Vers la crise des Rohingyas

DerniĂšre messe en Birmanie pour le pape avant le Bangladesh

  • PubliĂ© le 30 novembre 2017 Ă  10:36
  • ActualisĂ© le 30 novembre 2017 Ă  11:02
Des catholiques assistent prÚs de la cathédrale Sainte Marie à Rangoun à la messe célébrée par le pape François le 30 novembre 2017

Le pape François a fini jeudi sa visite historique en Birmanie avec une ultime messe avec de jeunes catholiques birmans, avant de s'envoler vers le Bangladesh voisin, oĂč la crise des Rohingyas musulmans sera au coeur de sa visite.


En longyi, en tenue traditionnelle ou en habits du dimanche, quelques centaines de croyants ont suivi la messe dans la cathédrale Sainte-Marie de Rangoun.
Sur un terrain de basket jouxtant la cathĂ©drale, mĂȘme les enfants dans la foule Ă©taient attentifs face Ă  l'Ă©cran gĂ©ant, ayant pris soin d'enlever leurs chaussures pour pouvoir s'agenouiller.
Pendant cette visite historique (la premiÚre d'un pape en Birmanie), le pape n'a pas prononcé une seule fois le mot "Rohingya", tabou dans ce pays influencé par un nationalisme bouddhiste virulent, dans le déni du drame des plus de 620.000 Rohingyas enfuis depuis fin août pour échapper à ce que l'ONU considÚre comme une épuration ethnique menée par l'armée birmane.
Se limitant à des allusions obliques aux violences, il a appelé les Birmans "au respect de tout groupe ethnique" et à "dépasser toutes les formes d'intolérances, de préjugé et de haine".
Pour cette deuxiĂšme Ă©tape de sa visite, le sujet devrait ĂȘtre abordĂ© plus frontalement: le pape rencontrera vendredi une dĂ©lĂ©gation de rĂ©fugiĂ©s rohingyas, Ă©vĂ©nement qui s'annonce comme l'un des temps forts de ces trois jours de visite.
Point commun des deux pays, majoritairement bouddhiste pour l'un, musulman pour l'autre: les catholiques y sont une toute petite minoritĂ©. Au Bangladesh, un prĂȘtre catholique a disparu depuis lundi soir, ce qui suscite l'inquiĂ©tude.
Les autorités ne privilégient pas la piste d'une capture par des extrémistes islamistes. "Nous sommes quasiment certains que les extrémistes ne sont pas liés à cela", a affirmé jeudi à l'AFP Khurshid Hasan, chef de la police locale.

Par Sophie LAUTIER - © 2017 AFP

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