Justice

Crash du Rio-Paris: les juges ordonnent un non-lieu pour Airbus et Air France

  • PubliĂ© le 5 septembre 2019 Ă  12:57
  • ActualisĂ© le 5 septembre 2019 Ă  14:29
Photo publiée le 8 juin 2009 montrant des débris de l'avion récupérés aprÚs le crash du Rio Paris dans l'Atlantique

Les juges d'instruction chargĂ©s de l'enquĂȘte sur le crash du Rio-Paris en 2009 ont ordonnĂ© un non-lieu gĂ©nĂ©ral pour Airbus et Air France, a appris jeudi l'AFP de sources concordantes.

Cette décision, rendue dix ans aprÚs l'accident du vol AF447 et la mort des 228 personnes à son bord, diffÚre des réquisitions du parquet qui avait réclamé en juillet un procÚs pour la seule compagnie aérienne.
La principale association de proches de victimes, Entraide et Solidarité AF447, va faire appel "d'une ordonnance qui insulte la mémoire des victimes", a annoncé à l'AFP son avocat Alain Jakubowicz.

Le 1er juin 2009, le vol AF447 s'était abßmé dans l'océan Atlantique. Les 228 passagers et membres d'équipages, de 34 nationalités, avaient péri dans l'accident, le plus meurtrier de l'histoire de la compagnie française.

Point de départ de la catastrophe: le givrage en vol de sondes de vitesse Pitot, qui avait conduit à un dérÚglement des mesures de vitesse de l'Airbus A330 et désorienté les pilotes jusqu'au décrochage de l'appareil.
Dans cette procédure, qui dure depuis plus de dix ans, les deux entreprises avaient été mises en examen en 2011 pour "homicides involontaires". Dans son réquisitoire définitif rendu le 12 juillet, le parquet de Paris avait demandé aux magistrats de renvoyer Air France devant le tribunal correctionnel et de prononcer un non-lieu pour le constructeur.

Le ministĂšre public considĂ©rait notamment que la compagnie aĂ©rienne avait "commis une nĂ©gligence et une imprudence" en ne dĂ©livrant pas Ă  ses pilotes suffisamment d'informations sur la procĂ©dure Ă  adopter en cas d'anomalies liĂ©es aux sondes qui permettent de contrĂŽler la vitesse de l'appareil, aprĂšs plusieurs incidents du mĂȘme genre au cours des mois prĂ©cĂ©dents.
"Cet accident s'explique manifestement par une conjonction d'Ă©lĂ©ments qui ne s'Ă©tait jamais produite, et qui a donc mis en Ă©vidence des dangers qui n'avaient pu ĂȘtre perçus avant cet accident", estiment les juges dans leur ordonnance signĂ©e le 29 aoĂ»t, dont l'AFP a eu connaissance.

AFP

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