Ă vos agendas, prĂȘts, partez! Ă quatre jours de l'ouverture gĂ©nĂ©ralisĂ©e de la vaccination contre le Covid, tous les majeurs en France peuvent dĂ©sormais prendre rendez-vous.
La réservation de créneaux sur les plateformes internet spécialisées (Doctolib, Keldoc, Maiia) a été élargie jeudi matin aux 18-49 ans, derniÚre catégorie à avoir droit aux vaccins sans critÚre de santé. Pour eux, les rendez-vous débuteront lundi 31 mai, date de l'ouverture officielle de la vaccination à tous les majeurs en France, aprÚs la levée graduelle des conditions d'ùge ou d'état de santé initialement en vigueur.
"Les réservations seront progressives, de nouveaux créneaux mis en ligne chaque jour sur les différentes plateformes", a précisé le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur Twitter. "Cette nouvelle étape ne va cependant pas permettre de répondre à toute la demande des patients", a prévenu Doctolib dans un communiqué, en pointant "un nombre encore limité de doses de vaccins, notamment Pfizer et Moderna".
"28 millions de personnes adultes sont éligibles à la vaccination et non vaccinées à date pour en moyenne 500.000 rendez-vous disponibles chaque jour", poursuit la principale plateforme de réservation, qui "s'attend à une forte affluence sur ses services".
- Attestations -
L'Assurance maladie a de son cÎté ouvert jeudi un site internet (attestation-vaccin.ameli.fr) qui permet aux personnes vaccinées avant le 3 mai de récupérer leurs "attestations certifiées". Ce document, désormais remis aprÚs chaque injection, permet d'activer le "pass sanitaire" français et de voyager à l'étranger. Vacciner le plus largement possible est un enjeu crucial pour la France afin d'éviter une reprise de l'épidémie dans les semaines et les mois à venir, alors que les restrictions en vigueur sont progressivement relùchées.
Selon les derniĂšres projections de l'Institut Pasteur, publiĂ©es le 22 mai, la dĂ©crue de l'Ă©pidĂ©mie et l'accĂ©lĂ©ration de la vaccination peuvent mĂȘme laisser espĂ©rer un Ă©tĂ© apaisĂ©, Ă condition toutefois qu'elles se poursuivent dans les semaines Ă venir. A ce stade, 24 millions de personnes ont reçu au moins une injection (soit 36% de la population totale et 46% de la population majeure), dont 10 millions en ont eu deux (15% de la population totale et 19% de la population majeure).
Dans le mĂȘme temps, les chiffres de l'Ă©pidĂ©mie continuent Ă baisser: moins de 19.000 malades du Covid-19 sont hospitalisĂ©s, dont moins de 3.400 dans les services de rĂ©animation. "Vous connaissez nos objectifs: 30 millions de primo-vaccinĂ©s d'ici au 15 juin", a rappelĂ© M. VĂ©ran lors d'un dĂ©placement dans l'Essonne.
Si cet objectif semble largement tenable, la suite est plus incertaine, et le gouvernement veut absolument éviter que la vaccination ne plafonne cet été à un niveau insuffisant. Le mot d'ordre est donc clair: aller chercher ceux qui ont droit à la vaccination. Pour cela, le ministÚre de la Santé assure utiliser "tous les moyens possibles et imaginables", des relances téléphoniques par l'Assurance maladie jusqu'au partenariat avec des associations.
- BientĂŽt les ados? -
"Plus de 82% de Français veulent désormais se faire vacciner", veut croire M. Véran. "Et je m'en réjouis car on a besoin de vacciner beaucoup". "Cette confiance (...) permet à mon sens de mettre de cÎté le débat sur l'obligation vaccinale" lancé cette semaine par l'Académie de médecine, a-t-il jugé.
Un autre levier de taille pourrait ĂȘtre la vaccination prochaine des ados.
L'Agence europĂ©enne du mĂ©dicament (EMA) se prononcera vendredi sur l'autorisation du vaccin de Pfizer/BioNTech pour les 12-15 ans. Dans la foulĂ©e, la Haute autoritĂ© de santĂ© (HAS) dira s'il peut ĂȘtre administrĂ© en France aux ados de 16 Ă 18 ans, voire dĂšs 12 ans. De son cĂŽtĂ©, aprĂšs des mois de retard, le laboratoire Sanofi a annoncĂ© qu'il entamait des essais Ă grande Ă©chelle de son vaccin, sur 35.000 personnes dans plusieurs pays.
Il vise une commercialisation fin 2021, soit prÚs d'un an aprÚs les premiers vaccins approuvés. Pour tenter d'atténuer ce retard, Sanofi veut évaluer si son produit fonctionne en dose de rappel aprÚs un autre vaccin et peut s'intégrer dans des campagnes de vaccination qui pourraient revenir réguliÚrement face aux mutations du virus.
Le Parlement réfléchit lui aussi à l'aprÚs: il doit adopter définitivement jeudi soir, par un ultime vote du Sénat, le projet de loi encadrant la sortie progressive de l'état d'urgence sanitaire. Il permet notamment la mise en place du controversé "pass sanitaire". Les députés de gauche (GDR, LFI, SOC) ont d'ores et déjà annoncé qu'ils saisiront le Conseil constitutionnel, jugeant que ce texte "donne des pouvoirs trÚs importants au gouvernement sur des bases beaucoup trop vagues et imprécises".
AFP



