Climat morose en Métropole

Covid-19 : premier jour des vacances d'hiver, sur le fil du rasoir

  • PubliĂ© le 6 fĂ©vrier 2021 Ă  16:08
  • ActualisĂ© le 6 fĂ©vrier 2021 Ă  16:15
Des tĂ©lĂ©siĂšges Ă  l'arrĂȘt Ă  Chamrousse, prĂšs de Grenoble, en janvier 2021

Les vacances d'hiver ont dĂ©marrĂ© samedi pour une partie des Ă©coliers français, dans un climat morose pour le tourisme et un contexte Ă©pidĂ©mique extrĂȘmement fragile, l'agence sanitaire jugeant que de nouvelles mesures restrictives seront nĂ©cessaires dans un avenir proche.

Les vacanciers de Lyon, Bordeaux ou encore Grenoble (zone A), qui ont ouvert le bal de cette période des congés étalés jusqu'au 8 mars, peuvent se déplacer librement entre régions, le gouvernement ayant choisi de ne pas les limiter à l'intérieur du pays.

À Grenoble, le hall de la gare sonnait Ă©trangement creux samedi matin. "D'habitude, le premier samedi des vacances, ça grouille de monde", raconte un agent de la SNCF, bras croisĂ©s. DerriĂšre lui, un flot clairsemĂ© de vacanciers descendent d'un TGV tout juste arrivĂ© de Paris, comme MĂ©lanie, MĂ©lina et Lola, qui filent vers les Deux Alpes pour "profiter des stations de ski pendant qu'elles sont encore ouvertes".

Ceux qui partent sont appelĂ©s Ă  la plus grande prudence, comme ils l'avaient dĂ©jĂ  Ă©tĂ© pendant les fĂȘtes de fin d'annĂ©e. "L'heure n'est pas au relĂąchement de nos efforts", a prĂ©venu jeudi le Premier ministre Jean Castex.

Sans remontées mécaniques dans les stations de ski, avec un couvre-feu maintenu à 18H00, les rideaux des bars et restaurants toujours baissés et les lieux culturels fermés, ces vacances s'annoncent en sous-régime pour le tourisme.

- Vacanciers indécis -

A Azet, dans les Hautes-Pyrénées, prÚs de la frontiÚre espagnole, le gßte de Sylvie Guinet, d'habitude complet en cette période de vacances, n'a qu'une chambre sur cinq de réservée.

"C'est vraiment pas évident. Si je fais 20% de mon chiffre d'affaires de la saison derniÚre ce sera déjà bien", confie-t-elle à l'AFP. "Les gens réservent puis annulent au dernier moment, notamment avec toutes les incertitudes liées à l'annonce ou pas d'un confinement", souffle-t-elle, tout en comprenant les vacanciers indécis "pour qui ce n'est pas évident de rester enfermés dans leur chambre à partir de 18H00".

Le moral semble un peu meilleur à Cauterets, petite station-village des Pyrénées, qui attire les vacanciers de Bordeaux, mais aussi de Charente, Vendée ou Bretagne.

Ski de fond, raquette, ski de randonnée...: le domaine permet aux familles de profiter de la neige en se passant des remonte-pentes, relÚve Vincent Doutres, le directeur de l'office de tourisme de Cauterets. Mais "il ne faut pas se leurrer, on est en sous-activité", souligne-t-il.

Si le gouvernement a de nouveau Ă©cartĂ© Ă  ce stade de confiner le pays, sauf Ă  Mayotte, la menace de mesures plus restrictives persiste, au regard du contexte sanitaire extrĂȘmement tendu.

- Crainte d'une aggravation -

La circulation du coronavirus s'est stabilisée "à un niveau trÚs élevé", a relevé vendredi Santé publique France (SpF) dans son bulletin hebdomadaire. Cette situation "ne permet pas d'écarter l'hypothÚse d'une aggravation de la situation épidémiologique dans les prochaines semaines, liée à la poursuite de la circulation (des) variants" plus contagieux du coronavirus, note l'agence sanitaire.

Dans ce cas, des mesures "plus strictes" deviendront "nécessaires", a expliqué Daniel Levy-Bruhl, responsable de l'unité infections respiratoires de SpF vendredi.

La part des cas suspectĂ©s d'ĂȘtre des variants (anglais, sud-africain ou brĂ©silien) du virus SARS-CoV2 s'Ă©levait Ă  14% de tous les cas dĂ©tectĂ©s en France au 27 janvier, avec un taux proche de 20% en Ile-de-France, selon des rĂ©sultats prĂ©liminaires publiĂ©s jeudi. Au 7-8 janvier, la proportion du variant britannique avait Ă©tĂ© mesurĂ©e Ă  3,3% des cas positifs.

La pénétration en France est "beaucoup plus lente" que dans d'autres pays, "probablement par la combinaison d'un certain nombre de mesures qui ont été prises et de freins", a analysé le virologue Bruno Lina, chargé de cette cartographie.

- Un troisiĂšme vaccin -

AprÚs avoir augmenté tout au long du mois de janvier, le nombre de malades hospitalisés avec un diagnostic Covid s'est stabilisé cette semaine juste sous les 28.000 personnes. Parmi elles, 3.235 malades étaient soignés en service de réanimation, soit environ 60% des capacités d'avant la crise sanitaire. La pression hospitaliÚre reste donc forte, au point que "nombre de nos hÎpitaux" doivent encore "décaler des soins moins urgents pour libérer des lits", a souligné Jean Castex.

La maladie a tuĂ© 78.603 personnes depuis le dĂ©but de l'Ă©pidĂ©mie. La campagne de vaccination se poursuit, sur fond d'approvisionnements toujours limitĂ©s et de contraintes logistiques. DĂšs ce week-end, des doses du troisiĂšme vaccin disponible dans l'Union europĂ©enne, celui d'AstraZeneca, vont ĂȘtre injectĂ©es - le dĂ©cret est paru au Journal officiel samedi. Il sera administrĂ© en prioritĂ© Ă  des soignants de moins de 65 ans.

Concernant le respect du couvre-feu, une importante opération de contrÎles a eu lieu vendredi soir en Ile-de-France, donnant lieu à 339 verbalisations pour défaut d'attestation ou non-port du masque, a indiqué la préfecture de police de Paris. Depuis l'instauration, le 15 décembre, d'un couvre-feu national d'abord à 20H00, 188.402 procÚs-verbaux ont été établis en France, selon le ministÚre de l'Intérieur.

AFP

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