France

De retour devant la justice, Jawad Bendaoud se donne de nouveau en spectacle

  • PubliĂ© le 25 avril 2018 Ă  22:01
  • ActualisĂ© le 26 avril 2018 Ă  05:14
Jawad Bendaoud quitte le tribunal de Bobigny, le 25 avril 2018 aprÚs avoir été condamné à de la prison avec sursis pour des menaces sur son ex-compagne

De retour devant la justice, Jawad Bendaoud s'est livré à un nouveau show mais sans convaincre totalement ses juges: relaxé en février, le logeur de jihadistes du 13-Novembre a été condamné mercredi à Bobigny à de la prison avec sursis pour des menaces sur son ex-compagne.


Cet habitué des tribunaux et des coups d'éclat médiatiques a comparu dans la tenue décontractée --t-shirt, short et claquettes-- qu'il portait lorsqu'il a été interpellé mardi à l'aube à son domicile de Saint-Denis, pour des faits de violence remontant à octobre 2015 et des menaces trÚs récentes.

A l'issue de son procÚs en comparution immédiate, cet homme de 31 ans au casier chargé (neuf mentions) a été condamné à six mois de prison avec sursis, une peine assortie d'une obligation de soins et de l'interdiction d'entrer en contact avec son ex-petite amie pendant deux ans.

Le parquet avait requis six mois ferme, jugeant que "la seule chose qui intĂ©resse M. Bendaoud, c'est sa rĂ©putation; la victime, il s'en fiche". Intarissable, celui qui avait accĂ©dĂ© brutalement Ă  la notoriĂ©tĂ© quatre jours aprĂšs les attentats du 13 novembre 2015 s'est livrĂ© Ă  un vĂ©ritable show devant les nombreux journalistes et employĂ©s du tribunal venus assister Ă  l'audience, coupant la parole au prĂ©sident ou l'interpellant familiĂšrement : "Vous m'Ă©coutez, lĂ , monsieur le juge?". Des dĂ©rapages qui lui ont valu d'ĂȘtre fermement recadrĂ© par le magistrat.

- "ComplĂštement perdu"-

S'il a reconnu avoir mis "un coup de tĂȘte" en 2015 Ă  son ex-compagne avec laquelle il entretient une relation tumultueuse depuis 2004, il a niĂ© l'avoir fait chuter Ă  terre. La jeune femme, mĂšre d'un garçon de 9 ans qu'il considĂšre comme le sien sans ĂȘtre certain d'en ĂȘtre le pĂšre biologique, s'Ă©tait vu prescrire un jour d'interruption totale de travail.

Le président du tribunal a relevé "l'ambivalence" de la plaignante qui a envoyé au prévenu une photo d'elle "en tenue légÚre" lundi soir, veille de son interpellation.

Quant aux menaces de mort, qui remontent à mars et avril, le prévenu a expliqué avoir "pété les plombs" aprÚs avoir reçu des vidéos pornographiques dans lesquelles son ex-compagne lui affirmait avoir tourné. Dans une série de textos, il menaçait notamment de lui "arracher les yeux" et de la "brûler vive".

Selon lui, celle dont il porte le prénom tatoué sur le torse a voulu lui faire payer son succÚs auprÚs des filles, qui doit beaucoup à la notoriété qu'il a acquise depuis le 18 novembre 2015 quand il s'était maladroitement défendu devant les caméras de télévision, quelques jours aprÚs les attentats de Paris et de Saint-Denis.

Son retentissant procÚs en février à Paris pour avoir logé deux des jihadistes du 13-Novembre et sa relaxe n'ont fait qu'accroßtre la renommée de celui qui a été détenu 27 mois à l'isolement.

Mercredi Ă  la barre, "Jawad" s'est d'ailleurs vantĂ© d'avoir "couchĂ© avec dix-sept filles" depuis sa sortie de prison le 14 fĂ©vrier. "Je fais 80.000 vues sur +Snap+, l'Ă©quivalent du Stade de France ! Partout oĂč je vais, c'est gratuit, en boĂźte de nuit, partout", a Ă©galement fanfaronnĂ© l'ancien dealer de cocaĂŻne.

"On ne peut pas attendre de quelqu'un qui sort de 27 mois d'isolement qu'il soit l'homme le plus rangé du monde", a plaidé son avocat, Me Xavier Nogueras, enjoignant le tribunal de ne pas renvoyer en prison son client, qui est "complÚtement perdu psychologiquement", en attendant son procÚs en appel en novembre pour recel de malfaiteurs terroristes.

AFP

guest
0 Commentaires