PrioritĂ© aux bĂ©bĂ©s et aux familles monoparentales: les Restos du cĆur lancent mardi leur 40Ăšme campagne de distribution alimentaire, aprĂšs avoir retrouvĂ© une meilleure santĂ© financiĂšre grĂące Ă la gĂ©nĂ©rositĂ© des Français.
Pour cette nouvelle campagne, l'association fondée par Coluche en 1985 prévoit de "prioriser les publics les plus vulnérables, notamment les familles monoparentales et les enfants de moins de trois ans", avait indiqué en octobre son président, Patrice Douret, à l'AFP.
Au fil du temps, le public rencontré par l'association s'est diversifié et le nombre de familles a notamment grimpé. Parmi les bénéficiaires, un quart sont ainsi des familles monoparentales.
A l'occasion de ce lancement, Patrice Douret accueillera dans la matinée le Premier ministre Michel Barnier et le ministre des Solidarités Paul Christophe, dans un chapiteau éphémÚre de l'association situé à Gennevilliers, au nord de Paris, à l'image de celui qui avait accueilli la toute premiÚre campagne.
Pour la prochaine, "on va pouvoir rouvrir un certain nombre de robinets de nos actions sociales", sans pour autant "retrouver un niveau d'activitĂ©" comparable Ă celui de 2022, a rĂ©cemment prĂ©venu Patrice Douret. "On reste extrĂȘmement raisonnables et prudents aussi sur ce que l'on engage, parce qu'on n'est pas Ă l'abri d'une nouvelle crise".
- Retour dans le vert -
Les Restos du cĆur, qui assurent 35% de l'aide alimentaire en France, ont retrouvĂ© un peu d'air. Leurs comptes sont finalement dans le vert: ils ont dĂ©gagĂ© un excĂ©dent de 22 millions d'euros pour la campagne 2023-2024, alors qu'ils s'attendaient initialement Ă un dĂ©ficit de 35 millions d'euros.
A la rentrée 2023, l'association avait tiré la sonnette d'alarme, avertissant de sa fragilité financiÚre. Son président avait alors lancé un appel exceptionnel aux dons.
Les Restos n'étaient plus en mesure de faire face à l'afflux de personnes se présentant à eux, dans un contexte de hausse de ses coûts de fonctionnement en raison de l'inflation.
Dans le dĂ©tail, l'association fait face Ă la hausse des prix de l'Ă©nergie qui accroĂźt ses coĂ»ts logistiques et Ă l'augmentation des prix de l'alimentation, qui l'a contrainte Ă doubler son budget d'achat alimentaire, attendu au mĂȘme niveau l'annĂ©e prochaine (plus de 110.000 euros).
Les Français ont répondu présents à l'appel aux dons, en contribuant à hauteur de 32 millions d'euros. La famille de Bernard Arnault, propriétaire du numéro un mondial du luxe LVMH, a apporté 10 millions d'euros et l'Etat, qui assure déjà habituellement 15% du budget de l'association, 8 millions d'euros.
En outre, pour la premiĂšre fois de leur histoire, les Restos du cĆur ont dĂ» baisser le niveau de revenus qui donnait droit Ă l'aide alimentaire, ce qui les a conduit Ă refuser 110.000 personnes lors de la campagne de 2023-2024.
- 1,3 million de bénéficiaires -
Ils ont toutefois accueilli 1,3 million de bénéficiaires, soit autant que lors de la précédente campagne. L'association a distribué 163 millions de repas, le deuxiÚme plus gros chiffre réalisé aprÚs les 171 millions de la campagne précédente.
Elle s'inquiÚte de l'étendue de la précarité en France.
Plus de neuf millions de personnes vivent sous le seuil de la pauvreté, soit avec moins de 1.216 euros par mois, selon les derniers chiffres de l'Insee portant sur l'année 2022. Cela représente 14,4% de la population.
 AFP
