prix Google Shopping (2,42 milliards d'euros) et sa régie publicitaire AdSense (1,49 milliard d'euros).

AFP

guest
0 Commentaires