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Zones en alerte maximale

Course contre la montre pour les restaurateurs, sommés de renforcer leurs protocoles sanitaires

  • PubliĂ© le 2 octobre 2020 Ă  10:11
  • ActualisĂ© le 2 octobre 2020 Ă  10:57
Le chef Philippe Etchebest dans la cuisine de son restaurant "Le Quatrieme Mur" Ă  Bordeaux, le 30 septembre 2020

Une course contre la montre a dĂ©marrĂ© pour les restaurateurs, sommĂ©s de renforcer encore leur protocole sanitaire pour avoir une chance de rester ouverts dans les zones en "alerte maximale" tandis que les bars de ces mĂȘmes zones anticipent dĂ©jĂ  une fermeture, la mort dans l'Ăąme.

Ce vendredi à 11h45, les patrons de restaurants, hÎtels, cafés, brasseries, traiteurs, bars et discothÚques vont "faire du bruit" devant la porte de leurs établissements, un brassard noir au bras. Répondant au mot d'ordre du médiatique chef bordelais Philippe Etchebest, relayé par la principale organisation patronale du secteur, l'Umih, ils disent refuser de "mourir en silence", aprÚs avoir vu leur activité laminée par trois mois de fermeture dus au confinement, puis les restrictions imposées depuis la semaine derniÚre par le gouvernement.

Toutefois jeudi, les restaurateurs ont eu le sentiment, en Ă©coutant le ministre de la SantĂ© Olivier VĂ©ran, de "commencer Ă  ĂȘtre entendus": le gouvernement "s'est montrĂ© sensible Ă  la proposition de la profession de renforcer le protocole sanitaire" pour maintenir ouverts leurs Ă©tablissements, a rĂ©agi l'Umih dans un communiquĂ©.

S'ils sont validĂ©s, ces protocoles permettraient aux Ă©tablissements de rester "tout ou partie" ouverts mĂȘme dans les zones d'"alerte maximale" au Covid-19, a indiquĂ© M. VĂ©ran. Ils comprennent trois mesures phares: "la prise de tempĂ©rature des clients Ă  l'entrĂ©e des Ă©tablissements, le recueil de leurs coordonnĂ©es sur un cahier afin de les prĂ©venir en cas de potentielle contamination, et la limitation des groupes de convives Ă  8, contre 10 actuellement", a prĂ©cisĂ© Ă  l'AFP Roland HĂ©guy, prĂ©sident de l'Umih. Les professionnels de l'hĂŽtellerie-restauration seront reçus vendredi au ministĂšre de la SantĂ©.

- "Comment survivre ?" -

Soulagée de ne pas voir tomber le couperet immédiatement, l'Umih a assuré que les professionnels du secteur "vont continuer de se montrer responsables" et appelé ses membres à "respecter à la lettre" les mesures supplémentaires.

En effet Paris et sa petite couronne, mais aussi Lille, Lyon, Grenoble, Toulouse et Saint-Etienne ont obtenu un sursis malgrĂ© une "Ă©volution trĂšs prĂ©occupante" de la situation sanitaire ces derniers jours. Ces zones pourraient ĂȘtre placĂ©es en "alerte maximale" dĂšs lundi, synonyme de restrictions radicales comme la fermeture totale des bars, restaurants et d'autres activitĂ©s.

Toutefois, tout n'est pas jouĂ©: le gouvernement a fait Ă©tat d'un "dĂ©but d'embellie sur le plan sanitaire, certes timide", relevĂ© Ă  "Bordeaux, Nice" et "mĂȘme Marseille", oĂč les bars et restaurants ont Ă©tĂ© contraints de baisser le rideau, suscitant la colĂšre du secteur et des Ă©lus locaux qui ont dĂ©plorĂ© un "manque de concertation".

Si le couperet de "l'alerte maximale" tombe dans ces zones en sursis, les bars, contrairement aux restaurants, n'ont pour l'heure pas d'espoir de pouvoir rester ouverts. "Cela ne change pas grand-chose: nous faisons 80% de notre chiffre d'affaires aprÚs 22h, donc nous avons déjà dû fermer six de nos huit établissements. Ce n'était pas du tout rentable", dit à l'AFP le patron de bars parisiens Benjamin Koskas.

Sur 100 salariés de son groupe, seuls 25 travaillent, dans les deux bars restaurants encore ouverts, le Havanita et Le Mermaid's and Divers, "pour garder les équipes motivées", dit-il - "parce qu'on ne gagne pas d'argent" depuis la fermeture à 22h imposée aux bars à Paris et dix autres métropoles.

"La consommation debout dans les bars et la fĂȘte ne vont pas revenir avant des mois: on se demande comment on va survivre, sans aide pour couvrir nos charges fixes", se dĂ©sole M. Koskas. Les organisations professionnelles vont toutefois demander que les bars en mesure d'appliquer le protocole sanitaire renforcĂ© puissent rester ouverts.

Selon l'Umih, environ 15% des 220.000 entreprises du secteur -cafés, bars, hÎtels, restaurants, brasseries, discothÚques- pourraient mettre la clé sous la porte dans les mois à venir, et 220 à 250.000 salariés pourraient se retrouver au chÎmage.

AFP

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