L’Angleterre peut lui dire merci : le capitaine Harry Kane, auteur d’un magnifique doublé en 11 minutes, a sauvé les Three Lions d’un échec cuisant en seizièmes de finale de la Coupe du monde en renversant la RD Congo (2-1), tout proche de créer un exploit grâce à son gardien Lionel Mpasi.
"C’est le moment de s’accrocher et d’être patients", car la RDC a "la capacité de rendre la vie difficile à tout le monde", avait prévenu la veille le sélectionneur Thomas Tuchel.
Devant les 68.000 supporteurs, quasiment tous anglais, il a fallu attendre la 75e minute pour que Kane, servi sur un centre d’Anthony Gordon, trompe de la tête le gardien congolais, profitant de l’apathie de la défense des Léopards (1-1).
Onze minutes plus tard (2-1, 86e), encore trouvé par Gordon, il a envoyé un missile dans le but de Mpasi, qui venait de nouveau de réaliser un arrêt réflexe devant Jude Bellingham.
Sa célébration pleine de rage, le visage tout rouge comme son discours au coup de sifflet final, entouré de ses coéquipiers, en disent long sur l’immense soulagement de ne pas se faire éliminer à ce stade du tournoi.
- Les Congolais y ont cru -
L’attaquant du Bayern Munich, l’un des meilleurs au monde par son efficacité devant le but, mais aussi par sa lecture du jeu et son sens de la passe, marque également de son empreinte ce Mondial.
Il en est désormais à cinq buts pendant ce tournoi et 13 au total, passant devant le Brésilien Pelé, pas si loin de Kylian Mbappé ou Lionel Messi.
"Peu importe qui [dans l’équipe], on peut tous avoir notre moment de gloire. Et oui, pour moi, c’était aujourd’hui", a-t-il réagi au micro de la BBC.
Mais sans leurs deux attaquants, les Three Lions, qui affronteront le Mexique en huitièmes de finale, étaient tout proche de vivre une déconvenue mémorable. Depuis la finale de 1966, l’Angleterre n’avait plus gagné en Coupe du monde après avoir concédé l’ouverture du score.
Critiqué pour ses choix en défense, notamment au poste de latéral droit après la nouvelle blessure de Reece James, le sélectionneur n’a pu que constater l’échec pendant de longues minutes.
Dès la 7e minute, Djed Spence, qui joue normalement à gauche, et l’arrière-garde entière ont laissé Brian Cipenga seul dans la surface. Le Congolais a enchaîné d’une frappe du droit devant Jordan Pickford, qui aurait pu mieux faire pour la stopper.
Envoyant un message clair à Spence, Tuchel l’a fait sortir à la 70e minute pour mettre le milieu d’Arsenal Declan Rice au poste de latéral droit.
Ces changements ont fait du bien aux Anglais, jusque-là pas au niveau, mais surtout gênés par le match énorme du gardien Mpasi.
Mpasi "marche sur l’eau".
Remplaçant au Havre, Mpasi a réalisé le match de sa vie face à l’Angleterre, quatrième nation mondiale. "Ce gardien est en train de marcher sur l’eau", glissait à la mi-temps Zlatan Ibrahimović sur Fox.
Face aux multiples tentatives des stars Harry Kane et Jude Bellingham, le Havrais de 31 ans a été l’ultime parade, enchaînant au moins cinq arrêts décisifs jusqu’au dernier quart d’heure (17e, 30e, 45 + 3, 45 + 6, 53e). Le milieu offensif du Real Madrid l’a même félicité quand il a stoppé une de ses têtes à bout portant.
Pour son premier match à élimination directe lors d’un Mondial, la RDC, concentrée et en place défensivement, a mis grandement en difficulté les Anglais, qui n’ont jamais perdu contre une équipe africaine dans le tournoi.
Les Léopards auraient pu rentrer au vestiaire à la mi-temps avec deux buts d’écart, mais Yoane Wissa, qui a porté la RDC lors de la phase de groupe, a touché le poteau (42e).
C’est la fin du très bon parcours des Congolais, de retour dans le tournoi après 52 ans d’absence, alors qu’ils ont connu une campagne de qualification difficile et une préparation marquée par l’épidémie d’Ebola qui touche le pays.
"Tout le monde a pu voir que le foot congolais a un très bon niveau et qu’il fait preuve de résilience, ce qui définit très bien le pays", a souligné le sélectionneur Sébastien Desabre.
AFP
