Armée

Des ex-commandos israéliens au service des "baroudeurs du dimanche"

  • PubliĂ© le 22 juillet 2018 Ă  09:26
  • ActualisĂ© le 22 juillet 2018 Ă  10:36
Idan Peretz, ancien commando de l'armée israélienne et fondateur de la start-up Highnovate, effectue une descente en rappel le 11 juin 2018 prÚs de Netanya à l'aide d'une de ses inventions, le RAFA

MĂȘme lorsqu'il Ă©tait jeune officier dans une unitĂ© d'Ă©lite de l'armĂ©e israĂ©lienne, Idan Peretz se disait qu'il devait y avoir une meilleure façon de lancer une corde vers l'autre rive d'un cours d'eau pour sauver des gens piĂ©gĂ©s.

La méthode à l'époque consistait à utiliser une sorte de harpon de l'armée mais cet outil n'était pas assez efficace. "Je détestais utiliser un équipement avec lequel je ne pouvais pas m'entraßner réguliÚrement et dont je ne pouvais anticiper la performance en conditions réelles", se souvient Idan Peretz. AprÚs deux décennies dans l'armée à crapahuter, escalader et descendre en rappel pour des opérations de sauvetage, il a finalement trouvé. Avec un partenaire, il a mis au point une technique à l'aide d'un drone et veut désormais en faire son gagne-pain.

Nombre d'anciens soldats israéliens se lancent traditionnellement dans le secteur des hautes technologies à leur sortie de l'armée mais d'autres, comme Idan Peretz, ont choisi une voie différente: ils puisent dans leur savoir-faire militaire pour créer des produits de camping ou de randonnée pour des "baroudeurs du dimanche", ou des outils pour les sauveteurs.

La solution de M. Peretz, qui s'est associĂ© Ă  un inventeur expĂ©rimentĂ©, Beeri Katznelson, consiste en une bobine de fil reliĂ©e Ă  un petit drone qui peut atteindre l'autre cĂŽtĂ© d'un obstacle, d'une riviĂšre, d'un pont ou d'un bĂątiment. Le filin peut se dĂ©tacher grĂące Ă  une tĂ©lĂ©commande et ĂȘtre accrochĂ© Ă  une corde solide grĂące Ă  un adaptateur pour permettre Ă  une personne d'Ă©vacuer ou Ă  un sauveteur de la rejoindre.

Sur le toit d'un bùtiment, Idan Peretz a récemment présenté un autre équipement qu'il a mis au point avec Beeri Katznelson au sein de leur société Highnovate.
Cet appareil surnommé RAFA se présente sous la forme d'un crampon compact et léger qu'Idan Peretz déploie et arrime à une saillie avant de descendre en rappel.
"Je n'accroche personne Ă  mes produits sans les avoir d'abord essayĂ©s sur moi-mĂȘme", assure cet ancien commando, qui estime que son passĂ© dans une unitĂ© d'Ă©lite lui a appris qu'il n'y avait pas de place pour l'erreur.

"Aujourd'hui, je peux dire que nous arrivons à résoudre certains des problÚmes que, pendant des années (à l'armée), j'ai dû contourner", se félicite-t-il.

- "Rien n'est impossible" -

Cette mĂȘme approche a amenĂ© deux autres vĂ©tĂ©rans des forces spĂ©ciales Ă  crĂ©er un outil tout-en-un pour les randonneurs. Yaniv Bar a Ă©tĂ© officier de renseignements dans une unitĂ© d'Ă©lite au cotĂ© d'Udi Cohen, lui aussi officier. AprĂšs l'armĂ©e, alors qu'il randonnait en Bulgarie, M. Bar s'est rendu compte qu'il lui manquait un Ă©quipement multifonctions qui combinerait une pelle, une hache, un marteau, un couteau et une scie.

"On nous a dit que ce n'était pas possible alors on est passé à l'action", explique Udi Cohen dans son bureau à Maayan Tzvi (nord). "Nous savions bien que c'était possible, car nous avons appris à l'armée que rien n'est impossible", affirme Yaniv Bar. Les deux quadragénaires ont planché dur et inventé ce qu'ils ont appelé COMBAR.

Dans une prairie, les deux hommes scient et taillent des bouts de bois avec leur outil pour prĂ©parer un petit feu, en changeant de fonction avec des mouvements souples ponctuĂ©s de +clics+. Yaniv Bar affirme qu'ils ont mis dans COMBAR "le mĂȘme niveau d'intelligence, de recherche, de test et d'exĂ©cution" que dans une opĂ©ration militaire.

Au premier abord, ces outils, et d'autres comme ce nouveau type de garrot développé par un ancien médecin militaire, semblent avoir bien peu de rapport avec les firmes du secteur des hautes technologies, qui pullulent en Israël. Mais leur généalogie est similaire, selon un expert. "On peut apprendre la technologie un peu partout", assure Saul Singer, co-auteur du best-seller "Israël, une nation start-up".

"Mais le plus dur est d'apprendre à s'orienter (...) vers la résolution de problÚmes concrets, d'exercer des responsabilités et d'avoir à relever des défis", juge-t-il. Or, durant leur service militaire obligatoire, la plupart des jeunes juifs israéliens exercent un "niveau incroyable de responsabilités", poursuit Saul Singer. "Ce que nous avons appris de l'armée, assure Yaniv Bar, c'est (l'habitude) de faire les choses sérieusement".

AFP

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