A quel rythme desserrer les contraintes sanitaires ? Faut-il ouvrir plus rapidement la vaccination aux moins de 55 ans sans condition ? En attendant une intervention d'Emmanuel Macron, les questions s'accumulent pour l'exécutif, confronté à un ralentissement qui traßne en longueur de l'épidémie de Covid-19.
Le chef de l'Etat, qui pourrait s'exprimer avant le 5 mai sur le calendrier de rĂ©ouverture des activitĂ©s, rĂ©unit mercredi un nouveau conseil de dĂ©fense sanitaire, aprĂšs s'ĂȘtre entretenu avec une dizaine de maires mardi.
D'aprÚs les élus, aucune date précise n'a été révélée et l'Elysée travaille toujours sur un plan en plusieurs phases pour rouvrir les terrasses, les lieux culturels, les salles de sports et les restaurants entre la mi-mai et la fin juin.
Les terrasses rouvriront-elles avant ou aprĂšs le pont de l'ascension (13-16 mai) ? L'heure du couvre-feu sera-t-elle dĂ©calĂ©e ? Quels musĂ©es pourront accueillir du public, et avec quelles jauges, aprĂšs plus de six mois de fermeture totale ? Les rĂ©ouvertures seront-elles diffĂ©rentes selon les territoires ? De nombreuses questions restent posĂ©es et l'attente d'une intervention du chef de l'Etat a relancĂ© la machine Ă spĂ©culations, au moment oĂč d'autres pays europĂ©ens, comme la Grande-Bretagne ou l'Italie, ont pu dĂ©jĂ entamer une levĂ©e plus ou moins progressive des restrictions sanitaires.
- "Pas de dates" -
"Il n'a pas donné de dates", a expliqué à l'AFP le maire de Hazebrouck (Nord) Valentin Belleval, qui s'attend à des annonces du président "d'ici la fin de semaine, ou semaine prochaine".
"On desserre avec un frein d'urgence, c'est-à -dire que si ponctuellement il y a nécessité, on revient en arriÚre selon les départements", mais la territorialité ne s'appliquerait pas pour les phases de réouvertures, a cru comprendre de son cÎté le maire de Mùcon, Jean-Patrick Courtois, aprÚs la réunion par visioconférence.
Avec environ 30.000 cas positifs par jour en moyenne et prÚs de 6.000 malades du Covid-19 toujours hospitalisés dans les services de réanimation, les indicateurs sanitaires restent dégradés en France. Mardi, 338 nouveaux décÚs de malades du Covid-19 ont été comptabilisés dans les hÎpitaux, portant le bilan à 103.632 morts depuis le début de l'épidémie.
"Aujourd'hui les données nous indiquent qu'on a passé un pic, plus ou moins au début du mois d'avril, et on est en descente, mais cette descente est assez lente", a expliqué mercredi sur RTL l'épidémiologiste et directrice de recherches à l'Inserm, Vittoria Colizza.
"Avec un R (taux de reproduction du virus) à 0,9" comme c'est le cas actuellement, "il nous faut un mois pour diviser par deux, plus ou moins, le nombre de cas" mais avec la réouverture des écoles depuis lundi, il faut s'attendre selon elle à "une diminution du ralentissement" de l'épidémie, ce qui "pourrait nous amener à un plateau".
- "Débrider" -
Dans ce contexte, la cadence de la vaccination reste un enjeu crucial pour le gouvernement, confronté à des demandes de plus en plus pressantes d'anticiper l'ouverture, fixée pour l'instant au 15 mai, des injections aux 50-55 ans sans conditions de comorbidité. Une pression relancée par le constat que des rendez-vous restent libres dans certains grands centres de vaccination, comme au Stade de France.
"Je crois qu'il faut dĂ©brider la question de l'Ăąge, parce que c'est quand mĂȘme un scandale que des doses ne soient pas utilisĂ©es alors qu'il y a beaucoup de gens qui souhaitent se faire vacciner", a insistĂ© la maire de Paris, Anne Hidalgo, sur France Info.
"Des créneaux libres, il n'y en a pas tant que ça", a voulu relativiser sur Europe 1 le président du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, Alain Fischer, qui a insisté sur la nécessité d'"aller chercher" les personnes non vaccinées dans les catégories éligibles. A ce stade, le gouvernement n'a pas prévu d'aller plus vite, mais "si on constate qu'il y a un risque de perte de dose, on n'exclut pas d'accélérer", explique-t-on au ministÚre de la Santé.
A l'heure actuelle, la vaccination est ouverte à environ 25 millions de personnes, dont notamment les résidents des Ehpad, les plus de 55 ans, les 50-54 ans les plus fragiles et certaines professions ou personnes vulnérables. "14,3 millions de personnes ont reçu une premiÚre dose, donc ça fait plus de 20% des personnes de ce pays. Ce qui est bien mais encore loin du compte", a souligné Alain Fischer.
AFP



