OĂč trouver des cigarettes ou un adaptateur pour le tĂ©lĂ©phone, comment laver son linge? Les rapatriĂ©s de Wuhan ont pris leurs marques samedi dans le centre de vacances de Carry-le-Rouet oĂč ils seront confinĂ©s deux semaines, tentant de faire face Ă quelques problĂšmes pratiques.
Au lendemain de leur retour en France, les 179 personnes qui doivent passer 14 jours à l?isolement par mesure de précaution contre le coronavirus se sont vues remettre un thermomÚtre. Deux fois par jour, idéalement avant le petit-déjeuner et avant le dßner, elles devront prendre leur température et la communiquer aux infirmiÚres chargées de leur suivi médical.
Hormis cette formalité, les rapatriés ont quartier libre à l'intérieur du centre de vacances de la petite station balnéaire de la CÎte Bleue, à une trentaine de kilomÚtres de Marseille... à condition de porter un masque.
DĂšs le matin, certains ont profitĂ© d'une vue sur la mer pour immortaliser le lever du soleil, d'autres se promenaient dans le complexe hĂŽtelier ou s'offraient un peu de lecture en extĂ©rieur par un temps relativement doux. "Il y a pire comme endroit", sourit au milieu de cris d?enfants rieurs Marc Zyltman, le responsable de la Croix-Rouge sur le site. "La solution de facilitĂ© aurait Ă©tĂ© une caserne dĂ©saffectĂ©e" pour la quarantaine, explique-t-il Ă l'AFP, mais les autoritĂ©s ont prĂ©fĂ©rĂ© choisir un lieu oĂč la pĂ©riode de confinement sera la moins dĂ©sagrĂ©able possible. "Il faut que le site soit agrĂ©able Ă vivre car les gens vont y passer 14 jours", confirme M. Zyltman.
- "PlutĂŽt convivial" -
Parties de volley-ball pour les ados, pùte à modeler pour les plus petits, espace de convivialité pour les adultes autour d?un café: le centre de Carry-le-Rouet a davantage l'allure d'une colonie de vacances que d'un hÎpital ou d'un centre de santé.
A ce stade, aucune des personnes en confinement ne présente de symptÎme pouvant laisser supposer une infection au nouveau coronavirus. Deux cas suspects, identifiés à la sortie de l'avion vendredi, ont été dans la foulée testés négatifs à l'hÎpital marseillais de La Timone.
Le personnel médical présent à Carry-le-Rouet comprend une vingtaine de personnes ? médecins, infirmiers, psychologues ? épaulés par des militaires de la sécurité civile et 30 volontaires de la Croix-Rouge, notamment chargés des questions logistiques.
Au premier jour de confinement, certains rapatriĂ©s avaient samedi surtout des prĂ©occupations d'ordre pratique aprĂšs une arrivĂ©e en France dans la prĂ©cipitation: comment laver son linge? Comment changer ses yuans contre des euros? OĂč se procurer des cigarettes? Un service de conciergerie a Ă©tĂ© mis en place samedi pour rĂ©pondre au mieux aux besoins des rapatriĂ©s. "Hier soir, ils Ă©taient fatiguĂ©s, c'est bien normal. Les gens sont allĂ©s tranquillement se coucher aprĂšs le repas du soir. Maintenant, la vie reprend son cours, et ça se passe plutĂŽt bien", poursuit Marc Zyltman.
Samedi, aux abords du centre Vacanciel, les gendarmes continuaient de surveiller étroitement l'unique entrée du site, au milieu d'une pinÚde, dans une calanque à plus de 3 kilomÚtres du centre-ville de Carry-le-Rouet.
Les parents d'un Ă©tudiant rapatriĂ© sont venus lui apporter un sac de voyage contenant des vĂȘtements propres. Ils ont dĂ» laisser le sac Ă la grille du centre, aux gendarmes prĂ©sents. Le pĂšre s'est dit rassurĂ© que son fils soit pris en charge en France, ajoutant que ce dernier leur avait parlĂ© d'une ambiance "plutĂŽt conviviale". "Je pense qu'ils sont tous soulagĂ©s d'ĂȘtre lĂ , dans de trĂšs bonnes conditions", a-t-il assurĂ© Ă la presse devant le centre.
AFP



