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Crash du MH17: les enquĂȘteurs publient leur rapport final

  • PubliĂ© le 13 octobre 2015 Ă  08:25
Des fleurs apportées posées sur des débris du MH17, le 26 juillet 2014 à Grabove, dans la région de Donetsk, en Ukraine

Quinze mois aprĂšs le crash du vol MH17 dans l'est de l'Ukraine et la mort de ses 298 occupants, les enquĂȘteurs nĂ©erlandais doivent publier mardi leur rapport final, qui pourrait exacerber les tensions entre l'Occident et Moscou.


Alors que le Bureau néerlandais pour la sécurité (OVV) finalisait ses préparations pour la publication trÚs attendue de son rapport, Moscou a préparé sa contre-offensive, aprÚs avoir démenti de maniÚre véhémente tout rÎle dans les événements du 17 juillet 2014.
L'OVV, qui mĂšne l'enquĂȘte depuis que le Boeing 777 de la Malaysia Airlines a disparu des radars, doit prĂ©senter ses conclusions vers 13H15 (11H15 GMT) sur la base aĂ©rienne de Gilze-Rijen, dans le sud des Pays-Bas.
Les 298 personnes qui se trouvaient à bord, dont deux tiers de Néerlandais, sont décédées quand l'appareil a été abattu au dessus d'une zone en proie à des combats entre séparatistes pro-russes et forces gouvernementales, alors qu'il reliait Amsterdam à Kuala Lumpur.
L?Ukraine et les États-Unis affirment que l'appareil a Ă©tĂ© abattu par les sĂ©paratistes pro-russes grĂące Ă  un missile sol-air de type BUK fourni par la Russie. Selon des analystes, les sĂ©paratistes auraient abattu le Boeing 777 "par erreur", pensant avoir pris pour cible un avion militaire ukrainien.
"Nous nous attendons Ă  ce que le rapport confirme ce que nous avons assumĂ© ĂȘtre une erreur russe", a affirmĂ© Ă  l'AFP Peter Felstead, Ă©diteur du magazine spĂ©cialisĂ© Jane's Defense Weekly. Les opĂ©rateurs du systĂšme pensaient "avoir pris pour cible un avion militaire dans la rĂ©gion mais il s'est rĂ©vĂ©lĂ© qu'il s'agissait d'un avion de ligne", a-t-il ajoutĂ©.
Moscou rejette ces accusations et pointe du doigt les forces ukrainiennes.

- 'Des choses étranges' -

Le drame avait exacerbé les tensions entre la Russie et l'Occident, déjà envenimées par le conflit dans l'est de l'Ukraine. Selon les Nations unies, quelques 8.000 personnes sont décédées dans ce conflit.
Le rapport pourrait raviver ces tensions sur fond de désaccord sur l'implication de la Russie en Syrie.
Le ministre russe des Affaires Ă©trangĂšres SergueĂŻ Lavrov a affirmĂ© lundi qu'il existait de "nombreuses choses Ă©tranges" au sujet de l'enquĂȘte.
"Des fragments de l'avion et les corps des victimes n'ont pas Ă©tĂ© rassemblĂ©s pendant longtemps et seulement certains ont Ă©tĂ© pris alors que d'autres ont Ă©tĂ© laissĂ©s sur place", a-t-il affirmĂ©. "La Russie n'a pas reçu de rĂ©ponses aux nombreuses questions qu'elle a adressĂ© Ă  ce groupe d'enquĂȘteurs", a-t-il ajoutĂ©.
Le constructeur du systÚme de missile BUK organise également une conférence de presse pour présenter sa version de la destruction de l'appareil, aprÚs avoir réalisé "une expérience" qui consistait à abattre un vieil avion.

- Pas de responsable désigné -

Le rapport ne dĂ©signera toutefois aucun responsable, assurant qu'il s'agit de la tĂąche de l'enquĂȘte pĂ©nale menĂ©e par une Ă©quipe internationale d'experts, sous la coordination du parquet nĂ©erlandais.
Il abordera la cause du crash (à savoir si un missile sol-air a été utilisé et si oui de quel type), la longue attente des familles avant de recevoir une confirmation du décÚs de leurs proches et le survol de zones de conflit par les lignes commerciales.
Le directeur de l'OVV, Tjibbe Joustra, évoquera également une question qui taraude les familles: leurs proches étaient-ils conscients qu'ils allaient mourir?
De plus, les familles des victimes espĂšrent que le rapport permettra de maintenir la pression pour arrĂȘter et juger les responsables. Les proches pourront Ă©galement examiner la reconstruction partielle de l'avant de l'appareil.
Un analyste ukrainien a néanmoins affirmé à l'AFP douter de l'impact du rapport.
"L'Ukraine n'est plus le centre d'attention pour la politique internationale. Nous sommes toujours sur le radar mais certainement plus en son centre", a assuré Vadim Karasev, le directeur de l'Institut des Stratégies globales de Kiev.


Par Maude BRULARD - © 2015 AFP
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