Les modalités restent à définir

Coronavirus en France: le gouvernement va prolonger l'état d'urgence sanitaire

  • PubliĂ© le 2 mai 2020 Ă  14:53
  • ActualisĂ© le 2 mai 2020 Ă  15:00
Des parisiens sur leur balcon chantent ensemble, le 1er mai 2020

Le gouvernement s'apprĂȘte Ă  entĂ©riner samedi la prolongation pour deux mois de l'Ă©tat d'urgence sanitaire contre le Covid-19, mais il reste sous pression pour clarifier les modalitĂ©s concrĂštes du dĂ©confinement, notamment le casse-tĂȘte de rĂ©ouverture d'Ă©coles et la polĂ©mique sur la vente des masques.

AprÚs un 1er-Mai confiné pour cause du coronavirus, le Conseil des ministres se penche sur le projet de loi prorogeant l'urgence sanitaire à compter du 24 mai. Son examen au Sénat est prévu dÚs lundi, avant qu'il ne soit transmis l'Assemblée nationale en vue d'une adoption définitive dans la semaine. Le texte précise que la mise en quarantaine et le placement à l'isolement, afin de lutter contre la propagation du virus, pourront intervenir "lors de l'arrivée sur le territoire national".

Le coronavirus a tué depuis le 1er mars 24.594 personnes en France, dont 218 au cours des derniÚres 24 heures. La tension dans les services de réanimation s'est encore un peu allégée avec 141 personnes en moins, a fait valoir le directeur général de la Santé, JérÎme Salomon.

Mais il y a encore beaucoup de flou autour des conditions du déconfinement prévu le 11 mai : la carte provisoire classant les départements en vert, rouge ou orange selon l'état de l'épidémie et des services de réanimation a été corrigée une premiÚre fois à cause d'erreurs de comptage qui ont suscité la grogne des élus locaux.

- Rentrée "progressive" -

Autre sujet de prĂ©occupation : la rĂ©ouverture des Ă©coles. La "majoritĂ© des Ă©coles" maternelles et primaires seront au rendez-vous du 11 mai, a affirmĂ© Jean-Michel Blanquer au Figaro, avec un maximum de 15 enfants par classe. Mais certains Ă©diles ne veulent pas en entendre parler. La maire de Nantes Johanna Rolland (PS) a prĂ©venu qu'il ne serait "pas possible" que tous les enfants retournent Ă  l'Ă©cole le 11 mai et que la rentrĂ©e ne pourra ĂȘtre que "progressive".

Plusieurs maires de Seine-Saint-Denis ont aussi exprimé leur intention de ne pas rouvrir leurs établissements scolaires, inquiets de leur éventuelle responsabilité pénale en cas de contamination d'enfants, d'enseignants ou de personnels.

A Paris, la rĂ©ouverture des Ă©coles sera rĂ©servĂ©e, au moins dans un premier temps, "Ă  un public prioritaire", c'est-Ă -dire aux enfants de certaines professions et aux Ă©lĂšves dĂ©crocheurs, a indiquĂ© Ă  l'AFP l'adjoint de la mairie en charge de l'Ă©ducation. Pour accueillir des Ă©lĂšves, les Ă©coles devront respecter un protocole sanitaire trĂšs strict, dont les grandes lignes ont Ă©tĂ© dĂ©voilĂ©es jeudi: lavage de mains rĂ©pĂ©tĂ©s, jeux proscrits, dĂ©sinfection du matĂ©riel, sens de circulation marquĂ© au sol... un casse-tĂȘte pour les petites communes.

Autre source de tension en prévision du 11 mai: la vente des masques dont le port sera obligatoire dans les transports publics. A dix jours du déconfinement, le gouvernement a décidé de plafonner le prix de vente des masques chirurgicaux à 95 centimes l'unité, mais pas celui des masques en tissu, en raison de la diversité des modÚles et de leur provenance.

L'objectif est "qu'une offre abondante de masques lavables et réutilisables à filtration garantie soit mise à disposition du public à un coût de l'ordre de 20 à 30 centimes d'euros à l'usage", a précisé le ministÚre de l'Economie dans un communiqué.

Dans la grande distribution, les masques à usage unique seront vendus à partir du 4 mai "à prix coûtant" et les masques en tissu "entre deux et trois euros", a assuré sur Franceinfo Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD), se défendant d'avoir des constitué des "stocks cachés".

- Trou de 2 milliards -

Car face au grand nombre de masques annoncés à la vente par les enseignes, les ordres des professions de santé, qui ont toujours du mal à s'en procurer ont exprimé leur "consternation", des critiques relayées par une partie de la classe politique, notamment le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, et celui du PS Olivier Faure.

La sĂ©natrice de Gironde Nathalie Delattre (Mouvement radical) a quant Ă  elle demandĂ© la constitution d'une commission d'enquĂȘte sur le sujet. Sur le plan Ă©conomique, la crise sanitaire continue ses ravages : la SNCF a subi un manque Ă  gagner de deux milliards d'euros du fait du virus, a annoncĂ© son PDG Jean-Pierre Farandou, envisageant un plan d'aide de l'Etat et des suppressions de postes.

Des difficultĂ©s Ă©conomiques qui pĂšsent en faveur du dĂ©confinement mĂȘme si les soignants s'inquiĂštent de la possibilitĂ© d'une deuxiĂšme vague : "tout le monde est un peu prĂ©occupĂ©, l'hĂŽpital a tenu la premiĂšre fois mais si on devait avoir une deuxiĂšme vague on est morts", a prĂ©venu sur Europe 1 Philippe-Gabriel Steg, cardiologue de l'hĂŽpital Bichat.

Et pour la premiĂšre fois en France, un chat a Ă©tĂ© testĂ© positif au coronavirus, amenant l'École vĂ©tĂ©rinaire d'Alfort Ă  recommander aux personnes malades une distanciation avec leurs animaux de compagnie.

AFP

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