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Corse: manifestation sous tension Ă  Bastia samedi

  • PubliĂ© le 20 fĂ©vrier 2016 Ă  07:32
La police arrive sur les lieux d'une manifestation le 15 février 2016 à Corte, en Corse

Une manifestation à hauts risques, à l'appel du principal groupe de supporters du SC Bastia, se déroulera samedi aprÚs-midi à Bastia, en soutien à un jeune supporter griÚvement blessé il y a une semaine dans des heurts avec la police à Reims.


Vendredi soir, le président nationaliste de l'exécutif de la Collectivité territoriale de Corse, Gilles Simeoni, a mis en garde contre "des risques avérés de dérapages et d'affrontements" lors de cette manifestation organisée par la principale association de supporters du club de football, Bastia 1905. "Il faut absolument désamorcer cette logique de confrontation qui est un piÚge", a poursuivi M. Simeoni, souhaitant que la manifestation à laquelle il ne participera pas "se déroule dans le calme et la dignité".
Depuis les incidents du 13 fĂ©vrier Ă  Reims, dont les circonstances restent floues et qui ont motivĂ© l'ouverture d'une information judicaire et la saisine de l'Inspection gĂ©nĂ©rale de la police nationale, la tension n'est pas retombĂ©e en Corse, oĂč les incidents parfois violents se sont multipliĂ©s, sans toutefois faire de victime.
Le cortÚge de la manifestation doit démarrer vers 14H30 au palais de justice pour se rendre à la préfecture de Haute-Corse par le boulevard Paoli, la principale artÚre du centre de Bastia. Plusieurs centaines de CRS et gendarmes mobiles seront déployés et le dispositif de sécurité sera renforcé par des policiers venus de Marseille et Nice.
"Nous insistons encore une fois sur notre volontĂ© d'apaisement (...). Ne laissons pas Ă  nos ennemis la moindre opportunitĂ© de nous salir", ont dĂ©clarĂ© sur Facebook les membres de Bastia 1905, la principale association de supporters du Sporting Club de Bastia, qui rĂ©clame une enquĂȘte "totalement impartiale" sur "l'agression" de Maxime Beux, le supporter blessĂ© le 13 novembre Ă  Reims, la levĂ©e des poursuites visant les autres supporters du club interpellĂ©s en Champagne et la dĂ©mission du ministre de l'IntĂ©rieur et du procureur de Reims.
L'association a également annoncé lors de la manifestation la présence de supporters nantais - prévu samedi, le match Bastia-Nantes a été reporté au 9 mars -, italiens et serbes.
- Blocage à l'université -
Au cours des incidents survenus Ă  Reims, aprĂšs le match Reims-Bastia, Maxime Beux, 22 ans, a perdu un ?il. Il assure avoir Ă©tĂ© blessĂ© par un tir de flash-ball des forces de l'ordre et son avocate, Me Cynthia Costa-Sigrist, a mĂȘme Ă©voquĂ©, sur la foi de ses dĂ©clarations, "un guet-apens tendu par les policiers". Selon le parquet de Reims, il se serait blessĂ© en tombant sur un poteau alors qu'il Ă©tait poursuivi par des policiers.
Vendredi, Me Jean-André Albertini, qui est aussi l'avocat du SCB, a annoncé avoir déposé plainte contre X au nom de sept supporters du club impliqués dans les événements rémois --mais pas de celui qui a été blessé-- pour "violences aggravées". Tous sont également poursuivis et doivent comparaßtre le 22 mars à Reims.
DĂšs dimanche soir, des incidents violents ont Ă©clatĂ© Ă  Bastia, puis lundi et mardi Ă  Corte, oĂč l'universitĂ© a Ă©tĂ© bloquĂ©e par les syndicats Ă©tudiants nationalistes pendant trois jours. Les cours avaient repris jeudi, aprĂšs notamment des appels au calme des prĂ©sidents nationalistes de l'exĂ©cutif et de l'assemblĂ©e de la CollectivitĂ© territoriale de Corse, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni.
Le blocage a toutefois de nouveau repris dÚs vendredi, pour protester contre la condamnation à 10 mois de prison, dont 5 ferme, prononcée à l'encontre d'un étudiant interpellé lors des incidents de mardi soir à Corte, une "lourde condamnation" dont M. Simeoni a regretté vendredi soir qu'elle ait enrayé la "logique de désescalade" des jours précédents.
Le contexte corse est aussi marqué par la crispation entre Paris et les dirigeants nationalistes arrivés au pouvoir à la faveur d'une victoire historique lors des élections territoriales de décembre, la manifestation de samedi fait craindre des débordements d'éléments incontrÎlés.
A la différence des grandes manifestations nationalistes des années 1980-90, strictement encadrées par des organisations politico-militaires, des groupes de jeunes gens trÚs mobiles et déterminés affrontent désormais les forces de l'ordre dans de véritables scÚnes de guérilla urbaine en fin de défilé.

Par Brigitte DUSSEAU - © 2016 AFP
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