Football

Coupe de France: Angers, "David" contre un "Goliath" parisien sous pression

  • PubliĂ© le 27 mai 2017 Ă  10:59
L'entraßneur d'Angers Stéphane Moulin en conférence de presse au Stade de France, le 26 mai 2017

La finale de la 100e Coupe de France samedi au Stade de France, ce sera "David contre Goliath", a prévenu Stéphane Moulin, entraßneur d'Angers et son "plus petit budget" de Ligue 1 qui défie un Paris SG grandissime favori mais en plein doute.

. Angers, plus qu'un "Petit Poucet"

"C'est la Coupe du centenaire et nous, on arrive un peu comme un cheveu sur la soupe", reconnaßt bien volontiers l'entraßneur du SCO d'Angers dans l'auditorium du stade de France vendredi. Et pour cause: son équipe, dont "la plupart des joueurs viennent pour la premiÚre fois au Stade de France", selon le capitaine Cheikh Ndoye, lutte pour le maintien en Ligue 1 depuis deux saisons.

Elle dispose, avec 25 millions d'euros, du "plus petit" budget de l'Ă©lite, et son palmarĂšs n'est riche que de deux titres de champion de Division 2, l'ancĂȘtre de la Ligue 2, en 1969 et 1976, et d'un titre de champion de France... amateur en 1943. Angers n'a, en outre, disputĂ© qu'une finale de Coupe de France jusque-lĂ , en 1957, tandis que le PSG tentera d'empocher samedi une 11e Coupe de France qui en ferait le club le plus titrĂ© dans cette exercice, devant le rival marseillais.

Le PSG est bien sûr grandissime favori de cette finale, avec ses 500 millions d'euros de budget, sa myriade de stars et son entraßneur trois fois vainqueurs de l'Europa League. Il a aussi été sacré six fois champion de France et a remporté sept Coupes de la Ligue, dont la derniÚre cette saison.

. Pas si déséquilibré

Bref, la 100e Ă©dition de la Coupe de France va s'achever par une affiche dĂ©sĂ©quilibrĂ©e oĂč "tout peut se passer", selon l'expression consacrĂ©e, et selon un scĂ©nario qui a fait la lĂ©gende de cette compĂ©tition oĂč des Ă©quipes taillĂ©es pour l'Europe se retrouvent parfois Ă  dĂ©fier des clubs amateurs.

Ce n'est toutefois pas exactement le niveau des joueurs de StĂ©phane Moulin. AprĂšs avoir passĂ©, la saison derniĂšre, une quinzaine de journĂ©es sur le podium de la L1, ils ont terminĂ© l'exercice 2016-17 en 12e position, et ont bien embĂȘtĂ© le PSG lors de leur double confrontation en championnat (perdue deux fois 2-0).

"C'est une Ă©quipe dangereuse, ils sont trĂšs forts dĂ©fensivement, costauds, bons sur les coups de pied arrĂȘtĂ©s et leurs contres vont trĂšs vite devant, a averti le capitaine parisien Thiago Silva vendredi. Je crois qu'ils vont ĂȘtre trĂšs concentrĂ©s et qu'on va avoir beaucoup de difficultĂ©s dans le match."

. Pour Paris, vivement l'été

Surtout, le PSG aborde cette finale avec la peur du vide: "On a la responsabilité de gagner", a reconnu le capitaine brésilien, critiqué lors de cette saison qui a vu le PSG privé d'un cinquiÚme titre de champion de France consécutif par Monaco. AprÚs un été de "grands changements" impulsés par son président Nasser Al-Khelaifi (arrivées de l'entraßneur Unai Emery et de l'ancienne star néerlandaise Patrick Kluivert au poste de directeur du football, départs de Zlatan Ibrahimovic et David Luiz...), la saison parisienne, au contraire de celle du champion Monaco, a été heurtée et peu glamour.

Il y a cette décevante deuxiÚme place, donc, l'épouvantable défaite en 8e de finale retour de Ligue des champions à Barcelone (6-1), qui risque de hanter durablement les esprits parisiens, l'impression de rebond en 2017 avant une rechute à Nice (défaite 3-1), et enfin des perquisitions au club et au domicile de Angel Di Maria et Javier Pastore, quatre jours avant la finale et dans le cadre des révélations sur les "Football Leaks".

Le PSG a donc bien besoin d'une victoire pour terminer cette saison sur une note positive. A contrario, une dĂ©faite ferait sacrĂ©ment dĂ©sordre et pourrait coĂ»ter son poste Ă  Unai Emery, et pourquoi pas donner Ă  certains joueurs (Verratti, Rabiot, Marquinhos, Di Maria...) des envies d'ailleurs. "Goliath" n'a vraiment pas intĂ©rĂȘt Ă  se rater.

AFP

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