Politique

Darmanin poursuit son offensive et irrite au sein de la majorité

  • PubliĂ© le 26 aoĂ»t 2023 Ă  10:19
  • ActualisĂ© le 26 aoĂ»t 2023 Ă  10:21
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin à Nßmes, dans le Gard, le 25 août 2023 ( AFP / NICOLAS TUCAT )

Victoire "assez probable" de Marine Le Pen en 2027, ode aux "classes populaires" et à l'Insoumis François Ruffin: Gérald Darmanin poursuit son offensive, en prélude à sa rentrée politique dimanche à Tourcoing (Nord), et provoque des remous au sein de la majorité.

Vendredi, le ministre de l'Intérieur s'est rendu à Nßmes. Deux jours aprÚs la mort d'un garçon de 10 ans, victime collatérale de la guerre entre trafiquants de stupéfiants, un adolescent de 18 ans a été abattu jeudi sur un point de deal. Deux unités de CRS déployées, le Raid sollicité: il faut "rétablir l'ordre public, ce qui est le cas", a expliqué M. Darmanin sur RTL.

L'actualitĂ© sĂ©curitaire n'empĂȘche pas le locataire de la Place Beauvau de poursuivre son offensive politique. Mi-aoĂ»t, M. Darmanin avait ouvertement tĂ©moignĂ© de son intĂ©rĂȘt pour la prĂ©sidentielle de 2027 et distribuĂ© les critiques Ă  l'endroit de la majoritĂ©, accusĂ©e de ne pas assez Ă©couter les "classes populaires". Jeudi soir, le ministre a passĂ© une nouvelle couche dans les colonnes de La Voix du Nord.

"Le fait est que dans cinq ans, une victoire de Madame Le Pen est assez probable. Face à cela, il ne nous faudra qu'une ou un candidat. Et que nous ne nous fondions pas seulement sur les gagnants de la mondialisation et les élus des centres-villes, car ça ne fait pas 51% des voix", insiste le ministre.

Des sorties qui agacent au sein de la majoritĂ©. "2027, c'est bien loin", avait dĂ©jĂ  rĂ©torquĂ© mercredi la PremiĂšre ministre Élisabeth Borne. "Les idĂ©es doivent passer avant les Ă©gos", lance vendredi dans Le Parisien le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du parti prĂ©sidentiel Renaissance, StĂ©phane SĂ©journĂ©.

Cinglante rĂ©plique de l'intĂ©ressĂ© dans le mĂȘme journal envers cet ancien collaborateur d'Emmanuel Macron, prĂ©sident de groupe au Parlement europĂ©en: "Je n'ai hĂ©ritĂ© d'aucune ville, d'aucune circonscription, je ne suis pas Ă©lu sur une liste Ă  la proportionnelle. Je suis, c'est vrai, diffĂ©rent: d'origine modeste et issu de l'immigration, cela gĂȘne peut-ĂȘtre".

"Ouvrir un front intérieur dans la majorité, c'est la plus mauvaise des choses que l'on pouvait faire", regrette un important dirigeant du camp présidentiel, qui s'agace de "la constitution d'un courant sarkozyste au sein de la majorité".

- Borne "bien sûr invitée" -

Dimanche, à Tourcoing, Gérald Darmanin entend démontrer l'étendue de ses soutiens. Avant sa prise de parole finale, trois thÚmes seront abordés: travail, écologie et sécurité.

Le ministre annonce la prĂ©sence d'"une centaine de parlementaires". De la majoritĂ©, dont Laurent Marcangeli, le patron des dĂ©putĂ©s Horizons, le parti d’Édouard Philippe, mais aussi quelques Ă©lus Les RĂ©publicains. Voire du groupe Liot, qui a dĂ©posĂ© des motions de censure contre le gouvernement, mais que le ministre compte chouchouter en se rendant Ă  ses journĂ©es parlementaires dĂ©but septembre en Guadeloupe.

Une petite dizaine de ministres devrait Ă©galement faire le dĂ©placement. Quant Ă  Élisabeth Borne, "je l'ai bien sĂ»r invitĂ©e", a assurĂ© M. Darmanin vendredi. Mais pour l'heure, la prĂ©sence de la PremiĂšre ministre n'est pas d'actualitĂ©.

Comme Nicolas Sarkozy, qui lui apporte un soutien appuyĂ© pour l’ÉlysĂ©e dans son dernier livre, GĂ©rald Darmanin entend donc sĂ©duire les classes populaires. Et l'Ă©lu du Nord de citer l'Insoumis François Ruffin, qui insiste rĂ©guliĂšrement sur les questions sociale et sĂ©curitaire pour l'Ă©lectorat de gauche.

Mais le dĂ©putĂ© de la Somme n'entend pas se laisser enrĂŽler. Une possible victoire de Mme Le Pen en 2027, "grĂące Ă  qui ? Dix ans de Macron-Darmanin-Philippe-Le Maire. Quand Macron promettait en 2017 qu'il n'y aurait plus +aucune raison de voter pour les extrĂȘmes+ Ă  la fin de son mandat. Quand le problĂšme se prĂ©sente comme la solution", a postĂ© François Ruffin sur X (ex-Twitter).

Également invoquĂ© par le ministre de l'IntĂ©rieur, le leader communiste Fabien Roussel, Ă©lu du Nord comme lui, juge M. Darmanin "disqualifiĂ© pour parler aux classes populaires". Pour le socialiste Olivier Faure, il tient un discours "en totale contradiction" avec l'action menĂ©e depuis six ans par Emmanuel Macron: "privilĂ©gier les classes trĂšs supĂ©rieures". Et Jean-Luc MĂ©lenchon a dĂ©signĂ© le ministre de l'IntĂ©rieur comme le principal adversaire au sein du camp prĂ©sidentiel, un "candidat commun" assurant "la jonction de la droite avec l'extrĂȘme droite."

AFP

guest
3 Commentaires
Missouk
Missouk
2 ans

Le clone de Sarko dans ses basses oeuvres... Je ne lui souhaite qu'une chose, qu'il finisse comme son mentor!

HULK
HULK
2 ans

Et alors? MACRON a fait pareil quand il visait la présidentielle en 2017? Il a bien raison DARMANIN. C'est çà la politique, il faut jouer des coudes. Aucune morale.

payet
payet
2 ans

darmanin démission ,legalisation et liberté pour les citoyens,trop de police trop d interdit on est pas tous des cathos d extreme droite!