La crainte d'effets secondaires et un manque présumé d'efficacité freinent la vaccination contre la grippe chez les 65-75 ans, montre une étude publiée mardi, qui appelle à lutter contre ces "fausses croyances" pour éviter des centaines de décÚs chaque année.
Moins de la moitiĂ© (45,9%) des personnes de cette tranche d'Ăąge dĂ©claraient s'ĂȘtre fait vacciner contre la grippe lors de l'hiver 2015-2016, note l'Ă©tude, publiĂ©e dans le Bulletin Ă©pidĂ©miologique hebdomadaire (BEH) de l'agence SantĂ© publique France, alors que la campagne de vaccination pour l'hiver prochain vient de dĂ©buter.
Les plus de 65 ans représentent pourtant "une des populations les plus vulnérables face à la grippe saisonniÚre en termes de mortalité" et de complications graves, et la vaccination est donc particuliÚrement recommandée dans ce groupe de population, rappellent les auteurs.
"Certaines perceptions" du vaccin antigrippal "semblent pouvoir expliquer cette faible couverture", avancent-ils.
Si 81,3% des 65-75 ans considĂšrent la grippe comme "grave", et 92,1% comme "frĂ©quente", plus du tiers (35,7%) doute de l'efficacitĂ© du vaccin et prĂšs de la moitiĂ© (46,9%) pense qu'il peut provoquer des effets secondaires graves, selon des rĂ©ponses recueillies dans le cadre du BaromĂštre santĂ© 2016, une large enquĂȘte rĂ©alisĂ©e tous les ans par l'agence sanitaire.
"La perception de l'efficacitĂ© du vaccin est le facteur qui influence le plus fortement le geste vaccinal: la probabilitĂ© de s'ĂȘtre fait vacciner est cinq fois plus importante chez les 65-75 ans dĂ©clarant que le vaccin est efficace", ajoutent les auteurs.
Le fait de considĂ©rer la grippe comme une maladie grave est lĂ aussi "fortement liĂ© au fait de s'ĂȘtre fait vacciner", tandis que ceux qui pensent que le vaccin peut provoquer des effets secondaires graves sont moins nombreux Ă y avoir recours.
Ces rĂ©sultats montrent que, pour augmenter la couverture vaccinale, "les campagnes d'information et de communication sur la grippe doivent continuer (...) Ă lutter contre les fausses croyances", estiment les chercheurs. La composition du vaccin est modifiĂ©e chaque annĂ©e en fonction de l'Ă©volution des souches du virus en circulation. Ces souches peuvent parfois muter entre le moment oĂč le vaccin est conçu et l'arrivĂ©e effective de l'Ă©pidĂ©mie, ce qui diminue alors son efficacitĂ©.
Mais mĂȘme avec une efficacitĂ© modĂ©rĂ©e, l'impact global sur la mortalitĂ© des personnes ĂągĂ©es reste sensible. Selon une Ă©tude publiĂ©e en 2015, portant sur la pĂ©riode 2000-2009, plus de 2.000 dĂ©cĂšs par an ont Ă©tĂ© Ă©vitĂ©s grĂące Ă la vaccination, avec une efficacitĂ© moyenne du vaccin chez les personnes ĂągĂ©es Ă©valuĂ©e Ă 35%. Et une couverture vaccinale portĂ©e Ă 75% permettrait d'en Ă©viter 3.000 supplĂ©mentaires, selon la mĂȘme Ă©tude.
Quant à son éventuelle dangerosité, le vaccin antigrippal est "considéré comme sans danger par l'Organisation mondiale de la santé" et n'entraßne que "des effets indésirables classiques et bénins": réactions locales au point d'injection, fiÚvre ou douleurs musculaires, soulignent les auteurs.
Le taux de vaccination contre la grippe des plus de 65 ans était encore de 63,9% en 2009-2010, mais il a chuté dans les années suivantes, aprÚs la campagne de vaccination controversée contre la pandémie de grippe H1N1 de 2009.
L'an dernier, la grippe a été responsable d'environ 14.400 décÚs, selon les estimations de Santé publique France.
AFP
