Nouvelles mesures restrictives

Covid-19 : Paris Ă©chappe au confinement le week-end mais pas le Pas-de-Calais

  • PubliĂ© le 4 mars 2021 Ă  07:05
  • ActualisĂ© le 4 mars 2021 Ă  07:21
Le Premier ministre Jean Castex (g) et le ministre de la Santé Olivier Véran sortent d'une réunion à l'Elysée, le 3 mars 2021 à Paris

Ca passe pour Paris et sa région, mais le Pas-de-Calais n'échappera pas au confinement le week-end: face à l'épidémie de Covid-19 qui ne ralentit pas et la tension dans les hÎpitaux, le gouvernement doit annoncer de nouvelles mesures restrictives jeudi.

"Nous constatons de fortes tensions sur le systĂšme hospitalier, une hausse du nombre de cas mais pas une explosion, sans homogĂ©nĂ©itĂ© territoriale (...) Mais un confinement national ou le week-end n'est pour nous qu'un dernier recours", a expliquĂ© Ă  l'AFP une source gouvernementale, sans mĂȘme attendre la confĂ©rence de presse du Premier ministre Jean Castex jeudi.

Selon cette source gouvernementale, ces restrictions vont ĂȘtre appliquĂ©es dans ces dĂ©partements, au cas par cas et en concertation avec les Ă©lus locaux, visant en particulier les lieux de brassage. Mais l'objectif de l'exĂ©cutif est d'Ă©viter au maximum le reconfinement local, au moment oĂč des pays voisins comme la Grande-Bretagne ou l'Allemagne passent au dĂ©confinement progressif.

Pour faire passer "le gros temps" qui s'annonce, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a tentĂ© mercredi de redonner espoir, voyant un "retour Ă  une vie plus normale (...) peut-ĂȘtre dĂšs la mi-avril". "Il faut tenir encore quelques semaines, quatre Ă  six semaines", entre maintien des restrictions et vaccinations, avait lĂąchĂ© lundi Emmanuel Macron Ă  un Ă©tudiant.

Dans cette perspective, Emmanuel Macron a réuni mercredi Jean Castex et les ministres concernés pour étudier les différents scénarios de réouverture des lieux publics et les contours d'un éventuel "pass sanitaire" pour y accéder que le Premier ministre pourrait détailler jeudi.

En attendant, le Pas-de-Calais sera le premier des 20 départements placés sous "surveillance renforcée" à inaugurer le confinement le week-end, aprÚs les agglomérations de Nice et Dunkerque la semaine passée.

- "Rupture d'égalité" -

Dans ce dĂ©partment, oĂč les hĂŽpitaux sont saturĂ©s, le gouvernement a proposĂ© un confinement pour les trois prochains week-ends, en concertation avec les Ă©lus qui rĂ©clamaient eux les premiers des mesures fortes. "Nous faisons cet effort pour trois week-ends mais nous voulons notre dĂ» pour les vaccins", a affirmĂ© la maire LR de Calais Nathalie Bouchart, estimant que le dĂ©partement avait Ă©tĂ© "sous-dotĂ©".

Il faut globalement "renforcer la politique de tests et d'isolement et accélérer la vaccination", convient la source gouvernementale, l'une des pistes étant d'autoriser rapidement les pharmaciens à vacciner.

Le maire LR du Touquet Daniel Fasquelle a lui dénoncé mercredi soir sur BFMTV "une rupture d'égalité" et une politique de "deux poids - deux mesures" face au département du Nord voisin ou à l'Ile-de-France, en soulignant la colÚre des commerçants.

La maire de Paris Anne Hidalgo réitÚre, elle, elle dans Le Parisien son opposition à un nouveau confinement, y compris le week-end, une mesure qu'elle juge "inhumaine dans une ville trÚs dense" comme Paris, "d'autant que rien ne prouve son efficacité".

Dans les 20 départements surveillés, dont toute la région parisienne, touchée par le variant anglais du virus plus contagieux, certains ont vu leur taux d'incidence monter en flÚche. C'est le cas du Pas-de-Calais et la Seine-Saint-Denis, qui dépassent les 400 cas pour 100.000 habitants sur sept jours, bien au-dessus du seuil d'alerte maximale fixé à 250 par les autorités sanitaires. A Dunkerque, il a dépassé le millier.

"MĂȘme si on observe l'impact trĂšs probable de la vaccination, et en particulier sur les plus vulnĂ©rables du fait de leur Ăąge, la situation reste prĂ©occupante", a soulignĂ© de son cĂŽtĂ© mercredi matin la directrice de SantĂ© publique France, GeneviĂšve ChĂȘne, pour qui "globalement, le taux de mortalitĂ© diminue lĂ©gĂšrement Ă  la mi-fĂ©vrier, de -5%".

La France a dépassé les 3 millions de personnes qui ont reçu une premiÚre dose de vaccin, en majorité des personnes ùgées et des soignants, et le ministre de la Santé Olivier Véran a fait miroiter une accélération en mars, avec "une premiÚre vaccination" promise à "6 millions de Français".

Au niveau national, le nombre de nouvelles contaminations en 24 heures était de 26.788 mercredi soir. Et le nombre de patients atteints de Covid-19 soignés en réanimation continue également de progresser, avec 3.637 malades mercredi, soit le niveau le plus élevé depuis fin novembre. Mais ce chiffre reste éloigné du pic de la 2e vague de l'automne (4.900) et surtout, de la 1Úre vague au printemps (7.000).

326 nouveaux décÚs ont été comptabilisés dans les hÎpitaux mercredi, un rythme qui demeure stable. Depuis le début de l'épidémie, plus de 87.000 personnes sont décédées du Covid en France.

AFP

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