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Crise des migrants: un sommet UE-Turquie en mars, l'Autriche critiquée

  • PubliĂ© le 19 fĂ©vrier 2016 Ă  08:56
Des migrants marchent en direction de l'Autriche, prĂšs du village de Nickelsdorf Ă  la frontiĂšre austro-hongroise, le 5 septembre 2015

Les dirigeants européens ont l'intention de convoquer un nouveau sommet extraordinaire avec la Turquie, début mars, dans le but d'améliorer la coopération entre l'UE et Ankara afin de résorber les flux migratoires, à l'issue de débats marathon à Bruxelles.


Les 28 chefs d'Etat et de gouvernement, rĂ©unis pour un sommet consacrĂ© d'abord aux nĂ©gociations sur le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, ont rĂ©affirmĂ© "Ă  l'unanimitĂ©" que "la dĂ©marche doit ĂȘtre europĂ©enne", et non unilatĂ©rale, face Ă  la crise migratoire la plus grave depuis 1945.
Plus particuliÚrement visée: l'Autriche qui a décidé d'imposer des quotas quotidiens à l'entrée sur son territoire de demandeurs d'asile et de migrants en transit.
Il y a "ceux qui continuent à espérer qu'on peut trouver une solution ensemble et ceux qui y croient de moins en moins et donc qui prennent des initiatives tout seuls", a résumé un responsable européen.
Force est de constater que "les flux de migrants arrivant en GrÚce depuis la Turquie restent bien trop élevés", soulignent les 28 dans les conclusions du sommet. Plus de 84.000 personnes sont arrivées par la mer sur le sol de l'UE depuis le 1er janvier, selon l'OIM (Organisation internationale pour les migrations).
"Avant cette réunion il y avait ceux qui doutaient de la nécessité de résoudre le problÚme de la crise des réfugiés ensemble avec la Turquie (...). Nous avons confirmé qu'il n'y a pas d'alternative à une bonne, intelligente et sage coopération avec la Turquie", a insisté le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à la sortie de la réunion.
L'enjeu est l'application du "plan d'action" conclu en octobre dernier entre la Turquie et l'UE, avec pour objectif d'endiguer les flux de migrants depuis la Turquie vers la GrÚce, que ce soit en améliorant la surveillance des frontiÚres ou la gestion sur place des réfugiés.
"Des efforts supplémentaires, résolus de la part aussi de la Turquie" sont nécessaires, selon les 28.
"On a les accords avec la Turquie pour contrÎler les passeurs et l'Otan qui pourrait, si tout va bien, naviguer (en mer Egée) dÚs la semaine prochaine", a énuméré de son cÎté le Premier ministre néerlandais Marc Rutte.
"Quand on fait l'addition de tous ces filtres (...) cela doit mener à un contrÎle des flux pour que, quand le printemps arrive, on n'ait pas les chiffres (d'arrivées) qu'on avait l'an dernier", a ajouté M. Rutte.
- "Urgence de réussir" -
Premier concerné, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a annulé sa visite prévue à Bruxelles en marge du sommet des 28 avec un groupe de onze pays de l'UE, aprÚs un attentat à Ankara, les privant d'une "réunion franche" selon le mot d'une source européenne.
"La difficulté des jours qui viennent est de savoir si la coopération avec la Turquie permettra de parvenir à des résultats suffisants pour éviter un plan B, à savoir une fragmentation supplémentaire de l'espace Schengen par l'établissement de contrÎles aux frontiÚres intérieures par l'initiative non coordonnée de quelques Etats membres", a observé une source diplomatique française.
La décision unilatérale de Vienne a "surpris" certains pays, en particulier ceux situés sur la route migratoire des Balkans, selon la chanceliÚre allemande Angela Merkel.
"La décision autrichienne souligne l'urgence de réussir", a plaidé Mme Merkel.
L'Autriche a confirmé à Bruxelles son intention de mettre en place dÚs vendredi les quotas journaliers, soit 80 demandeurs d'asile par jour et 3.200 personnes en transit.
La Commission a vivement critiqué la décision, qualifiée de "clairement incompatible" avec le droit européen et international par le commissaire chargé de la Migration Dimitris Avramopoulos, dans un courrier adressé à la ministre autrichienne de l'Intérieur.
De leur cÎté, les pays d'Europe centrale ont menacé de renforcer la protection de leurs frontiÚres si le flot ne tarissait pas d'ici la mi-mars, ce qui constituerait un "manquement à ses promesses" de la Turquie, selon un ministre tchÚque.
Face aux difficultĂ©s qui ne se rĂ©sorbent pas, un "dĂ©bat exhaustif" est attendu lors du prochain sommet de mars, selon les conclusions, au cours duquel "des orientations supplĂ©mentaires devront ĂȘtre dĂ©cidĂ©es et des choix faits".

Par Maude BRULARD - © 2016 AFP
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