Soutien

"Des aides indispensables": une distribution alimentaire au secours des étudiants

  • PubliĂ© le 29 janvier 2021 Ă  14:01
  • ActualisĂ© le 29 janvier 2021 Ă  16:04
Des étudiants viennent chercher des colis d'aide alimentaire le 28 janvier 2021 à Paris

Plus de 400 Ă©tudiants font la queue Ă  l'entrĂ©e d'un local oĂč les tubes musicaux du moment s'enchaĂźnent. A l'intĂ©rieur, pas de boĂźte de nuit mais une distribution alimentaire qui ne dĂ©semplit pas depuis la rentrĂ©e de septembre. Tous les lundis et jeudis, 2,5 tonnes de nourriture invendue sont donnĂ©es aux Ă©tudiants qui affluent de tout Paris pour rĂ©cupĂ©rer des colis.

Fruits et légumes, plats préparés, l'association Linkee spécialisée dans la lutte contre le gaspillage alimentaire met à leur disposition de quoi faire face à la précarité qui les touche de plein fouet depuis le début de la pandémie. Bien avant le lancement de la distribution à 18h30, une queue de plusieurs dizaines de mÚtres s'est formée dans ce qui est en temps normal un bar et un espace de co-working du XIIIe arrondissement de Paris.

"Je suis venue d'abord par curiosité, puis ça devient une habitude. Les plats sont variés, ça aide beaucoup", explique Rim, une étudiante qui occupe la premiÚre place de cette file impressionnante.
Pour cette Tunisienne de 24 ans qui a intĂ©grĂ© en aoĂ»t un master en... santĂ© publique, les "galĂšres" financiĂšres se sont enchaĂźnĂ©es depuis la rentrĂ©e. "Tu payes, tu payes et tu n'as pas d'argent qui rentre... Je me suis dit que j'allais peut-ĂȘtre devoir me priver de quelque chose", souffle-t-elle.

Tandis que les centaines de bénéficiaires patientent sous une légÚre pluie, la vingtaine de bénévoles s'affaire en donnant au local des allures d'usine. "Tous ceux qui donnent sont aussi content que ceux qui reçoivent", proclame Julien Meimon, le président de Linkee. "Les bénévoles sont aussi des étudiants qui repartent avec un colis de nourriture, il y a un lien entre eux, ils discutent".

Pour les bĂ©nĂ©voles, leur rĂŽle social est une Ă©vidence. "Je vais les voir (les bĂ©nĂ©ficiaires) pour qu'ils Ă©margent aprĂšs l'inscription, ça permet de discuter, de faire une blague", explique Simon Rujano, un Ă©tudiant vĂ©nĂ©zuĂ©lien installĂ© en France depuis douze ans. "C'est important d'ĂȘtre chaleureux, le but, ce n'est pas que tout se fasse Ă  la chaĂźne".

- "Des repas, et des économies" -

Quand les portes s'ouvrent et que la distribution dĂ©marre, les derniers arrivĂ©s sont Ă  plus de 100 mĂštres de l'entrĂ©e. "C'est tout le temps comme ça", sourit Michael Galvis en enlevant ses Ă©couteurs. Il suit des Ă©tudes d'architecture Ă  Paris et se rend Ă  plusieurs distributions par semaine pour compenser l'absence de revenus. "Je n'ai pas pu travailler cet Ă©tĂ© Ă  cause du Covid, en ce moment c'est la mĂȘme chose. Venir, ça permet de faire plusieurs repas, et des Ă©conomies !"

En septembre, Linkee proposait 200 colis de nourriture. Rapidement, le chiffre a doublé à cause de la demande en constante augmentation. "Ce n'est pas possible que la question alimentaire soit un sujet en France", déplore Julien Meimon, qui entend "promouvoir un modÚle de consommation" avec des produits invendus issus de l'agriculture bio ou vertueuse. "Pour l'essentiel, ce sont des aliments récupérés chez des grossistes, des restaurateurs, des traiteurs qui ne veulent pas jeter", souligne-t-il, alors que certains produits viennent du marché de Rungis.

A la fin du circuit de distribution, des kits d'hygiÚne sont également mis à disposition. Et une cellule de soutien psychologique interpelle les personnes présentes pour échanger. Certains voient ces rendez-vous comme une bouée de sauvetage. "Ces aides sont indispensables", assure Johant Rodriguez, une étudiante colombienne de 30 ans.

Pour chaque distribution le nombre d'inscriptions est limitĂ© Ă  450, pour ne pas faire dĂ©railler la logistique. Mais face Ă  la crise sociale gĂ©nĂ©rĂ©e par l'Ă©pidĂ©mie de Covid-19, Julien Meimon veut voir plus large pour son association, qui bĂ©nĂ©ficie du soutien de la mairie de Paris. "Si l'Etat est prĂȘt Ă  nous aider", dit-il, "on voudrait essaimer partout en France".

AFP

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